Laissons les tendances de côté et intéressons-nous à l’originalité. Avec Adopte un Créatif, vous allez découvrir des passionnés, des créatifs, des youtubeurs / youtubeuses méconnu(e)s qui font l’actualité du web. Pour ce nouveau numéro, je suis parti à la rencontre de Judith derrière la chaîne Youtube ‘Demoiselles D’Horreur’.

J’ai découvert la chaîne de Judith via Sam Cockeye (Videodrome) et Clara (Clararunaway) deux créatives dont j’ai eu le plaisir de vous présenter dans nos numéros précédents. La chaîne Demoiselles d’Horreur est active depuis trois petits mois seulement et rencontre d’ores et déjà son petit succès. Avec ses vidéos, Judith propose de mettre un coup de projecteur sur les femmes dans les films d’horreur. Rencontre avec une jeune demoiselle fan de cinéma d’horreur.

Bonjour Judith, merci de participer à notre chronique ‘Adopte un Créatif’. Dans le cas où il y aurait des internautes ignorant ton actualité peux-tu te présenter et nous rappeler ton parcours?

Judith : Merci de me permettre de participer ! Pour ce qui est des études, j’ai commencé par hypokhâgne/khâgne bien malgré moi, puis j’ai fait un rapide détour par la fac pour avoir ma licence d’anglais et enfin commencer à étudier le cinéma, et j’ai fini par atterrir en section Réalisation à l’École de la Cité. J’en suis sortie en 2016. Mon but a toujours été de faire du cinéma devant et derrière la caméra, et j’ai déjà réalisé des petits court-métrages. C’est lorsque je me suis retrouvée bloquée financièrement pour réaliser le suivant (un court d’épouvante librement inspiré de ‘La Chute de la Maison Usher‘ d’Edgar Poe), que j’ai songé à rester active en faisant une chaîne YouTube.

Quelle est ta toute première expérience avec internet ?

Judith : J’ai très peu de souvenir des débuts d’internet… La première chose que j’ai dû faire sur le web, quand j’avais environ 12 ans, c’était chercher les paroles des chansons de Mylène Farmer. Je ne me rappelle pas internet avant ça. En revanche, je me souviens beaucoup mieux de mes premières expériences devant un ordinateur sans internet, à faire des gribouillis sur Paint et à regarder mon grand frère jouer à ‘Doom‘ et à ‘Lost Eden‘. Çà c’était le bon temps !

Présente-nous ton univers :

Judith : Quand j’ai dû songer à un concept de chaîne YouTube, j’ai très rapidement réalisé que je voulais parler d’épouvante en attendant de pouvoir en réaliser moi-même. Je savais aussi que, pour continuer un combat qui est quotidien pour beaucoup et qui est crucial dans le monde du cinéma, je voulais mettre les femmes dans la lumière et sur le devant de ma scène, si petite soit-elle. Si on ajoute à ça mon amour de la mise en scène et de l’analyse, on obtient de manière assez évidente le concept de ‘Demoiselles d’Horreur‘.

Pour le pseudo, j’ai pensé à des tas de choses de plus ou moins bon goût, mais je ne trouvais rien qui me satisfasse vraiment. Alors j’ai fini par demander à mon cousin Théo qui a toujours été très doué en jeux de mots et en saillies humoristiques. Il a trouvé ce nom qui m’a semblé parfait. C’est un jeu de mots qui détourne le concept vieillot et traditionaliste de la ‘demoiselle d’honneur’ pour le faire basculer vers une idée amusante et inquiétante. En le mettant au pluriel, il englobe tous les personnages dont je parle et donne l’idée d’une armée de femmes badass qui se font leur place dans le genre. Tout pour me plaire, quoi.

Pour aller avec, je voulais un logo animé qui en jette. Comme j’aime dessiner, j’ai d’abord essayé de le faire moi-même, mais je suis trop manche en création numérique. J’ai alors demandé à une graphiste, Valentine Dubois (pixelvisible.com), de le réaliser. J’aimais son style qui est radicalement opposé au mien. Comme je voulais quelque chose qui reprenne plein de clichés gothiques, il fallait vraiment quelqu’un dont ce ne soit pas l’univers pour que la rencontre des deux donne quelque chose de frais et d’original tout en jouant sur les codes qu’on connaît par cœur. Elle a complètement respecté ce que je lui avais demandé tout en y apposant sa patte, et j’ai tout de suite adoré.

Pour mon image de profil, j’ai demandé à Charlotte Daux, une autre graphiste de mon entourage dont j’aime beaucoup les portraits. Je voulais quelque chose qui me ressemble mais avec un côté ludique et fictionnel. Idem, je suis très contente du résultat. On pourrait croire que ce ne sont que des détails, mais je pense que ces éléments visuels contribuent beaucoup à l’identité d’une chaîne toute nouvelle dont les gens ont besoin de pouvoir identifier l’univers.

Qu’est ce qui t’a donné ta vocation ?

Judith : Avant de commencer, je dois avouer que je ne connaissais presque aucune chaîne YouTube de cinéma. J’avais déjà regardé quelques vidéos par-ci par-là, mais je n’avais jamais vraiment suivi le travail de quelqu’un, et je me servais essentiellement de YouTube pour écouter de la musique ou pour regarder des matchs de roller derby. Autant dire que je me suis sentie un peu usurpatrice en mettant ma première vidéo en ligne, en sachant si peu où je mettais les pieds et ce que d’autres avaient fait avant moi… Mais depuis, je me délecte de découvrir toute cette communauté et l’incroyable travail accompli par tant de vidéastes et de critiques !

Donc ce qui m’a inspirée, au départ, c’était beaucoup plus les analyses de textes que j’avais pu faire en prépa il y a longtemps. En khâgne, j’étais là contre mon gré et j’aurais tant voulu m’échapper, mais j’avais des profs très cinéphiles, dont un prof d’anglais qui nous faisait des séances de ciné-club accompagnées de ses analyses brillantes, et un prof de philo qui utilisait très souvent des exemples de films pour illustrer ses cours. Ça a éclairé mes deux années de prépa où je me languissais de cinéma, et mes profs en parlaient toujours volontiers avec moi. Je dois au moins à cette période mon amour pour l’analyse de films.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Judith : Depuis le début, mes parents sont dithyrambiques et le reste de ma famille est très enthousiaste aussi, ce qui est vraiment sympa. Mon premier public a également été les membres du club de roller derby dont je fais partie. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, le roller derby est un sport de contact et de vitesse sur patins à roulettes, un mélange entre le patinage artistique et le rugby. Ma deuxième grande passion ! Bref, je leur ai un peu lâché ma première vidéo en mode ‘hey les meufs, au fait, j’ai fait ça’, et elles l’ont tout de suite regardée et partagée en masse, en me faisant des retours extrêmement encourageants. C’était vraiment une chance de pouvoir démarrer dans un climat aussi bienveillant !

Quelle sont tes sources d’inspiration ?

Judith : Comme je n’ai commencé à me pencher sérieusement sur les contenus Youtube cinéma qu’au moment de lancer ma chaîne (je sais, c’est pas très sérieux), mon idée de ce à quoi ‘devait’ ressembler une chaîne YouTube m’a plutôt été transmise par mon ami Vlad, qui m’aide sur mes vidéos, et qui est, lui, un grand consommateur de vidéos sur le web. Sauf qu’il ne suit pas tellement des chaînes consacrées au cinéma, donc il m’a plutôt montré des vidéos de Dirty Biology, Syllabus, Defakator… Et de mon côté, j’avais simplement vu une ou deux vidéos du Fossoyeur de Films. Donc tout ça s’est mélangé et m’a plus ou moins aiguillée sur ce que je fais pour le moment. Depuis, je me dis que j’aimerais arriver à faire des vidéos à la hauteur de celles de Monsieur Bobine ou de la Manie du Cinéma (et de tant d’autres..).

Quelle est ta première expérience de tournage ? Comment cela s’est passé ?

Judith : J’avais déjà réalisé des court-métrages à grand renfort de système D, et j’avais aussi déjà travaillé sur des tournages professionnels, donc je ne me sentais pas perdue. Surtout que Vincent est toujours là pour m’aider, et il m’apporte aussi du recul sur ce que je dis et la manière dont je le dis, donc j’ai vraiment de la chance de l’avoir avec moi sur ce projet. Le tournage de la première vidéo a quand même été éprouvant à cause du nombre de prises dont j’ai eu besoin ! On avait chaud, on finissait par être fatigués, et j’avais le cerveau en compote à force de me demander tout le temps si ce que je racontais intéresserait quelqu’un d’autre que moi. Mais en définitive on s’est bien marrés.

Quel a été ton meilleur moment de réalisation ? Le pire ?

Judith : Le pire : Pour la vidéo sur ‘Scream‘, le micro qu’on utilisait était mauvais et on n’a jamais réussi à se débarrasser du frottement anormal qu’il faisait, du coup on a tout tourné en sachant pertinemment que le son serait très moyen sur le rendu final, ce qui n’est pas très agréable.

Le meilleur : La chaîne est peut-être encore un peu jeune pour qu’un exemple se détache parmi tous les bons moments, mais disons… La pause déjeuner, à base de pizzas !

Quelles sont, dans tes vidéos, celles qui te semblent les plus intéressantes, qui te tiennent le plus à cœur, et pourquoi ?

Judith : Je dirais la dernière en date, celle sur ‘Mister Babadook‘, parce que même si c’est ma cinquième vidéo, c’est le premier film que j’avais commencé à analyser en prévision de cette chaîne. Donc ça faisait un moment que j’avais envie de partager ma vision du film !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes créatifs qui souhaitent partager leurs univers sur la toile ?

Judith : On le dit souvent, mais la question qu’il faut se poser, c’est ‘est-ce que moi, j’aurais voulu voir ce type de contenu ?’ Si la réponse est oui, alors vous n’êtes pas le ou la seul(e) et ça intéressera d’autres personnes. Alors lancez-vous !

Si tu pouvais adresser un message à toi-même à l’âge de 10ans, lequel serait-ce ?

Judith : Commence à faire du roller derby dès maintenant !!! Bon, dans ton bled paumé c’est pas facile, mais fais au moins du roller tout court ! Et apprends aussi à chanter ou à jouer d’un instrument de musique, tant que tu y es, feignasse.

Que ferais-tu avec un budget digne d’un blockbuster ?

Judith : Je tournerais la version long-métrage de mon court de fin d’études appelé ‘Beautiful Injuries‘. J’ai déjà écrit le synopsis de la version longue, et c’est un peu l’objectif de ma vie de réussir à réaliser ce film un jour. Et aussi d’adapter les nouvelles d’Edgar Poe dans tous les sens.

Nous faisons appel à ton esprit créatif. A toi de nous proposer quelque chose et de commenter.

Judith : Ma figurine Catwoman était mon jouet préférée, quand j’étais petite. Alors voici un petit croquis de Catwoman version ‘Batman le Défi‘, parce que c’est un personnage féminin complètement pop et très important.

Elle incarne la femme victime de la violence des hommes et du cadre de la société, mais qui va faire de cette douleur un pouvoir étrange et menaçant. C’est une forme de rébellion torturée, qui véhicule aussi l’appropriation de sa séduction et de sa sexualité mais toujours prisonnière du carcan du regard des hommes et de leurs canons de beauté. Je pense que le côté très SM de son costume représente beaucoup de choses à ce niveau, entre la domination et la torture d’être figée dans cet archétype séducteur pour avoir du pouvoir en tant que femme.

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Tu le sais, notre thématique est la Pop Culture. Que signifie pour toi la culture populaire ?

Judith : Je pense que c’est la culture qui ne méprise aucun support, aucune époque et aucun genre, et qui se construit par les choix du public le plus large, et non pas par ceux d’une élite. Je pense que c’est celle qui nous accompagne le plus au quotidien, de la manière la plus immédiate, et que son pouvoir est donc très grand.

On a un peu l’impression que je parle d’une religion… C’est flippant ou c’est révélateur ? Ou les deux ?

Quelles sont tes œuvres de référence dans la Pop Culture ?

Judith : Comme énormément de gens de mon âge, j’ai commencé par être une grande fan de Tim Burton, et ce depuis l’enfance, avant même de saisir le concept de réalisateur et de comprendre que derrière ‘Edward aux Mains d’Argent‘ et ‘Beetlejuice‘ il y avait la même personne. J’aurais donné n’importe quoi – et encore maintenant- pour vivre dans le monde de ‘L’Etrange Noël de Monsieur Jack‘ (réalisé par Henry Selick, dont j’aime beaucoup le travail aussi). Mais comme beaucoup des fans de Burton, je rejette tout ce qu’il a fait après ‘Big Fish‘.

Très haut dans ma liste, il y a aussi le ‘Dracula‘ de Coppola. Pas étonnant que je sois très vite devenue fan de Winona Ryder ! Mais je n’aime pas que le gothique et le baroque… Je suis aussi une inconditionnelle des ‘Demoiselles de Rochefort‘ et de ‘Peau d’Âne‘ de Jacques Demy, de ‘La Belle et la Bête‘ de Cocteau, de ‘La Beauté du Diable‘ de René Clément… Oups, on retombe dans le baroque. Oh et impossible de ne pas mentionner ‘Deep End‘ de Jerzy Skolimowski. Un film résolument pop et une immense révélation pour moi !

Et puisqu’on arrive dans les années 60 : ma sœur et moi sommes des beatlemaniaques invétérées. Et j’aime tout autant le Paul McCartney post-Beatles. Cela dit, ma chanson préférée au monde reste ‘Wuthering Heights‘ de l’inénarrable Kate Bush. Et ça tombe bien, parce que ‘Les Hauts de Hurlevent‘ est le roman qui a changé ma vie.

En matière de jeux vidéo, je n’ai quasiment joué que sur Playstation. Tout a basculé le jour où ma mère est revenue à la maison avec le premier Crash Bandicoot. Aussi bien elle que mon frère, ma sœur et moi sommes devenus complètement accro en une seconde. Pas mon père… Ensuite il y a eu Rayman et Spyro, les grands classiques de l’époque. Et une place très spéciale dans le cœur de mon frère et le mien pour Heart of Darkness, L’Odyssée d’Abe et Medievil !

D’ailleurs, je voudrais aussi vivre dans l’univers de Medievil pour dégommer du zombie vert fluo sur de la musique gothique dans les cimetières de l’Angleterre victorienne. J’ai également beaucoup joué à Street Fighter ou Soulcalibur, et je suis un peu restée coincée à cette époque : je joue toujours à tous ces jeux-là ! En jeux plus récents, j’ai tout de même pu découvrir ‘Alice Madness Returns‘ grâce à une amie, que j’ai adoré. Et Vlad m’a fait découvrir les sublimes ‘Layers of Fear‘ et ‘What Remains of Edith Finch‘, qui n’ont de défaut que leur brièveté.

Côté séries, je citerais en priorité ‘Twin Peaks‘, même s’il y en a beaucoup d’autres, et je pense que ‘Les Simpson‘ sont responsables de certains des plus grands fous rires de ma vie.

Et quelles sont tes attentes ?

Judith : J’attends avec impatience la suite de ‘The Handmaid’s Tale‘ ! En matière de films d’horreur, je trépigne en attendant le ‘Conjuring 3‘, et je suis très curieuse de voir la suite du ‘Dernier train pour Busan‘. Le premier est exceptionnel ! J’espère vraiment que la suite ne déméritera pas, parce que c’est compliqué de faire une suite à un si bon film en gardant la même qualité, surtout quand l’oeuvre de départ se suffit à elle-même et n’appelle aucun prolongement. Et à part les suites, tous les films d’horreur annoncés de 2020 peuvent compter sur moi.

Un mot sur ton actualité ? Tes projets en cours ?

Judith : J’ai plusieurs vidéos en cours d’écriture pour ma chaîne, et Gorkab m’a également proposé de faire une collaboration sur le film ‘Entretien avec un Vampire‘. Malheureusement, l’avancée de tout ça est un peu soumise à la situation sanitaire actuelle ! En plus, je ne dispose pas encore de mon propre matériel vidéo, et je ne peux donc pas tourner pendant le confinement, ce qui va occasionner un petit retard dans mes publications…

A quel autre créatif souhaiterais-tu voir poser ces questions ?

Judith : A ma collègue youtubeuse de cinéma Laura fait genre ! Mais il y a aussi les blogueuses de WelcomeToPrimeTimeBitch, Bon Chic Bon Genre, Leo Iurillo

J’avais pu le constater en présentant mes court-métrages dans des festivals indépendants de films de genre réalisés par des femmes, en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis : les meufs ont énormément de choses à dire et à montrer en matière d’horreur ! Faites gaffe, on va révolutionner le genre !

As-tu beaucoup de retour des personnes qui te suivent ?

Judith : Oui, et c’est super ! Dès la première vidéo, j’ai été surprise d’avoir autant de commentaires de gens que je ne connaissais pas, et qui reviennent maintenant à chaque épisode ! La plupart sont très bienveillants, chaleureux et enthousiastes. C’est très sympa de leur part de prendre le temps de me faire leurs retours.

Tes abonnés te soufflent des idées parfois ?

Judith : Oui, c’est touchant parce qu’on voit que les passionnés du genre ont très envie que quelqu’un parle de leurs personnages préférés de manière approfondie. J’aime beaucoup savoir quels personnages féminins mes abonnés aiment et pourquoi. Bon, il arrive que ça s’accompagne un peu de mansplaining de la part d’hommes bien intentionnés mais maladroits qui ont tendance à me dire sans un bonjour ‘tu devrais parler de tel personnage’ ou ‘voici ma liste de personnages pour toi’… Mais sinon c’est toujours très agréable d’échanger sur ce sujet avec des gens qui s’y intéressent, et qui s’y connaissent souvent très bien !

Que voudrais-tu dire à tous tes abonnés et aux prochains ?

Judith : N’écrasez pas les araignées ! Et aussi un immense merci pour leur soutien (celui des abonnés, pas des araignées), qui est déjà bien plus grand que ce que j’aurais imaginé avant de me lancer, et qui donne un sens à mon travail !

Pour terminer, quelle question aurais-tu souhaité que l’on te pose et qu’aurais-tu répondu ?

Judith : -Veux-tu ces 50 millions d’euros ?
-Oh oui, merci, c’est cool !

Encore une fois merci Judith d’avoir participé à Adopte un Créatif.

Judith : Surtout merci de m’avoir proposé d’y participer ! Quand je vois les gens qui sont passés avant moi dans cette chronique et que j’admire, ça me fait rudement plaisir, vous savez !

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Propos recueillis par Thomas O. pour Eklecty-City.fr, qui remercie Judith de s’être prêtée au jeu d’une interview.

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