Après avoir fait sensation dans de nombreux festivals, le moyen-métrage Blood Machines de Seth Ickerman – la fusion artistique du duo formé par Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard – est enfin sorti dans l’hexagone depuis le 1er septembre. Suivant de près le projet – articles, et interview avec les réalisateurs – nous avons enfin pu le voir. Retour sur une œuvre que l’on aimerait voir plus souvent dans le paysage du cinéma français.

Made in France

Quel plaisir de voir un film avec la quintessence du cinéma de genre réalisé par des français. Pour financer BLOOD MACHINES – Turbo Killer 2, Seth Ickerman et Carpenter Brut ont ouvert une campagne de financement participatif via Kickstarter afin de récolter les 75 000 € nécessaire pour le projet. Très vite, Blood Machines Turbo Killer 2 a enflammé la toile, David Sandberg – réalisateur de Kung Fury – a rejoint le projet comme producteur et la campagne de financement participatif a récolté plus de 185 000 €.

Un pastiche des eighties

D’une durée de 50 minutes générique compris, ce moyen-métrage scindé en trois chapitres nous plonge dans un univers SF très stylisé écrit et réalisé par Seth Ickerman, avec une musique composée par l’artiste Synthwave Carpenter Brut. Blood Machines est la suite du clip Turbo Killer, leur première collaboration. Oubliez le début de Prometheus, contemplez celui de Blood Machines.

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Un vaisseau sous les traits du Space Jockey d’Alien, très organique donc, atterrit sur une planète. Nos deux protagonistes incarnés par les acteurs Anders Heinrichsen et Christian Erickson traquent un vaisseau qui s’est échoué sur une planète, mais ils ne sont pas seuls. Deux femmes mystiques guettent et ne semblent pas laisser ce vaisseau à leur portée de main.

L’histoire de Blood Machines

L’histoire suit deux chasseurs d’espace qui suivent une machine essayant de se libérer. Après la descente, ils sont témoins d’un phénomène mystique: le fantôme d’une jeune femme sort de la machine, comme si le vaisseau spatial avait une âme. En essayant de comprendre la nature de cette entité, ils commencent à poursuivre la femme à travers l’espace…

A lire : Blood Machines Turbo Killer 2 : Interview avec Seth Ickerman

Une expérience sensorielle

Blood Machines c’est avant tout une question de ressenti. Une expérience sensorielle mélangeant un paquet de références des années 80 dont celles d’Alien, Blade Runner, l’univers de Jodorowsky, les films de John Carpenter, ou encore Métropolis de Fritz Lang avec le robot Tracy. On y retrouve même du Giallo alla Dario Argento. Une belle gallérie.

Seth Ickerman confie au sujet de Blade Runner : ‘Sa profondeur philosophique, sa lumière et sa bande-son hypnotique m’émeuvent toujours autant. D’habitude, je ne crée pas mes films en ayant telle ou telle référence à l’esprit, mais cette fois-ci, j’avais le film de Ridley Scott dans le coin de la tête. Je l’ai même utilisé comme point de départ. En effet, j’aime à penser que la femme qui sort du naufrage au début de mon film est la colombe que Roy Batty a laissé s’envoler quand il est mort à la fin de Blade Runner. Blood Machines s’intéresse d’une certaine manière à l’histoire de cette colombe et permet au film d’aborder le thème de ‘l’âme des machines’ à un niveau clairement fantastique et non pas comme de la pure science-fiction comme Blade Runner ou 2001 : A Space Odyssey.

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Un uppercut au cinéma français

Encore une fois, Blood Machines marque la rétine. La direction artistique est absolument fantastique, évidemment bourrée de références, mais à contrario de certaines productions actuelles aux FX douteux, elle n’a pas du tout à rougir de la comparaison. La photographie empreinte des tons verdâtres, mauves, rouges avec un grain sur la pellicule. Très soignée également, l’impression d’assister à des tableaux vivants. Purement organique et sensoriel.

La séquence finale est tout aussi démente, la coordination/chorégraphie des mouvements est en parfaite symbiose avec le montage. Les scènes sont marquantes et on se demande comment elles ont pu êtres tournées, sachant que le métrage a bénéficié d’un budget d’un peu plus de plus de 185 000 € euros seulement. A l’écoute de la bande-son de Carpenter Brut, on est ancré dans les année 80, utilisation de synthés, envolées lyriques rappelant la bande-originale de Vangelis dans Blade Runner, un régal auditif.

La presse américaine qualifie déjà Blood Manchines de Seth Ickerman comme une rencontre entre Dario Argento et Quentin Tarantino pour un film grindhouse intergalactique.

Est-ce que Blood Machines sortira en DVD / Blu-Ray ?

Si les personnes qui ont participé au financement du film ont reçu en contreparties des Blu-Ray et la bande originale du film, un Blu-Ray de Blood Machines pourrait être prochainement disponible pour le grand public. Nous vous invitons à suivre Seth Ickerman pour vous tenir informé de la disponibilité du film.

L’après Blood Machines

Avec la mise en ligne de Blood Machines, c’est une nouvelle page qui se tourne pour Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard. Si vous fréquentiez les forums de cinéma dans les 2000’s, vous devez vous souvenir de Kaydara. Un fan film français qui se déroule dans l’univers de Matrix. Un projet qui a débuté dans un garage et qui a nécessité pas moins de six années de travail. Il s’agissait du premier projet de Raphaël et Savitri. Que de chemins parcourus depuis 2003. D’ailleurs si vous êtes passionnés de cinéma, vous devez impérativement regarder le making-of de Kaydara qui est pour le coup une vraie leçon de cinéma.

Si Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard doivent d’ores et déjà plancher sur leur prochain projet, on espère que le duo Seth Ickerman n’a pas seulement tapé dans l’œil des productions américaines, mais aussi des productions françaises… Seth Ickerman c’est un savoir-faire à l’ancienne dans la lignée des Spielberg, Scott et Cameron. Croisons les doigts pour qu’une société de production ou encore une plateforme de streaming à l’instar de Netflix et Amzaon Prime collabore avec le duo de réalisateurs pour donner vie au projet Ickerman.

Conclusion

Blood Machines est une sacrée réussite, une baffe visuelle. Il faut souligner le travail titanesque de Seth Ickerman qui ont accompli des débuts tonitruants derrière la caméra. Félicitations !

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