Alors que l’on attend de pieds fermes son Mowgli, Andy Serkis – l’interprète de Gollum dans la trilogie du Seigneur des Anneaux mais aussi réalisateur de seconde équipe sur The Hobbit – vient de finir son premier long-métrage. En fait, pas vraiment puisque Mowgli aura été tourné avant en 2015. Mais la post-production compliquée et le rachat du film par Netflix ont fait que c’est finalement Breathe qui sera finalisé avant.

Débutant au Kenya en pleine période d’après guerre, Breathe raconte l’histoire vraie de Robin Cavendish, frappé subitement par la Poliomyélite, une maladie infectieuse déclenchant une paralysie générale du corps humains. Placé sous respirateur, Robin n’a pour ainsi dire que peu de temps à vivre les médecins estimant qu’il lui reste 3 mois. Malgré ça, grâce au soutien indéfectible de sa femme, de ses amis et sa force de caractère, Robin va affronter la maladie et être à l’origine de nombreuses avancées paramédicales concernant la maladie de la polio.

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On aurait pu craindre avec un sujet pareil que le film sombre dans le misérabilisme et brosse un portrait trop élogieux de son sujet. Crainte d’ailleurs renforcé par le fait que le propre fils de Robin, Jonathan Cavendish est producteur et instigateur du film. Malgré ça, Andy Serkis s’en tire avec les honneurs et parvient à trouver le ton juste en insufflant humour et second degré à une histoire qui ne s’y prêtait pas forcément. Comme l’explique Jonathan Cavendish – qui chargea l’écrivain William Nicholson d’écrire un scénario d’après la vie de son père – le film tente de capturer « la bande de fanfarons excentriques » qu’il a connu durant son enfance. Mission réussi à ce niveau car il est vrai que l’on sourit beaucoup. Un humour que l’on doit également à la présence d’Andrew Garfield au casting qui bien que cloué dans son fauteuil parvient à faire des merveilles et à nous prendre immédiatement en empathie. Pour lui donner la réplique, c’est la belle Claire Foy qui campe sa femme et incarne avec justesse l’épouse forte et aimante qui se sacrifie pour l’homme de sa vie. On pourra d’ailleurs la retrouver très prochainement dans un autre rôle d’épouse modèle puisqu’elle sera Janet Shearon Armstrong dans le First Man de Damien Chazelle.

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Question réalisation, Andy Serkis semble avoir délaissé les expérimentations de Mowgli – NDLR le film sera en grande partie en motion capture – pour revenir sur des chemins plus balisés. Difficile d’avoir un point de comparaison mais la mise en scène se veut avant tout académique et fonctionnelle. En revanche, on pourra relever l’excellente photographie de Robert Richardson le chef opérateur attiré de Quentin Tarantino depuis Kill Bill – entre autres. Bref sans être totalement anecdotique la réalisation laisse avant tout les acteurs s’exprimer et ne s’appuie pas sur des expérimentations techniques m’as-tu vu. Ce qui n’est pas plus mal finalement.

En définitive, Andy Serkis livre avec Breathe un film certes perfectible et manquant un brin d’identité mais dont le réel engagement des acteurs et le ton presque potache – À certains moments. On est quand même en plein drame – parviennent à rendre intéressant malgré des chemins trop balisés. Drôle, sensible et élégant, Breathe séduit par sa justesse et sont souffle romanesque teinté d’émotions à fleur de peau. Deux éléments qui ne présagent que du bon pour le Mowgli prévue sur Netflix début 2019.

Breathe sera disponible dès 1er Novembre en VOD.

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