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Paramount supplante Netflix : le dénouement du rachat de Warner Bros Discovery

Le groupe Paramount Skydance remporte la bataille pour l’acquisition de Warner Bros Discovery après le retrait surprise de Netflix.

L’industrie du divertissement sort d’une période de turbulences intenses suite à l’annonce du rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance. Ce dénouement intervient après plusieurs mois de tractations acharnées entre les plus grands noms de la production mondiale. Pour comprendre ce changement de cap, un retour sur les étapes clés de cette négociation s’avère indispensable.

Une scission stratégique comme point de départ

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L’aventure commence réellement en juillet 2025 quand David Zaslav, le dirigeant de Warner Bros. Discovery, orchestre une restructuration profonde de son entreprise. Le groupe se sépare alors en deux branches distinctes : d’un côté les studios Warner et HBO, de l’autre les réseaux de télévision linéaires regroupés sous l’entité Discovery Global. Cette décision vise à rendre les actifs créatifs plus séduisants pour des acheteurs potentiels. Dès septembre 2025, David Ellison et Paramount Skydance manifestent un intérêt concret, provoquant une hausse immédiate de la valeur boursière de Warner.

L’offensive de Netflix et la résistance du secteur

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Malgré les avances de Paramount, le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery privilégie initialement une autre piste. Le 5 décembre 2025, Netflix officialise la signature d’un accord pour l’achat des studios de cinéma, de télévision et de la marque HBO pour un montant de 82,7 milliards de dollars. Ted Sarandos, le co-directeur général de Netflix, défend cette fusion en affirmant : « Notre mission a toujours été de divertir le monde ».

Pourtant, cette annonce déclenche une levée de boucliers. James Cameron exprime publiquement ses craintes, qualifiant l’éventuelle mainmise de Netflix sur Warner de catastrophe pour la diversité créative. Parallèlement, un collectif de producteurs influents alerte le Congrès américain sur les risques de déstabilisation de l’exploitation en salles. Ces professionnels redoutent que le géant du streaming ne réduise la durée de diffusion exclusive des films au cinéma.

Le retour de force de Paramount Skydance

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Loin de s’avouer vaincu, David Ellison intensifie ses efforts durant l’hiver 2026. Paramount Skydance lance une offre publique d’achat concurrente en proposant 30 dollars par action pour la totalité du groupe, incluant les chaînes de télévision délaissées par Netflix. Pour convaincre les investisseurs, David Ellison ajoute des garanties financières solides, comme le paiement d’indemnités en cas de retard réglementaire.

La situation bascule définitivement en février 2026. Des actionnaires activistes, à l’instar d’Ancora Holdings, rejettent officiellement le pacte avec Netflix, jugeant la proposition de Paramount bien plus protectrice pour leurs intérêts. Ils soulignent également que l’administration politique actuelle semble voir d’un meilleur œil un rachat par la famille Ellison. Ce contexte de pression croissante prépare le terrain pour le coup de théâtre final : la reconnaissance par le conseil d’administration de Warner que l’offre de Paramount constitue désormais une proposition supérieure.

L’abandon de Netflix et le triomphe de David Ellison

Le vent tourne définitivement le 26 février 2026. Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery qualifie la nouvelle enchère de Paramount Skydance de « proposition supérieure ». Cette décision accorde initialement un délai de quatre jours ouvrables à Netflix pour égaler l’offre. Cependant, la firme de Los Gatos choisit la voie de la prudence financière et se retire de la course dès l’après-midi. Les dirigeants de la plateforme de streaming expliquent que l’opération ne présente plus une attractivité économique suffisante face à l’envolée des prix.

Paramount Skydance débourse environ 111 milliards de dollars, incluant la reprise de la dette massive de Warner s’élevant à 33 milliards. David Ellison exprime sa satisfaction : « Nous sommes heureux que le conseil d’administration de WBD ait confirmé à l’unanimité la valeur supérieure de notre offre, qui apporte aux actionnaires une valeur plus haute, une certitude et une rapidité de clôture ». Avec cette victoire Paramount récupère non seulement les studios et HBO, mais aussi l’intégralité des réseaux câblés.

Une atmosphère contrastée dans les coulisses des studios

L’annonce provoque des réactions diamétralement opposées au sein de la communauté hollywoodienne. Sur Melrose Avenue, les cadres de Paramount sabrent le champagne pour célébrer ce succès après des mois d’incertitude. À l’inverse, l’ambiance s’avère bien plus sombre du côté de Burbank. Un cadre de Warner Bros. Discovery décrit la nouvelle comme un « coup de poing dans le ventre ». Les employés de Warner redoutent une restructuration brutale, car Paramount prévoit de réaliser 6 milliards de dollars d’économies par la suppression de postes redondants.

David Zaslav tente de rassurer ses troupes lors d’une réunion interne, admettant que la rapidité de ce revirement provoque un sentiment de « vertige ». Il soutient toutefois que cette union devient vitale pour l’existence même de l’entreprise : « Si Warner Bros. doit survivre, nous devons devenir plus grands et globaux ». Il pointe du doigt la domination des géants technologiques comme Alphabet, dont les revenus écrasent ceux des studios traditionnels. Le dirigeant suggère également des synergies futures entre CNN et CBS News, bien que le devenir exact de l’information reste flou.

Les défis réglementaires et l’avenir des salles obscures

Le chemin vers la finalisation de la transaction reste parsemé d’embûches. Rob Bonta, le procureur général de Californie, avertit immédiatement que l’acquisition n’est pas encore un fait accompli. Il promet un examen rigoureux pour garantir le respect des règles de la concurrence. En parallèle, des organisations de défense de la liberté de la presse s’inquiètent de la concentration des médias. Ils craignent que la famille Ellison ne transforme des piliers de l’information en outils d’influence politique sous la pression de l’administration actuelle.

Le secteur cinématographique observe lui aussi la situation avec une méfiance manifeste. Si David Ellison se présente comme un protecteur du grand écran, promettant de sortir plus de 30 films par an, les experts doutent de la faisabilité d’un tel volume. Ils rappellent que la fusion de Disney et Fox a entraîné une baisse significative de la production globale. Les exploitants de salles redoutent que ce nouveau géant ne finisse par raccourcir les délais de diffusion exclusive au profit de ses services numériques. David Zaslav précise que le processus de validation prendra entre six et dix-huit mois. En cas d’échec devant les régulateurs, Paramount devra verser une indemnité de rupture de 7 milliards de dollars à Warner Bros. Discovery.

La discipline financière comme mot d’ordre chez Netflix

Variety rapporte qu’au sein des bureaux de Netflix à Hollywood, la nouvelle du retrait a provoqué une onde de surprise, certains employés laissant échapper des exclamations de stupéfaction dans les bureaux. Pourtant, l’amertume ne semble pas dominer les discussions. Si une partie des équipes regrette de ne pas pouvoir accéder au catalogue de Warner Bros pour booster la production originale, une forme de soulagement prévaut. Plusieurs sources internes indiquent que le personnel salue la discipline financière de la direction, qui refuse de s’engager dans une surenchère jugée déraisonnable.

L’abandon du projet dissipe également les doutes techniques et organisationnels qui planaient sur la cohabitation entre Netflix et HBO. Un employé ironise d’ailleurs sur la fin des spéculations concernant la hiérarchie future des dirigeants créatifs. En choisissant de ne pas s’aligner sur les 111 milliards de dollars de Paramount, le pionnier du streaming préfère préserver sa rentabilité actuelle plutôt que de s’alourdir d’une dette conséquente. Cette décision stratégique marque la fin d’une ambition d’expansion immédiate, mais confirme la volonté de l’entreprise de ne pas sacrifier son modèle économique pour une simple course à la taille.

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La Rédaction
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