Maeva Méline se confie au Play Azur Festival 2026 sur ses doublages Disney, son rôle dans Mozart et son retour à la musique.
Présente au Palais des Expos de Nice pour la neuvième édition du Play Azur Festival, Maeva Méline est revenue pour Eklecty-City sur un parcours où le hasard semble avoir souvent bien fait les choses. Celle qui a un jour envisagé de quitter le milieu de la musique avant de décrocher le rôle de Nannerl dans la troupe de Mozart l’Opéra Rock se livre ici sans fard. Elle partage avec nous des souvenirs de scène improbables, comme cette anecdote du sel caché dans son tricorne pour éviter d’avoir la bouche sèche lors des premières représentations au Palais des Sports, avant d’aborder son lien presque mystique avec la princesse Raiponce, un personnage qui lui ressemble tant qu’elle y voit un véritable signe du destin.
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Au-delà de l’univers Disney et de ses performances vocales pour Mérida dans Rebelle, la comédienne s’épanouit désormais dans des registres plus inattendus. Elle nous explique son plaisir à interpréter des personnages de « pestes » ou des profils plus sombres dans l’animation japonaise, citant notamment ses récentes expériences sur Oshi no Ko ou The Eminence in Shadow. Après une période de retrait nécessaire pour s’occuper de son fils, Maeva Méline retrouve aujourd’hui le chemin de la scène et de la création avec son groupe de folk Looking for Suzanne. Entre technique vocale intense et passion pour le doublage, cette rencontre dévoile les coulisses d’une carrière menée avec autant d’énergie que de sensibilité.
Tu as failli arrêter la musique juste avant d’être castée pour Mozart l’Opéra Rock. Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à la Maeva de l’époque qui doutait ?
Maeva Méline : Je lui dirais finalement ce qu’elle a fait. Que la vie est pleine de rebondissements et qu’il faut faire confiance en la vie. Nannerl, ce n’est pas facile.
Le rôle de Nannerl a été un énorme tremplin. C’est quoi l’anecdote la plus folle que tu as vécue en tournée avec cette troupe ?
Maeva Méline : Déjà, ce nom, on ne le dit jamais dans le spectacle. Des anecdotes, j’en ai mille, j’ai passé quatre ans avec cette troupe, on a fait tous les Zéniths de France plusieurs fois. Celle qui me revient toujours, c’est celle de la toute première fois au Palais des Sports. Ma prof de chant m’avait donné une astuce contre la bouche sèche : prendre du sel juste avant de monter sur scène pour provoquer une salivation. Mais ça ne dure que 30 secondes. Je n’avais pas de place dans ma robe à crinoline, alors j’ai mis le sel dans le rebord de mon chapeau tricorne. Sauf qu’en entrant sur scène, j’ai fait une grande révérence et j’ai vu tout le sel tomber ! Moi j’avais l’impression qu’on ne voyait que ça. Pour les jours suivants, j’ai trouvé une cachette dans le décor.
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Raiponce est une héroïne ultra pétillante. Comment tu fais pour garder cette énergie débordante dans ta voix pendant des heures d’enregistrement ?
Maeva Méline : Ça a demandé énormément d’énergie. J’ai enregistré pendant trois jours et demi, à la fin j’étais littéralement morte. On a toute une équipe derrière pour nous soutenir, et puis j’étais tellement heureuse et excitée naturellement que j’ai mobilisé toutes mes forces. Mais après, j’ai dormi pendant deux semaines.
Tu as aussi chanté pour Mérida dans Rebelle. Est-ce que ce côté plus sauvage et folk, c’est un registre dans lequel tu aimerais aller plus souvent ?
Maeva Méline : Moi, j’adore aller dans des registres qui sont éloignés de moi. Pas forcément le caractère de Rebelle, mais surtout les pestes. J’adore jouer les pestes parce que ce n’est pas du tout moi. Ça me permet, le temps de l’enregistrement, d’être une autre personne, d’être pas sympa et de faire des coups bas. Je me l’autorise seulement à ces moments-là.
On te voit de plus en plus dans l’animation japonaise (Oshi no Ko, The Eminence in Shadow). Est-ce que tu es toi-même fan d’anime ou c’est un pur hasard de casting ?
Maeva Méline : Pas particulièrement, je ne regarde pas particulièrement d’animés, je regarde ce que je fais. Je regarde surtout les commentaires des fans car ils sont tellement pointilleux que ça m’intéresse de savoir si mon travail leur plaît. Si c’est validé (et ça l’est en général), ouf ! Le travail avec le directeur artistique est hyper important car il me donne les codes que je n’ai pas forcément. J’aime le côté coloré de ces personnages, comme Abiko dans Oshi no Ko : elle est introvertie et pète les plombs d’un coup. On ne trouve pas ça ailleurs.
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(Ndlr : Maeva précise qu’elle n’a jamais enregistré avec Emmanuel Dahl pour Raiponce à l’époque ; ils se sont rencontrés en convention il y a seulement deux ans et ont eu un coup de cœur amical immédiat, nous rappelons cette anecdote à Emmanuel lors de son interview).
Ton projet Looking for Suzanne est beaucoup plus intimiste. Est-ce que c’est vital pour toi de revenir à quelque chose de très pur, juste toi et ta guitare ?
Maeva Méline : C’est un peu plus folk. C’est un projet que j’avais mis entre parenthèses car j’ai eu un enfant et il a fallu que je m’en occupe beaucoup. J’avais arrêté la scène pour ne faire que du doublage, ce qui me permettait d’aller le chercher à l’école. La vie d’artiste le soir avec un petit bébé, c’est compliqué. Maintenant qu’il a 10 ans, je me permets à nouveau de retrouver mes premiers amours de la scène et de la musique. J’espère pouvoir créer de nouvelles chansons avec ce projet.
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Parmi tous les personnages que tu as doublés, lequel est ton « double » spirituel dans la vraie vie ?
Maeva Méline : Il y a eu un truc presque mystique avec Raiponce. Une vraie rencontre magique. Dès que j’ai vu l’histoire, je me suis dit « Mais c’est moi ! ». Moi qui n’avais jamais fait de doublage, quand j’ai passé les essais, il y a eu un truc hyper naturel et simple, c’était évident. C’est le destin qui nous a réunis.
Quelle question aurais-tu aimé que je te pose et qu’aurais-tu répondu ?
Maeva Méline : Bonne question ! Il me faudrait plus d’une minute pour réfléchir. C’est difficile, j’y réfléchirai pour une prochaine fois car c’est une chouette question qui permet de réfléchir sur soi-même.
Propos recueillis par Anastasia V. et retranscrits par Thomas O. pour Eklecty-City.fr, qui remercient Maeva Méline de s’être prêtée au jeu de cette interview. La rédaction remercie également l’équipe du Play Azur Festival pour son accueil et son invitation.





