Otages à Entebbe. 1976, un vol Air France de Tel Aviv pour Paris est détourné sur Entebbe, en Ouganda. Les faits qui s’y sont déroulés ont changé le cours de l’histoire.

Nous sommes le 4 juillet 1976. 4 terroristes, 2 allemands et 2 palestiniens, détournent un Airbus A300 en provenance d’Athènes à destination de Paris et prennent en otages les 239 passagers. Les palestiniens Fayez Abdul-Rahim Jaber et Jayel Naji al-Arjam font partie du Front populaire de libération de la Palestine. Quant aux 2 allemands, Wilfried Böse et Brigitte Kuhlmann, ils sont militants des Cellules révolutionnaires, une organisation terroriste d’extrême gauche ayant sévi en Allemagne de l’Ouest pendant les années de plomb.

Le mérite d’exister

C’est ce qu’on se dire à la fin de visionnage. Un film qui raconte une histoire quasi miraculeuse sous fond de drame humain.
Drame parce qu’il revient sur la prise d’otage d’Air France en 1976 en Ouganda, l’avion devait arriver à Tel Aviv. On voit un groupe de terroriste divisé en deux camps agissant pour des raisons différentes, ce qui est intéressant pour comprendre les tensions politiques qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale et la révélation des conflits après la période des 30 Glorieuses.

Quasi Miracle car aucun des otages n’ont péri lors de cet événement malgré des conditions peu favorable pour intervenir. L’assaut a fait malheureusement un mort parmi les soldats israéliens et bien entendu l’histoire ne se termine pas bien pour les terroristes non plus qui n’auront pas été capturé vivant pour un procès. Le film ne peut pas plaire à tous car il a des aspects de biopic mais ne se concentre sur aucune personne ni aucun camp quel qu’il soit. On est juste des témoins qui découvrons différent point de vu sur ce fait divers marquants comme si c’était un documentaire ponctué de séquence filmé réunit en un seul morceau.

Est-ce un choix délibéré pour essayer d’être neutre sur cet épisode historique, où est est-ce une façon de créer un film choral ? Une chose est sûre le sujet est encore aujourd’hui extrêmement brûlant et de par sa complexité historico-social et le manichéisme serait ici insultant pour l’un des deux camps.

Une bonne maîtrise

Il n’y a pas vraiment des choses à reprocher sur le plan technique les acteurs sont très convaincants et livre un bon travail mention spéciale pour l’acteur Britannique Edward Maurice CHarles Marsan qui joue un Shimon Peres convainquant physiquement.
Rien à dire au niveau de la réalisation faites par José Padilha qui avait livré pour Hollywood le remake de Robocop. Hasard ou non, le film nous a paru revêtir l’aspect d’un documentaire, or il faut savoir que José Pahilha a à son actif quelques expériences du documentaire comme Os Carvoeiros, Estamira, Ônibus 174 ou Curumim.

Le réalisateur était une valeur sûr pour mettre un visuel correct est propre sur le sujet et pouvait garder la tête froide pour dépeindre les différents protagoniste sans y faire intervenir chez le spectateur la notion de jugement contre un personnage, il n’y a pas non plus de catharsis ou de jouissance malsaine contre le comportement malhonnête d’un personnage ou une identification pour l’un des otages qui sont tellement lisse et sans grande confrontation avec les bourreaux que les échanges manquent clairement de tensions.

La mayonnaise ne prend pas

Le scénario a eu l’intelligence de dérouler les faits historiques sans prendre partie pour un camp ou un autre, mais à quel prix, celui de se tromper de genre, un film n’apporte pas la même écriture qu’un documentaire et vice versa.
Au cours de l’œuvre, des détails sont aussi distillés sur la politique d’après-guerre, cependant il faudra avoir une connaissance correcte de l’histoire pour les repérer et surtout pour en comprendre certains qui ne sont pas expliqués par les personnages.

Il faut pourtant être honnête au visionnage le film n’a pas réussi à m’emballer. Est-ce à cause de la trop discrète musique qui éclate seulement au début et à la fin du film ? Est-ce l’écriture distante du scénario qui nous rend observateur sans pouvoir nous accrocher totalement au personnage ?
Ou bien est-il possible inconsciemment il y a eu de notre part, un rejet de cette histoire de prise d’otage par des terroristes qui nous rappelle les derniers attentats traumatisants que la France ait connue ?
Est-ce qu’une prise de partie ou le suivi psychologique d’un personnage aurait pu nous susciter assez d’empathie ?

Dans cette partie critique nous pouvons citer ce qu’on aurait voulu plus voir et qui nous a vraiment touché il s’agit des scènes de danse très peu présente mais très marquante, même la séquence de la répétition tente d’esquisser une philosophie. La musique est un véritable feu d’artifice qui ouvre le début du film et devient à la fin du film un échange de coups de feu (tout cela évidemment du point de vue symbolique).
Il est fort dommage que l’aspect artistique ne sois pas plus omniprésent ce qui aurait sans doute permis un ancrage beaucoup plus fort émotionnellement.

Une question se pose alors : De quoi parle vraiment le film au-delà de l’aspect historique sachant que des faits ont été changés ou transformés pour être adaptés à la fiction. Qu’est-ce que le film veut nous faire passer comme message à travers les différents points de vue des protagonistes et antagonistes dans un conflit qui est vieux de plus de 50 ans ?

Le film n’est pas mauvais, il n’est pas non plus épique, mais force est de constater qu’il reste dans un coin de la tête grâce à la musique qui introduit et conclu de façon fracassante le film. La scène de danse symbolise la base du conflit israélo palestinien, la chorégraphie décrit l’arrivée des Juifs en Palestine après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
On peut aussi citer certains plans qui marquent comme cette allemande paniquée et perdu faisant partie des otages qui a des numéros tatoués sur le bras , ces enfants otages qui jouent sans peur sur le tarmac de l’aéroport en Ouganda, les échanges entre l’Ouganda et Israël. Cette allemande attachée à ses convictions pour se trouver une raison de vivre et qui vient l’espace d’un instant se confier au téléphone.

Conclusion

Otages à Entebbe se veut être un témoin d’un bout d’histoire mais manque d’être transcendant malgré un travail soigné mais gâchée par une histoire qui est au final la prolongation de la grande dans un conflit inachevé.

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