Parmi les plus chanceux qui ont pu voir le dernier Halloween trois semaines avant sa sortie en France, c’est bien nous. Le 5 octobre dernier dans tous les CGR de France, il eut une avant-première en version française. Ce fut l’une de nos plus grosses attentes de cette année. Michael Myers est de retour 40 ans après avoir traumatisé bon nombre de spectateurs sous la direction de John Carpenter.

Après la lente déconvenue de la franchise depuis Halloween Resurrection et les deux opus de Rob Zombie, la saga était au plus bas. Au courant de l’année 2016, le producteur Jason Blum repris les droits et convint John Carpenter de participer au projet avec le retour de Jamie Lee Curtis et sous la direction de David Gordon Green, ainsi que Danny McBride sur le script.

Qu’en est-il de cette nouvelle monture ignorant au passage toutes les remakes, et suites de la franchise ?

Pour vous faire une idée, Nous vous exposons les différentes timelines des épisodes précédents :

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Ne tenant pas compte des 10 autres films, Laurie Strode et Michael Myers n’ont plus aucun lien de parenté. Dans le second on apprenait que c’était son frère, idée qui avait été validée à l’époque en 1981 par John Carpenter, reniée quelques années après.
Cette version de Laurie Strode, 40 ans après la nuit d’Halloween, est devenue une femme brisée et marquée à vie.
Vivant à l’encontre des habitants d’Haddonfield, elle est préparée, armée, ainsi barricadée – sa maison fait office de Panic Room, bien isolée de la ville – au retour de Michael Myers. Essayant de reprendre contact péniblement avec sa famille, le mal rôde toujours, même enfermé et en captivité depuis 40 ans, elle ne peut s’en défaire.

Sans grande surprise Michael parvient à s’échapper et Haddonfield n’est pas prêt d’oublier une nouvelle fois le carnage du fameux « boogeyman ». Un retour aussi brutal que les précédents.

L’opus le plus violent de la franchise

Rob Zombie s’était illustré dans le remake en 2007 et sa suite par une certaine violence, à la fois exagérée et brutale. Jamais en hors-champ, toujours montrée à l’écran.
Ici on jongle entre les deux, plus subtile, ce qui laisse d’une part une certaine frustration et d’une autre une excellente idée de mise en scène en terme de suggestion.
La première victime de Michael est surprenante voire cruelle. Dès lors, on sait que le bougre ne fera aucune concession. Même après 40 ans, et après avoir consulté de nombreux psychiatres, le mal incarné par Myers se révèle fascinant et effrayant; on n’arrive toujours pas à l’expliquer.

La mise en scène de David Gordon Green est une réussite

David Gordon Green est un réalisateur assez intriguant. Il s’est fait remarquer avec quelques comédies comme « Délire Express » et « Votre Majesté » et d’autres films indépendants comme « Joe » ou encore « Prince of Texas ».  Un choix payant qui a été validé par Jason Blum et John Carpenter.

Sa mise en scène est posée, et joue intelligemment avec l’utilisation du plan ou deux situations se produisent en même temps. Par exemple au premier plan, nous avons un personnage, et un autre à l’arrière-plan qui agit différemment, la scène du garage en est le parfait exemple.

On a droit à un plan séquence de plus de trois minutes ou on suit le tueur étudier sa victime pour la tuer de sang-froid sans se faire remarquer. De plus, et grâce à son chef opérateur Michael Simmonds s’inspirant du travail effectué par Dean Cundey dans le premier, il laisse respirer ses cadres, et instaure une tension palpable surtout dans le dernier acte.
L’utilisation du silence est un très bon choix également. Jamais assourdissante, le retour de Big John à la musique fait un bien fou.

John Carpenter producteur exécutif film mais pas seulement

Si il y a évidemment un aspect qui ravira les fans, c’est bien le nouveau rendu musical par John Carpenter, accompagné de son fils Cody, et de Daniel Davies collaborateur sur son album « The Lost Themes« .

Reprenant certains thèmes emblématiques du premier, Big John s’illustre avec de nouveaux sons de guitare, dont un qui est jubilatoire lors de la fameuse scène du garage et dans une autre. On ne vous en dit pas plus.

Le mérite revient globalement à David Gordon Green, mais « Sir Carpenter » a bien été consultant du projet. Certains choix dans le script ont été validé alors que d’autres ont été rejeté comme cette idée d’avoir voulu reproduire plan par plan la fin du premier Halloween avec une doublure numérique de Donald Pleasence, acteur qui incarnait le fameux docteur Loomis.

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James Jude Courtney, le nouveau Michael Myers

Nick Castle était le premier acteur à avoir incarné Michael Myers. Il récidive ici juste pour deux scènes sous forme de caméo.

Sa doublure James Cude Courtney mesurant plus d’1m90 dans cette nouvelle version.
Et c’est clairement une grande satisfaction. « The Shape » est bien de retour, moins imposant que le Myers de Rob Zombie; Il s’en rapproche sur quelques aspects – sa taille, le masque vieillissant, la violence – mais est bien plus menaçant et dangereux que jamais.

Son ionisation est juste parfaite. Pas mal de meurtres rappellent les anciens opus, cependant et sous la houlette d’un vrai metteur en scène, il y a clairement une différence de traitement et de qualité.
Le « boodycount » est de loin le pire de la saga. Les fans du genre et de la licence en seront ravis.

Conclusion

Néanmoins, le film a quelques défauts. Malgré un casting judicieux – mentions spéciales aux actrices Andi Matichak et Judy Greer – certaines scènes ne fonctionnent pas, souvent avec les adolescents, qui sonnent creux. Il y a quelques problèmes de rythme, certains plans bien cheap, et un twist qui ne passera pas au goût de tous. La fin est vite expédiée, dans les 30 dernières secondes.

Par ailleurs, on vous conseille de revoir l’original avant d’aller voir le dernier qui sortira chez nous le 24 octobre prochain. Il y a beaucoup de clins d’œil voire même des scènes réalisées sous un autre angle, effets de miroir.

Enfin un dernier mot sur la trop rare et sous-estimée actrice Jamie Lee Curtis, qui même à 59 ans, est dans cet opus – sa 5°participation sur les 11 films d’Halloween – à la fois touchante et badass. Une situation qui ramène tout droit au personnage de Sarah Connor de Terminator 2.

Amateurs du genre, Halloween est bien plus qu’une simple réussite. C’est l’une des meilleures suites de la franchise, digne et respectueuse de l’original.

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