Après la mascarade qu’était Alien Covenant l’année précédente, la Fox continue son chemin de croix en s’attaquant à Predator, franchise culte initiée en 1987 par le réalisateur incontestable John McTiernan.

Sous la houlette cette fois-ci de Shane Black, habitué à l’écriture géniale des films comme le dernier samaritain, l’arme fatale, ou encore Last Action Hero, il a également à son actif quelques longs-métrages pas moins déplaisants. Comme le dernier en date, The Nice Guys, comédie bien jouissive qui renouait le genre du buddy-movie avec Ryan Gosling et Russel Crowe.

Quel lien a t-il avec les opus précédents?

The Predator est une suite directe du second opus et non du dernier, reprenant les éléments des 2 films Alien vs. Predator – des armes comme les lances Plasma et les shurikens – le fils du personnage campé par Gary Busey revient dans cet opus par le biais de Jake Busey.

Par ailleurs, le film a connu énormément de problèmes en post-production: des reshoots avec un budget final autour de 100 millions, une première pour un film de la licence, une polémique à sa sortie qui a bien entachée la promotion, des divergences entre Shane Black et la production. On est pas loin du syndrome Alien 3.

Du gore au détriment du fun ?

Si il y a bien quelque chose qui marque la rétine dans ce 4°volet, c’est la surdose de violence voire de gore, que ce soit entre les humains et les Predator, ou encore le Predator contre le Uber-Predator. On reviendra plus tard sur ce point.
Le casting avait pourtant de la gueule: Olivia Munn, Thomas Jane, Alfie Allen, Keegan-Michael Key, ou encore Boyd Holbrook qui tient le rôle principal, et que l’on avait aperçu dans Logan.

The Predator est bien l’opus le plus violent de la saga. Est-ce pour autant un gage de réussite?

Des fondamentaux aux abonnés absents

Le premier est et restera toujours aussi culte. Ce n’était pas seulement la créature, mais c’est aussi sa réalisation, son casting ancré dans les eighties avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Jesse Ventura, et même Shane Black qui figurait en tant qu’acteur, sa musique dantesque composée par un Alan Silverstri au sommet de son art, la jungle ayant un rôle important dans l’intrigue – comme dans Alien avec son vaisseau spatial aux allures de maison hantée qui étouffait le cadre, ainsi que ses personnages. Des codes établis, qui ont été repris dans les autres opus, ne réinventant pas le genre, et qui faisaient pâle figure par rapport au premier. La barre était déjà bien haute… trop haute même.

Ici, c’est tout l’inverse. On prend des risques inutiles quitte à se mettre à dos une bonne partie des fans dont je fais partie; toc toc Star Wars épisode 8. Les premières minutes donnent le ton, la tension est déjà omniprésente, ce qui plonge le spectateur dans une situation embarrassante: il n’a pas le temps de s’identifier au personnage.
Et cela ne va pas s’arranger.

Un constat sans équivoque

Le montage est saccadé, l’action est certes lisible, mais les espaces-temps sont mal gérés, on passe d’un lieu à un autre, d’une scène à une autre trop rapidement; néanmoins certaines scènes voire fulgurances parviennent à relever le dessus.
Pire encore, malgré ses 1h47 et les déboires durant la production, Shane Black n’arrive pas à redresser la barre. Il y a certes quelques moments bien huilés ou l’on reconnaît la patte de l’auteur dans les dialogues – la première fois ou les personnages se rencontrent, leur interaction en général – le seul affrontement entre le Predator fugitif et le Méga Predator, sorte d’hybride du Predator avec une taille et une force démesurées, et les toutes dernières minutes qui achèvent le spectateur, et la franchise avec.

Si on fait le compte des franchises passées au rouleau compresseur à Hollywood, la situation est assez cataclysmique: Alien Covenant, Terminator Genysis, Star Wars Episode 8, A Good Day for Die Hard, Justice League, Spectre, Jurassic World 2, Indiana Jones 4, et maintenant The Predator.

La presse n’a pas été tendre, le public non plus, et les résultats au box-office ont été les mêmes par rapport au précédent film.
Le spectateur se lasse, nous aussi.

Pour l’anecdote, Arnold Schwarzenegger devait être présent dans cet épisode sous la forme d’un caméo. Shane Black lui avait confié le script, mais l’acteur refusa la proposition. Déjà occupé par Terminator 6, l’acteur ne souhaitait pas apparaitre pour quelques secondes. Shane Black a confié à Digital Spy qu’il pourrait revenir si The Predator fait l’objet d’une suite.

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