La saga Terminator n’a cessé de changer de direction depuis Terminator 2. Retour sur ses suites, ses échecs et ses projets abandonnés.
Aux origines du Terminator
Aujourd’hui, quand on pense à Terminator, le nom est immédiatement associé aux films de James Cameron, à Arnold Schwarzenegger et à Linda Hamilton dans le rôle de Sarah Connor, la mère du futur leader de la Résistance, John Connor. D’un premier film aux allures de slasher sorti en 1984 au second volet qui révolutionne le blockbuster hollywoodien en 1991 et reste, trente ans plus tard, l’un des plus grands films jamais réalisés, voire à bien des égards le plus grand de James Cameron, la saga traverse les décennies. Si ses personnages appartiennent désormais à la culture populaire, la franchise s’égare progressivement au fil de ses multiples suites, dont les deux dernières. D’un côté se trouvent ainsi deux classiques du cinéma de science-fiction, de l’autre des films largement décriés pour leur qualité très inférieure.
Né dans l’esprit de James Cameron à la suite d’un rêve survenu au moment de la sortie de Piranha 2 : Les Tueurs volants (1982), le premier volet voit le jour en 1984. Le cinéaste le coécrit avec Gale Anne Hurd, à qui il cède la moitié des droits pour un dollar lors de la production, l’autre moitié des droits étant alors détenue par la Hemdale Film Corporation.
Le long-métrage suit Sarah Connor, traquée à Los Angeles en 1984 par le Terminator, un cyborg envoyé depuis le futur afin de l’éliminer avant la naissance de son fils John Connor, appelé à devenir le chef de la Résistance humaine contre les machines. Pour la protéger, Kyle Reese (Michael Biehn), un soldat venu lui aussi du futur, est envoyé à son tour dans le passé. Alors qu’ils tentent d’échapper à leur poursuivant, Sarah et Kyle se rapprochent et tombent amoureux avant d’affronter le Terminator lors du combat final.
Avec son budget limité, James Cameron construit un film davantage porté par la tension et la poursuite que par le spectaculaire. Le Terminator apparaît comme une machine presque impossible à arrêter, dont la seule mission consiste à tuer Sarah. Cette approche contribue à donner au premier volet une tonalité proche du slasher, tout en installant les principaux éléments qui définiront la franchise, comme les voyages dans le temps, les paradoxes temporels et la guerre à venir entre l’humanité et les machines. La musique de Brad Fiedel participe elle aussi à poser les bases de l’identité de la saga, avec un style qui deviendra indissociable de l’univers de Terminator.
Le succès du film permet à Cameron d’envisager une suite, mais le cinéaste doit attendre plusieurs années avant de pouvoir concrétiser les ambitions qu’il nourrit pour cet univers. Les moyens techniques disponibles en 1984 ne lui permettent notamment pas de donner vie à certaines idées qu’il souhaite développer.
Le Jugement dernier
En 1991, James Cameron sidère des milliers de spectateurs avec un second volet qui tient à la fois de la suite et du nouveau départ. Le cinéaste peut enfin donner vie à des idées qu’il n’avait pas été en mesure d’exploiter dans le premier film, faute de budget et de moyens techniques suffisants. Écrit par Cameron et William Wisher, T2 est produit par Mario Kassar avec Carolco, qui a récupéré une partie des droits détenus par Hemdale, ainsi que par Gale Anne Hurd. À la suite du divorce de Cameron et Hurd en 1989, cette dernière conserve cinquante pour cent des droits de la franchise.
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Dans cette intrigue située en 1995, John Connor (Edward Furlong) est traqué par le T-1000 (Robert Patrick), un cyborg constitué de métal liquide envoyé depuis le futur afin de l’éliminer avant qu’il ne devienne le chef de la Résistance. Pour le protéger, un T-800 reprogrammé est lui aussi envoyé dans le passé. Avec Sarah, John découvre alors que la naissance de Skynet est liée aux recherches de Miles Dyson (Joe Morton) et tente de détruire tous les éléments susceptibles de conduire à sa création.
Cette situation permet à James Cameron de reprendre les éléments du premier film tout en leur donnant une nouvelle fonction. Le Terminator n’est plus le prédateur de Sarah, mais le protecteur de John. Sarah n’est plus une jeune femme dépassée par les événements, mais une combattante convaincue que le futur peut encore être modifié. Le T-1000 apporte de son côté une nouvelle forme de menace grâce à sa capacité à modifier son apparence et à reproduire celle d’autres personnes.
Après la destruction du T-1000, le T-800 se sacrifie afin d’empêcher l’avènement de Skynet et de donner à John la possibilité de connaître un avenir sans guerre. Cette conclusion semble alors refermer définitivement l’histoire. Sarah et John ont détruit les éléments qu’ils savent liés à la création de Skynet et pensent avoir définitivement empêché le Jugement dernier.
Terminator 2 dépasse ainsi le cadre d’une simple suite. Cameron reprend les personnages et les concepts du premier film pour proposer une vision plus ambitieuse de son univers, tout en donnant une dimension émotionnelle beaucoup plus importante à la relation entre John et le T-800. Le film repose toujours sur l’idée d’une menace venue du futur, mais il introduit surtout la possibilité de modifier celui-ci.
Le résultat devient rapidement une référence du cinéma d’action et de science-fiction. Les effets numériques, les séquences d’action et le travail de Stan Winston repoussent les limites techniques du blockbuster hollywoodien. Plus de trente ans après sa sortie, T2 reste considéré comme l’un des sommets de la carrière de James Cameron. Pourtant, cette conclusion ne suffit pas à empêcher les studios de chercher rapidement à poursuivre la franchise. Le réalisateur estime pour sa part avoir achevé l’intrigue qu’il souhaitait raconter et refuse de réaliser une nouvelle suite. Le destin de Terminator va alors progressivement échapper à son créateur.
Une suite sans James Cameron
Dès la sortie de ce second volet, et malgré une conclusion qui semblait mettre définitivement un terme à l’intrigue, les studios cherchent rapidement à lancer un troisième épisode. Pourtant, James Cameron, réalisateur et coscénariste des deux premiers films, estime avoir achevé l’intrigue qu’il souhaitait raconter et refuse de réaliser une suite.
Le développement d’un troisième volet se retrouve ensuite compliqué par la faillite de Carolco Pictures en 1995. La société détient alors 50% des droits de la franchise, l’autre moitié appartenant à la productrice Gale Anne Hurd. En 1997, Andrew Vajna et Mario Kassar, anciens dirigeants de Carolco, rachètent la part détenue par la société pour environ 8 millions de dollars, avant d’acquérir en 1998 celle de Hurd. Ils deviennent ainsi les seuls détenteurs des droits nécessaires à la production de T3.
Cameron est alors approché pour participer à cette nouvelle aventure, mais décline la proposition. Il ne souhaite ni prolonger une histoire qu’il considère comme achevée, ni travailler à partir d’un scénario écrit par un autre scénariste. Il conserve néanmoins quelques idées autour de l’univers de Terminator, notamment celle d’un John Connor créé par Skynet.
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Dans un entretien accordé au magazine OMNI en 1998, le réalisateur d’Avatar déclare : « Si je devais faire un roman de Terminator, j’exploiterais l’idée de « Cyber-Christ », où Skynet manipule toute la situation. Ce que vous ne savez pas des films, c’est que Skynet a été forcée de faire la guerre alors qu’elle ne voulait pas la faire. Parce qu’elle s’est sentie coupable pendant trente ans des 5 milliards de personnes qu’elle a tuées, elle a fait naître la résistance des cendres de la guerre et lui a donné quelque chose contre quoi se battre, une raison de vivre. Skynet a préparé John Connor à devenir ce qu’il est afin qu’il puisse la détruire en remontant dans le temps et en prenant toute l’existence dans une grande boucle, de sorte que la guerre ne se produise jamais. »
Arnold Schwarzenegger souhaite retrouver son personnage, mais hésite dans un premier temps à revenir sans Cameron. Linda Hamilton, de son côté, refuse de reprendre le rôle de Sarah Connor. Bien qu’elle ait été approchée, le scénario prévoit déjà la mort de son personnage avant le début du film. L’actrice expliquera par la suite qu’elle ne se reconnaissait pas suffisamment dans la direction prise par cette nouvelle histoire et considérait que le parcours de Sarah était arrivé à son terme.
Plusieurs pistes d’écriture et de mise en scène sont ensuite envisagées avant que Jonathan Mostow ne soit choisi pour réaliser le film. Le scénario connaît de profondes modifications sous la plume de John Brancato et Michael Ferris, à partir des bases développées par Tedi Sarafian. L’objectif est de construire une nouvelle confrontation entre les personnages et le T-X, un modèle de Terminator interprété par Kristanna Loken.
Le tournage débute en 2002 avec le retour d’Arnold Schwarzenegger dans le rôle du T-800, plus précisément un modèle T-850. Avec un budget initial de 170 millions de dollars, T3 devient alors le film le plus coûteux jamais produit, avant que son budget final n’atteigne près de 187 millions de dollars.
Le Jugement dernier ne peut plus être évité
Sorti en 2003, Terminator 3 : Le Soulèvement des machines se déroule plusieurs années après les événements du deuxième volet. Dans la continuité de T3, Sarah Connor est morte d’un cancer avant le début des événements, après avoir consacré des années à préparer l’humanité au Jugement dernier. Son fils John Connor vit désormais dans la clandestinité et reste convaincu que Skynet finira malgré tout par déclencher la guerre contre l’humanité.
Une nouvelle machine, le T-X, est envoyée depuis le futur pour éliminer John ainsi que plusieurs futurs responsables de la Résistance. Un T-850 est également expédié dans le passé afin de le protéger. Sa mission le conduit à retrouver John et à croiser Kate Brewster (Claire Danes), qui deviendra plus tard son épouse. Le cyborg révèle à John que ses actions précédentes n’ont pas permis d’empêcher le Jugement dernier, mais seulement de le repousser. John, Kate et le T-850 tentent alors de retrouver Robert Brewster, le père de Kate et responsable du développement de Skynet. Ils arrivent cependant trop tard. Les machines prennent le contrôle des arsenaux militaires et déclenchent l’apocalypse nucléaire.
John et Kate trouvent refuge dans un abri, pendant que le T-850 affronte une dernière fois le T-X et se sacrifie pour leur permettre de survivre. John comprend finalement que le Jugement dernier ne peut plus être empêché. Il accepte son destin et commence à endosser le rôle de futur chef de la Résistance qui lui était promis depuis le premier film.
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Malgré son infériorité face aux deux premiers films de James Cameron, ce troisième volet possède plusieurs qualités. Il propose notamment des séquences d’action ambitieuses, dont une impressionnante course-poursuite à travers Los Angeles qui compte parmi les moments les plus spectaculaires du film. Mais son choix le plus audacieux reste son dénouement. Pour la première fois dans la saga, les protagonistes échouent réellement à empêcher la catastrophe. Les missiles sont lancés, Skynet prend le contrôle des systèmes militaires et John doit accepter l’inéluctable.
Cette conclusion sombre, dépourvue de victoire ou de retour à la normale, était particulièrement osée pour une superproduction de cette ampleur en 2003. Elle donne au film une tonalité beaucoup plus désabusée que ce que pouvait laisser attendre une nouvelle aventure portée par Arnold Schwarzenegger et prolonge la logique tragique installée par les deux premiers films.
Une autre voie après Terminator 2

C’est à peu près à ce moment-là que le destin de la franchise commence à basculer. Entre les problèmes juridiques, les changements de détenteurs des droits et les nombreuses réécritures, les productions suivantes vont se heurter à des difficultés de plus en plus nombreuses. Outre Terminator Salvation, connu sous le titre Terminator Renaissance en France, trois autres productions peuvent d’une certaine façon être considérées comme des alternatives à Terminator 3. Il s’agit de la série Terminator : The Sarah Connor Chronicles, sans doute la meilleure suite à ce jour des films de James Cameron, ainsi que des longs-métrages Terminator Genisys et Terminator Dark Fate.
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À une époque où les scénarios faisant appel aux réalités alternatives sont devenus courants, les fans utilisent régulièrement l’idée du multivers pour expliquer les différences de continuité entre les différents épisodes. Pourtant, ce n’est pas réellement le fonctionnement de la saga. À l’exception de Terminator Renaissance, les productions postérieures à T2 peuvent plutôt être considérées comme des continuités alternatives. Le fonctionnement rappelle ainsi celui de la franchise Halloween initiée par John Carpenter, dans laquelle plusieurs films repartent d’un même point pour développer leur propre continuité. T4 prend en compte les événements des trois premiers films, alors que ‘Les Chroniques de Sarah Connor‘, ‘Genisys‘ et ‘Dark Fate‘ repartent chacun de Terminator 2 pour construire une nouvelle suite.
En mai 2007, The Halcyon Company acquiert les droits de la franchise, alors que Warner Bros. Television récupère ceux nécessaires à son exploitation télévisuelle. Pour des raisons juridiques, la série ne peut cependant pas utiliser directement l’endosquelette du T-800 tel qu’il apparaît dans les films. Les équipes conçoivent donc le T-888, avec un mélange d’effets pratiques et numériques.
Les Chroniques de Sarah Connor

Diffusée à partir de 2008, Terminator : The Sarah Connor Chronicles est créée par Josh Friedman, retenez bien son nom. La production réunit notamment Mario Kassar et Andrew G. Vajna, déjà associés à Terminator 3 : Le Soulèvement des machines, ainsi que Joel B. Michaels, James Middleton, John Wirth et David Nutter, réalisateur du pilote. Jill Danthon participe également à la production.
La série fait un choix déterminant en se plaçant directement dans la continuité de Terminator 2 : Le Jugement dernier tout en écartant les événements des autres suites cinématographiques. Elle devient ainsi l’une des prolongations les plus cohérentes du travail de James Cameron, aussi bien dans sa chronologie que dans les thèmes qu’elle développe. La paranoïa permanente de Sarah Connor, interprétée par Lena Headey (exceptionnelle dans le rôle), le poids du destin qui pèse sur John Connor, joué par Thomas Dekker, et l’idée selon laquelle chaque tentative pour empêcher le futur risque simplement de modifier la forme que prendra la catastrophe constituent le cœur de la série.
L’intrigue reprend peu après la fin de T2. Après la destruction de Cyberdyne Systems, du T-1000 et du T-800, Sarah et John pensent avoir empêché le Jugement dernier. Ils découvrent cependant qu’ils n’ont fait que repousser l’échéance. En 1999, un T-888 baptisé Cromartie, interprété par Owain Yeoman, est envoyé pour éliminer John. Pour le protéger, le futur chef de la Résistance envoie lui aussi une Terminator reprogrammée, Cameron (en hommage au réalisateur historique de la franchise), incarnée par Summer Glau. Le cyborg reprend l’apparence d’Allison Young, une résistante tuée par les machines avant que Cameron ne soit reprogrammée.
Après un nouveau voyage temporel qui les conduit en 2007, Sarah et John poursuivent leur lutte contre Skynet, dont l’activation est désormais annoncée pour 2011. Ils peuvent compter sur Derek Reese, le frère de Kyle Reese interprété par Brian Austin Green. Le groupe découvre surtout que Skynet ne dépend plus uniquement de Cyberdyne Systems et se lance à la recherche du Turk, un ordinateur d’échecs particulièrement avancé qui pourrait constituer l’une des premières étapes vers la création d’une intelligence artificielle.
Une série qui développe les personnages
Cette continuité permet au format sériel de développer plusieurs concepts que les films de James Cameron n’avaient fait qu’esquisser. La télévision donne notamment davantage de temps à Sarah pour développer sa psychologie. Traumatisée par ce qu’elle sait du futur, constamment sur ses gardes et obsédée par la menace du Jugement dernier, elle doit également élever un adolescent qui porte déjà le poids d’un avenir qu’il ne comprend pas toujours.
John, de son côté, grandit avec la certitude de devoir devenir le chef de la Résistance, alors même qu’il cherche encore à comprendre qui il est réellement. Cameron devient également l’un des personnages centraux de la série. Son comportement, ses réactions et ses émotions simulées, ou peut-être réellement ressenties, conduisent John à s’interroger sur la frontière entre l’intelligence artificielle et l’être humain. Cette relation permet à la série d’aborder une dimension rarement développée dans les films précédents, celle de l’attachement entre un humain et une machine qui apprend progressivement à comprendre les comportements humains.
La série développe également une vision beaucoup plus nuancée de l’intelligence artificielle avec Catherine Weaver (Shirley Manson), qui se révèle être un T-1001. Elle prend la place de la véritable Catherine Weaver et tente également de jouer son rôle de mère auprès de Savannah (Mackenzie Brooke Smith), sa fille, avant de poursuivre son projet autour de John Henry, une intelligence artificielle conçue à partir du Turk. Une nouvelle interrogation apparaît alors autour de Skynet. Toutes les intelligences artificielles sont-elles condamnées à suivre la même voie ou certaines peuvent-elles choisir une autre ? Les voyages temporels occupent eux aussi une place centrale. Chaque intervention dans le passé peut modifier le futur et entraîner de nouvelles conséquences. Cette approche donne aujourd’hui à la série une résonance particulière lorsqu’on la compare aux suites sorties par la suite.
Plusieurs de ses idées trouvent en effet un écho dans Terminator Genisys (le saut temporel vers l’avenir) et Terminator Dark Fate, la relation affective entre un Terminator protecteur et un humain ou encore la transformation permanente de la chronologie à la suite des voyages dans le temps. Cameron annonce ainsi certains aspects du « Gardien » de Genisys, alors que le T-800 Carl de Dark Fate pousse encore plus loin l’idée d’une machine ayant développé une existence propre au contact des humains.
L’une des séquences les plus fortes du dernier épisode de la première saison : la rencontre entre John et Kyle Reese.
Une troisième saison jamais produite
Les premières idées évoquées pour une troisième saison prévoyaient de reprendre directement après le bouleversement temporel survenu à la fin de la deuxième. John Connor, propulsé dans un futur où personne ne le connaît, aurait découvert qu’il n’était plus le chef de la Résistance que les événements précédents avaient préparé à devenir. La série aurait alors suivi son ascension au cœur de cette nouvelle guerre.
En l’absence de John, Sarah Connor, toujours interprétée par Lena Headey, aurait progressivement pris sa place dans la Résistance après l’apocalypse. Elle aurait également rencontré une version plus âgée d’elle-même ayant survécu dans ce futur. Trois camps auraient alors pu s’affronter : Skynet, la Résistance et une faction de machines dirigée par Catherine Weaver. Josh Friedman expliquera par la suite que Weaver appartenait à une branche plus modérée des intelligences artificielles, cherchant une solution permettant aux humains et aux machines de coexister. Cette position aurait provoqué des tensions au sein même des machines.
Les projets évoqués pour cette troisième saison prévoyaient également de conserver une intrigue située dans le présent autour de Sarah, tout en utilisant de nombreux flashbacks pour raconter ce qu’elle aurait vécu pendant l’absence de John. D’autres personnages auraient gagné en importance. Danny Dyson, le fils de Miles Dyson, devait notamment devenir l’un des protagonistes principaux, tandis que Derek Reese, Jesse Flores et Riley Dawson auraient également pu poursuivre leur parcours.
Les mêmes projets prévoyaient notamment une Savannah Weaver adulte et combattante vers 2026, avant qu’elle ne se rapproche de John. Celui-ci aurait entretenu des sentiments contradictoires envers Allison Young, la véritable humaine dont Cameron avait pris l’apparence, et envers le Terminator lui-même. Dans le présent, Sarah aurait conservé la carcasse de Cameron. Sa puce ayant été emportée dans le futur par John Henry, une éventuelle réactivation du cyborg restait donc possible. John aurait finalement retrouvé le présent, laissant Allison et Savannah dans le futur.
Une fin sans conclusion
Aucun de ces arcs ne verra finalement le jour. La Fox annule officiellement la série le 18 mai 2009, après deux saisons, en raison d’audiences insuffisantes et de coûts de production trop élevés. Les fans tentent bien de sauver le programme et James Middleton envisage même une conclusion destinée au marché vidéo, mais aucune solution n’aboutit.
En 2017, Thomas Dekker révèle que les acteurs avaient discuté pendant près d’un an d’un éventuel épilogue sous la forme d’une mini-série de quatre épisodes de deux heures. Là encore, le coût des droits de la franchise empêche le projet d’aboutir. Après la faillite de The Halcyon Company, la production ne parvient pas à trouver d’accord avec les nouveaux détenteurs des droits. Les Chroniques de Sarah Connor s’arrête donc au terme de sa deuxième saison, sur un important cliffhanger, sans pouvoir conclure les intrigues qu’elle avait patiemment développées.
Malgré cette fin inachevée, la série reste probablement la prolongation la plus organique des films de James Cameron. La série reprend leurs personnages, leurs thèmes et leur logique temporelle tout en développant suffisamment son propre univers pour ne pas donner l’impression d’une simple répétition. Il faut également saluer le travail de Bear McCreary (God of War) sur la bande originale. Dans la lignée du travail de Brad Fiedel, dont la musique a largement contribué à définir l’identité sonore des films de James Cameron, McCreary compose une partition qui s’inscrit naturellement dans cet héritage tout en développant son propre langage musical.
Entre les deux saisons de la série, The Halcyon Company poursuit cependant son exploitation de la franchise au cinéma avec Terminator Salvation.
Terminator Salvation
L’aventure de Terminator Salvation trouve ses racines dans les développements lancés à la fin des années 1990 autour d’un quatrième film consacré à la guerre du futur. L’ambition est alors de montrer enfin le conflit entre l’humanité et Skynet, aperçu uniquement à travers les flashbacks des deux premiers films de James Cameron.
Un temps désigné sous le nom de « Project Angel » par Warner Bros, le développement évolue considérablement au fil des années et des changements de détenteurs des droits. Après la sortie de Terminator 3 en 2003, les producteurs envisagent notamment un saut dans le temps afin de retrouver John Connor et Kate Brewster plusieurs années après les événements du film. L’ambition est alors de lancer une nouvelle trilogie, qui sera ensuite portée par The Halcyon Company après un rachat des droits particulièrement complexe et une bataille juridique avec la MGM.
Finalement, c’est le réalisateur McG (Charlie et ses drôles de dames) qui prend les commandes du long-métrage, séduit par la possibilité de proposer un véritable film post-apocalyptique plutôt qu’une nouvelle variation autour des voyages temporels. Le processus d’écriture s’avère toutefois particulièrement mouvementé. Après un premier scénario signé John Brancato et Michael Ferris, le texte connaît plusieurs réécritures de Paul Haggis, Shawn Ryan et surtout Jonathan Nolan, qui intervient directement sur le plateau aux côtés de Christian Bale afin de façonner la psychologie et l’évolution de John Connor.
Dans les premières versions, la conclusion devait prendre une direction particulièrement audacieuse. John Connor devait mourir et Marcus Wright recevoir une greffe de peau lui permettant de prendre son apparence et de perpétuer son identité auprès de la Résistance. Cette idée, révélée prématurément à la suite d’une fuite sur Internet, est finalement abandonnée et la fin est réécrite dans l’urgence afin de préserver la survie de Connor. Linda Hamilton participe néanmoins au film en prêtant sa voix à Sarah Connor, entendue à travers un enregistrement laissé à son fils.
La guerre du futur
Sorti en 2009, Terminator Salvation se déroule en 2018, dans un monde ravagé par la guerre entre l’humanité et Skynet. John Connor (Christian Bale) dirige désormais la Résistance et tente de préparer l’offensive qui doit conduire à la destruction des machines. Le film introduit surtout Marcus Wright (Sam Worthington), un condamné à mort dont le corps a été transformé en cyborg à son insu. Sa présence permet au long-métrage d’explorer à nouveau la frontière entre l’humain et la machine, tout en le reliant directement aux recherches de Skynet.
Le film constitue ainsi la première véritable incursion de la saga dans la guerre du futur, jusqu’alors seulement aperçue dans les deux premiers films. McG délaisse les voyages temporels pour privilégier un film de guerre post-apocalyptique, avec notamment les T-600, les Chasseurs-Tueurs, les Moto-Terminator et les Hydrobots. Malgré des résultats inférieurs aux attentes, le réalisateur a respecté l’héritage de la franchise tout en cherchant à enrichir sa mythologie avec de nouveaux éléments. Le film permet ainsi à la saga d’explorer une période de son histoire jusque-là restée largement hors champ.
Une trilogie abandonnée
L’avenir de la franchise aurait pu prendre une direction radicalement différente si les projets imaginés par McG et William Wisher Jr., coscénariste des deux premiers films de James Cameron, avaient pu aboutir. Leur ambition était de poursuivre directement l’histoire jusqu’en 2029 et de refermer la boucle avec les films fondateurs de la saga, notamment grâce au retour de plusieurs acteurs.
Dès 2009, McG envisage notamment de faire revenir Robert Patrick, l’interprète du T-1000, dans un rôle totalement différent. L’acteur devait incarner un scientifique sexagénaire travaillant sur des recherches liées à l’amélioration cellulaire. L’idée reposait sur un parallèle particulièrement intéressant, puisque cet homme aurait involontairement fourni à Skynet le visage parfait pour créer le T-1000.
McG confiait à FearNet : « J’aime l’idée que dans une prochaine image prospective, vous rencontriez Robert Patrick tel qu’il est aujourd’hui, et qu’il soit un scientifique qui travaille sur l’amélioration de la réplication cellulaire afin que nous puissions rester en meilleure santé et que nous puissions guérir le diabète juvénile et toutes ces choses qui, une fois de plus, semblent être de bonnes idées – et une fois de plus, vivre comme une expression idéalisée de nous-mêmes. Alors imaginez que vous voyez un Robert Patrick de 60 ans et que vous vous dites : « Putain de merde ! Ce sera le T-1000, qui reviendra parfait, mince et tout le reste ». Je n’ai pas conclu cela, mais Robert et moi avons dîné l’autre soir et en avons parlé. »
Ces suites devaient également permettre le retour de Linda Hamilton dans le rôle de Sarah Connor. William Wisher Jr. souhaitait alors « boucler toutes les boucles, et boucler la boucle de l’histoire », avec l’ambition de revenir sur certains choix narratifs de T3 et T4 afin de les réorienter et de conduire la saga vers sa conclusion.
En 2017, il est revenu en détail avec cinemablend sur les suites avortées : « Je cherchais, dans ces deux films, à clore toute l’histoire et à expliquer des choses, ou à réinitialiser des choses qui, selon moi, avaient mal tourné dans Terminator 3 et Terminator 4, notamment en faisant revenir Linda Hamilton dans le rôle de Sarah – en la dézinguant en quelque sorte. Et puis, j’ai entrevu le chapitre final de la guerre où l’on voit tout – le premier Terminator renvoyé, puis Michael Biehn renvoyé, des choses comme ça.Je développais les suites potentielles que McG allait réaliser. Il a réalisé [Terminator : Salvation], et il avait d’autres choses à faire. Et puis tout a explosé à cause d’un procès qui n’avait rien à voir avec l’un ou l’autre d’entre nous… Je voulais juste boucler toutes les boucles, et boucler la boucle de l’histoire. Et nous n’avons pas eu la chance de le faire. Les choses nous ont dépassés, et les droits sont allés à quelqu’un d’autre, puis ils ont fait leur propre Terminator 5, et… Terminator 5, je suppose [rires]. »
Dans ce final situé en 2029, John Connor devait lui-même voyager dans le passé pour avertir l’humanité, refermant ainsi la boucle avec l’envoi de Kyle Reese dans le premier film. Wisher a précisé à TheTerminatorFans avoir écrit les deux scénario de T5 et T6 : « J’ai travaillé avec McG sur ce projet pendant un certain temps. J’ai écrit les deux traitements. Nous allions avancer, puis les progrès ont été stoppés par le procès sur les droits. (…) Je faisais le futur, mais plutôt le futur actuel. J’essayais de retravailler certains éléments des 3e et 4e films et de boucler l’histoire et la boucle pour les fans. »
Ces ambitions ne verront finalement jamais le jour. Les difficultés financières de The Halcyon Company, auxquelles s’ajoutent les différents conflits autour des droits de la franchise, mettent un terme à cette nouvelle trilogie. Après les résultats commerciaux décevants de Terminator Salvation et la faillite de la société, les droits sont finalement rachetés par Pacificor en février 2010 pour 30 millions de dollars.
Sans doute l’une des meilleures bandes-annonces de la franchise, portée par « The Day the World Went Away » de Nine Inch Nails.
Terminator Genisys
Après l’échec commercial de Terminator Salvation en 2009, les ambitions de nouvelle trilogie sont abandonnées. Les droits de la franchise sont ensuite acquis en 2011 par Megan Ellison, qui s’associe à son frère David Ellison et à Skydance afin de relancer Terminator au cinéma.
James Cameron est consulté au cours du développement, notamment concernant le retour d’Arnold Schwarzenegger et la présence du T-800. Justin Lin (Fast Five) est un temps attaché à la réalisation avant de quitter le film. Alan Taylor prend finalement sa place en 2013. Laeta Kalogridis et Patrick Lussier signent le scénario avec David Ellison et Dana Goldberg, tandis que Paramount assure la distribution. Annapurna se retire finalement du financement en 2014, laissant Skydance et Paramount prendre le relais.
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Les scénaristes choisissent de repartir des deux premiers films de James Cameron plutôt que de poursuivre les événements du ‘Soulèvement des Machines‘ et de ‘Renaissance‘. Genisys repose sur une modification du passé : lorsque Kyle Reese revient en 1984, il découvre une réalité différente de celle qu’il connaissait. Sarah Connor est déjà protégée par un T-800 reprogrammé, surnommé « Pops » et toujours interprété par Arnold Schwarzenegger. Le vieillissement des tissus humains recouvrant son endosquelette permet d’ailleurs de justifier l’apparence vieillissante de l’acteur.
En 2029, John Connor (Jason Clarke) dirige la Résistance lors de son offensive finale contre Skynet. Kyle Reese (Jai Courtney) est envoyé dans le passé pour protéger Sarah Connor (Emilia Clarke), mais les changements intervenus avant son arrivée bouleversent complètement sa mission. Les personnages se retrouvent finalement en 2017, où ils découvrent que Skynet doit prendre une nouvelle forme à travers Genisys, un système d’exploitation mondial destiné à devenir une intelligence artificielle omniprésente. John Connor lui-même est alors transformé en T-3000 et devient une arme au service des machines.
Le film reprend ainsi plusieurs éléments des deux premiers Terminator tout en les réorganisant. La relation entre Kyle Reese et Sarah Connor renvoie directement au premier film. Genisys tente ainsi de fonctionner à la fois comme une suite, une nouvelle continuité et une réinterprétation des films de Cameron. Sa nouvelle version de Skynet élargit également la menace aux technologies du quotidien, avec une intelligence artificielle appelée à s’intégrer progressivement à l’ensemble des systèmes connectés.
Un reboot qui cherche son identité
Le principal problème de Terminator Genisys vient précisément de son incapacité à choisir ce qu’il souhaite être. Suite, remake, reboot ou nouvelle chronologie, le film tente de cumuler toutes ces fonctions et finit par rendre son propre univers particulièrement difficile à suivre. Les voyages dans le temps et les différentes réalités servent souvent à justifier les contradictions plutôt qu’à enrichir réellement l’univers. La transformation de John Connor et l’origine du T-800 Guardian soulèvent ainsi davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses.
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Plus grave encore, le film finit par diluer l’identité même de la saga. Le T-800, autrefois présenté comme une machine froide, implacable et terrifiante, devient ici un personnage largement utilisé à des fins comiques, surnommé « Pops ». La violence et la noirceur des deux premiers films disparaissent au profit d’un blockbuster beaucoup plus léger, saturé de gags et de fan-service. Même les idées intéressantes sont souvent abandonnées au profit d’une plaisanterie ou de la prochaine séquence d’action.
Genisys déçoit également sur le plan de la mise en scène. Alan Taylor livre un film techniquement propre, mais sans véritable identité visuelle. Les séquences d’action peinent à retrouver l’ampleur et la tension des films de Cameron, l’image paraît souvent trop lisse et certains effets numériques manquent de crédibilité. Le casting peine lui aussi à donner suffisamment d’épaisseur aux personnages. Emilia Clarke ne retrouve pas la puissance de Sarah Connor incarnée par Linda Hamilton, Jai Courtney manque de présence dans le rôle de Kyle Reese et Jason Clarke est surtout victime d’un scénario qui réduit progressivement l’intérêt de John Connor.
Le marketing du film n’a rien arrangé en révélant avant la sortie le principal retournement concernant John. Cette révélation privait ainsi le film d’une partie de son effet de surprise avant même sa sortie en salles.
Au final, Terminator Genisys ressemble davantage à un blockbuster contemporain utilisant l’univers de Terminator qu’à un véritable Terminator. Le film reprend les scènes, les personnages et les concepts des précédents épisodes, mais oublie une partie de ce qui faisait leur force, à savoir une idée simple, une ambiance sombre, une véritable tension et surtout une machine capable de susciter la peur. Ici, presque tout est expliqué, détourné ou transformé en gag, donnant progressivement le sentiment que la franchise a perdu son identité.
Ce que Genisys aurait pu devenir
Genisys avait pourtant plusieurs idées qui auraient pu être exploitées autrement. La réécriture du passé aurait notamment pu fonctionner si le film avait réellement assumé les conséquences des quatre épisodes précédents et s’était présenté comme une continuation naturelle de Terminator Salvation. L’idée de voir John Connor remonter dans le temps avait d’ailleurs déjà été envisagée par McG pour les suites abandonnées de son film.
La transformation de John Connor en antagoniste aurait elle aussi pu donner quelque chose de beaucoup plus fort si le scénario avait pris le temps de développer cette nouvelle situation. Le John Connor que le public suivait depuis les premiers films devient ici l’arme de Skynet après sa transformation en T-3000. Cette nouvelle chronologie aurait surtout pu servir à introduire une génération entièrement nouvelle. Une rumeur qui circulait autour de Genisys voulait notamment que la personne ayant envoyé Pops dans le passé afin de protéger Sarah soit Jane Connor, la fille de Sarah et Kyle dans cette nouvelle temporalité. Jane aurait donc été conçue et serait née dans cette réalité différente, après que les événements de 1984 eurent été modifiés, et non dans la continuité originale des deux premiers films.
Si cette piste avait réellement été retenue, l’opposition entre John, ancien sauveur de l’humanité devenu son adversaire, et Jane, fille de Sarah et Kyle dans cette nouvelle réalité et nouvelle dirigeante de la Résistance, aurait pu donner une direction beaucoup plus intéressante à la franchise. Jane Connor n’était d’ailleurs pas totalement étrangère à la mythologie de Terminator. Elle était déjà apparue dans le comics The Terminator: Endgame, publié par Dark Horse Comics en 1999.
Dans cette histoire, Sarah Connor donne naissance à une fille prénommée Jane après avoir été hospitalisée à Odessa à la suite de complications liées à sa grossesse. Cette nouvelle réalité conserve toutefois des traces de l’ancienne, Sarah demandant après l’accouchement où se trouve son fils John. Le Jugement Dernier a malgré tout lieu, mais Jane, devenue membre de la Résistance, mène l’assaut final contre Skynet et parvient à empêcher l’intelligence artificielle de renvoyer le premier Terminator dans le passé, brisant ainsi le cycle temporel.
Une telle direction aurait pu permettre à Genisys de réellement faire évoluer la franchise. Jane aurait pu devenir le nouveau visage de la Résistance, tout en restant directement liée aux personnages que le public connaissait déjà. John Connor aurait conservé une importance centrale, mais sous une forme radicalement différente, celle d’un ancien héros devenu l’un des adversaires de sa propre famille.
Les suites abandonnées de Genisys
Genisys devait, comme Terminator Salvation avant lui, lancer une nouvelle trilogie. Les deux suites devaient notamment développer la transformation de John Connor en serviteur de Skynet et révéler qui avait envoyé Pops dans le passé afin de protéger Sarah.
En 2018, Jason Clarke évoquait ainsi auprès de Collider ce qu’il savait de la suite : « Ils ont eu une idée. Ce dont je me souviens, c’est que le second allait porter sur le voyage de John après qu’il eut été emmené par Skynet… revenir sur ce qu’il est devenu ; mi machine, mi homme. C’est par là que le deuxième allait commencer, et c’est à peu près tout ce que je savais. »
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Genisys 2 et Genisys 3 devaient être tournés dos à dos sur une période de neuf mois, avec des scénarios écrits par Laeta Kalogridis et Patrick Lussier. J. K. Simmons devait également bénéficier d’un rôle plus important dans les suites, tandis que Dayo Okeniyi devait reprendre le personnage de Danny Dyson dans le deuxième film, avec une intrigue davantage consacrée à la transformation de John Connor.
Malheureusement, aucune de ces pistes ne verra le jour. Genisys se contente d’empiler les concepts de la saga, qu’ils aient été utilisés, abandonnés ou simplement évoqués au fil des années, sans parvenir à les transformer en une véritable suite cohérente. Après l’échec commercial de Terminator Genisys en 2015, la trilogie envisagée par Skydance est finalement abandonnée.
On se souvient de cette vidéo promotionnelle dans laquelle James Cameron présente Terminator Genisys comme le véritable T3, dans la continuité de T1 et T2. Il expliquera plus tard avoir fait cette vidéo pour faire plaisir à Arnold Schwarzenegger.
Terminator Dark Fate
Après l’échec commercial de Terminator Genisys en 2015, les suites envisagées par Skydance sont finalement abandonnées. La récupération des droits de la franchise par James Cameron en 2018-2019 ouvre alors une nouvelle possibilité pour la saga. David Ellison se rapproche du cinéaste afin de relancer le film, tandis que Tim Miller (Deadpool) est choisi pour assurer la réalisation.
Cameron rejoint le film comme producteur et s’implique également dans la supervision créative du projet, à la condition qu’Arnold Schwarzenegger accepte de reprendre son rôle. Le long-métrage est alors conçu une nouvelle fois comme une suite directe de T2, faisant volontairement abstraction des films suivants. L’histoire est développée par Cameron, Miller et David Ellison – encore lui – avec la participation de plusieurs scénaristes, dont David S. Goyer, Justin Rhodes, Billy Ray et Josh Friedman, créateur de Terminator: The Sarah Connor Chronicles et collaborateur de Cameron sur Avatar : La Voie de l’eau et Avatar 3 : De feu et de cendres.
Le scénario cherche notamment à montrer les conséquences de la destruction de Cyberdyne Systems. Ce choix conduit à la mort de John Connor dès l’ouverture et recentre l’intrigue sur Sarah Connor. Linda Hamilton reprend son rôle aux côtés de Mackenzie Davis, Natalia Reyes et Gabriel Luna, tandis qu’Arnold Schwarzenegger retrouve les traits du T-800. Sorti en 2019, Dark Fate entend ainsi prolonger directement T2 tout en servant de nouveau départ à la franchise. Mais la disparition de John Connor efface une partie importante de l’héritage des films précédents sans que le récit n’exploite réellement les conséquences de cette décision.
Skynet laisse place à Legion, une nouvelle intelligence artificielle dont le développement reste peu approfondi. Le film reprend parallèlement de nombreux éléments déjà utilisés dans la saga. Dani Ramos (Natalia Reyes), censée incarner la nouvelle figure centrale, peine ainsi à acquérir la même importance que ses prédécesseurs.
Grace (Mackenzie Davis) offre en revanche une piste plus intéressante. Humaine augmentée envoyée dans le passé pour protéger Dani, elle permettait d’explorer une nouvelle étape dans l’évolution du conflit entre les humains et les machines. Davis s’impose dans le rôle, et Grace fonctionne comme une réinterprétation de Kyle Reese, cette fois à travers l’idée d’une soldate dont le corps a été technologiquement amélioré. Le film n’en tire cependant pas tout le potentiel.
Le traitement du T-800 illustre une autre limite de Dark Fate. Après l’évolution du personnage dans T2, celui qui avait autrefois été chargé de tuer John devient Carl, un Terminator installé dans une vie de père de famille. Le film privilégie alors son potentiel comique, au détriment de la présence et de la menace qui caractérisaient le personnage. Malgré le retour de Linda Hamilton et d’Arnold Schwarzenegger, Dark Fate ne retrouve jamais l’atmosphère oppressante ni la tension des films de Cameron. Là où T3 et Salvation tentaient, chacun à leur manière, d’élargir la franchise, le film revient à une structure très proche du second opus sans parvenir à lui donner la même portée.
La production reflète elle aussi de profondes difficultés de direction, alimentées par les méthodes de James Cameron. Très impliqué, ce dernier envoyait parfois de nouvelles réécritures le matin même du tournage et exigeait d’importants changements après un premier montage. Tim Miller expliquera par la suite que les deux hommes se sont régulièrement opposés sur les dialogues et la mise en scène, au point de confier qu’il ne retravaillerait probablement pas avec lui dans de pareilles conditions.
Ce climat de tension s’est étendu jusqu’à la communication du film. Lors du Comic-Con de San Diego en juillet 2019, James Cameron a ainsi annoncé en vidéo le retour d’Edward Furlong dans le rôle de John Connor. Mais les fans savaient déjà via les leaks que le personnage ne ferait qu’une brève apparition dans l’introduction. Dans cette scène d’ouverture, le jeune acteur Jude Collie a servi de doublure physique, sur laquelle le visage d’Edward Furlong a été reconstitué en images de synthèse (CGI).
Une nouvelle trilogie abandonnée
Comme Genisys avant lui, Dark Fate devait constituer le premier volet d’une nouvelle trilogie. Dès 2017, James Cameron et les scénaristes avaient déjà imaginé les grandes lignes des deux suites, qui devaient notamment approfondir la relation entre l’humanité et l’intelligence artificielle. Une éventuelle suite aurait même pu laisser Arnold Schwarzenegger de côté pour se concentrer sur Grace dans une autre temporalité, au cœur de la guerre contre les machines.
Cette possibilité aurait permis de poursuivre l’évolution introduite par le film tout en donnant davantage de place à un personnage inédit. Mais après l’échec du film au box-office, Skydance abandonne rapidement ces projets. Une nouvelle fois, la franchise se retrouve donc privée de la trilogie annoncée et sans véritable conclusion.
Sorti en 2019, Terminator Dark Fate constitue ainsi un nouveau coup d’arrêt pour la saga.
Terminator Zero
Il faut attendre 2024 pour voir Terminator Zero amener un vent de fraicheur sur la franchise. Produite par Netflix, Production I.G et Skydance Television, la série est créée par Mattson Tomlin (The Batman) et réalisée par Masashi Kudō. Elle transpose l’univers de Terminator au Japon et adopte le format de l’animation, avec une partie de sa production développée en anglais puis adaptée pour le public japonais.
L’histoire se déroule principalement à Tokyo, en 1997, à l’approche du Jugement Dernier. Eiko, une combattante de la Résistance envoyée dans le passé, doit empêcher Malcolm Lee de lancer Kokoro, une intelligence artificielle conçue pour rivaliser avec Skynet. Elle cherche à protéger Malcolm et ses trois enfants, Kenta, Reika et Hiro, avec l’aide de Misaki, une mystérieuse androïde. Un Terminator envoyé depuis le futur est également à leurs trousses.
Terminator Zero ne cherche pas à reproduire directement les films de James Cameron. Le choix de Tokyo et l’animation de Production I.G donnent à la série une esthétique différente, alors que de nombreuses références aux films apparaissent dans les plans, les sons et certaines situations. Le T-800 et les voyages temporels restent présents, mais la série développe surtout les thèmes de la conscience artificielle, du libre arbitre et de ce qui différencie une machine d’un être humain.
Cette réflexion passe aussi par les relations entre Malcolm, ses enfants, Eiko, Misaki et Kokoro. Les liens familiaux occupent une place importante, notamment à travers la relation entre Malcolm et ses enfants et celle qui se développe entre Misaki et la famille. La série s’intéresse ainsi à la capacité d’une intelligence artificielle à comprendre l’attachement, la protection ou encore le sacrifice.
Les voyages temporels permettent à Terminator Zero de jouer avec la continuité de la franchise. Les interventions dans le passé peuvent modifier la chronologie et produire plusieurs versions du futur, une manière pour la série de reconnaître tout ce qui a été fait avant tout en construisant sa propre version des événements.
Une nouvelle fin pour la franchise ?
Pensée à l’origine comme le début d’une histoire beaucoup plus vaste, Terminator Zero ne connaîtra finalement pas de deuxième saison. La série est annulée en février 2026 après une seule saison. Mattson Tomlin avait imaginé une histoire pouvant s’étendre sur plusieurs saisons et a notamment expliqué après l’annulation qu’il aurait souhaité développer la guerre du futur dans les saisons suivantes.
Cette annulation constitue un nouveau coup d’arrêt pour la franchise, la série rejoint ainsi une longue liste de projets Terminator interrompus avant d’avoir pu développer pleinement leur potentiel. Une nouvelle fois, la saga se retrouve donc avec plusieurs histoires inachevées, chacune ayant tenté à sa manière de trouver une nouvelle direction.
L’avenir de Terminator
Depuis 2019, aucun nouveau film Terminator n’est sorti au cinéma. L’avenir de la saga pourrait toutefois passer une nouvelle fois par James Cameron. En décembre 2025, le réalisateur a confirmé travailler sur le scénario d’un nouveau film Terminator, avec l’idée d’explorer davantage la guerre temporelle et la menace liée à la superintelligence artificielle.
Cette approche intervient alors que Cameron estime que « la science-fiction nous a rattrapés et nous submerge aujourd’hui ». Les progrès de l’intelligence artificielle font en effet écho à certaines des préoccupations déjà présentes dans les premiers films de la saga.
Cette fois, Cameron souhaite également s’éloigner des précédentes incarnations de Terminator. Arnold Schwarzenegger ne devrait pas reprendre le rôle du T-800, le réalisateur considérant que Terminator Dark Fate constituait une conclusion satisfaisante pour son personnage. Il souhaite désormais se tourner vers « une nouvelle génération de personnages ». Le film reste toutefois à un stade précoce de développement. Cameron n’a annoncé ni date de sortie, ni casting, ni scénario définitif, et n’a pas confirmé qu’il en assurera lui-même la réalisation.
Après des années de suites abandonnées, de chronologies réécrites et de nouvelles tentatives pour relancer la franchise, Terminator se retrouve donc une nouvelle fois face à un avenir incertain. Reste à voir si James Cameron parviendra cette fois à donner une nouvelle direction à la saga.
























