Le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa signe son onzième long-métrage avec Dombass, projeté à Cannes cette année dans la section un certain regard. Il a été auréolé du prix de la mise en scène. Nos impressions.

Synopsis : Dans le Donbass, région de l’est de l’Ukraine, une guerre hybride mêle conflit armé ouvert, crimes et saccages perpétrés par des gangs séparatistes. Dans le Donbass, la guerre s’appelle la paix, la propagande est érigée en vérité et la haine prétend être l’amour. Un périple à travers le Donbass, c’est un enchainement d’aventures folles, dans lesquelles le grotesque et le tragique se mêlent comme la vie et la mort. Ce n’est pas un conte sur une région, un pays ou un système politique mais sur un monde perdu dans l’après-vérité et les fausses identités. Cela concerne chacun d’entre nous.

Un contexte politique assez appuyé

Il est question ici de circonstances bien réelles. La forme et le ton quasi documentaire du film sont là pour appuyer le propos. Ne vous attendez pas à quelque chose de théâtral, ni à une fiction.
Le réalisateur propose plusieurs points de vue dans sa narration à travers le conflit, la peur, et la solitude.
Les rues sont délabrées, la misère humaine est présente surtout dans les abris anti-bombes, scène qui a d’ailleurs été tournée en plan séquence et qui ne laisse pas indifférent.

Et une certaine réalité

Dombass est un film ancré dans le réel, trop même. Engagé dans ses propos, dans ce qu’il essaye de nous montrer par le biais de points de vue différents: les politiciens sont évidemment pointés du doigt tout comme les militants, les citoyens et les militaires engagés contre l’opposition, prônant le fascisme.

Le long-métrage s’accorde rarement de fulgurances; cependant certaines scènes sont assez anxiogènes comme celle d’un transfuge ukrainien se retrouvant confronté à son propre destin et seul dans la rue. Les gens l’insultent quelque soit leur âge.

Le prix de la scène, vraiment ?

La mise en scène est assez neutre. Elle se contente d’être posée, utilisant beaucoup de plans-séquences.
Néanmoins, c’est assez plat dans l’ensemble. Le long-métrage est bien trop long; 1h56, dont un final qui n’en finit plus: le comble étant les dix dernières minutes du film. Sergei Loznitsa pose sa caméra avec un plan d’ensemble peu inspiré, laissant le spectateur dubitatif à l’interprétation de la situation. Et ce n’est pas tout, le générique de fin défile durant ces fameuses minutes très lentement et qui n’est pas loin du téléfilm lambda du dimanche après-midi.

Sincère et peu racoleur, Dombass est une proposition intéressante dans l’approche documentaire. Quant à l’aspect cinématographique, on y repassera.

Donbass sera disponible en DVD et VOD dès le 5 février 2019.

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