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Les Cowboys : La cavalerie tire à blanc

Les Cowboys est le premier film de Thomas Bidegain (le scénariste de Jaques Audiard) avec François Damiens et Finnegan Oldfield.

A toute fin utile il est précisé que la critique a été rédigée avant les attentats du 13 novembre.

Dans l’Est de la France, une famille passe ses weekends déguisée en cow-boys sur une foire country. Ça chante, ça danse, ça joue du banjo et ça mange des saucisses. Lors de l’un de ces rassemblements, Kelly, la fille et aînée de la famille, disparaît. Dès lors, Alain, le patriarche, ne vit plus que par son obsession : retrouver Kelly. Sous le poids de l’entêtement d’Alain, la cellule familiale explose.

Foutrement ambitieux, Les Cowboys s’attaque à un sujet d’actualité avant qu’il ne soit devenu l’hystérie collective qu’il est aujourd’hui : les fugues de jeunes adolescent pour le Djihad. Voulu comme une gigantesque fresque, Les Cowboys retrace presque vingt ans de traque désespérée, d’abord menée par le père puis par le fils.
Ainsi, le film débute en 1994, bien avant que les médias ne s’emparent de la problématique pour la transformer en épouvantail médiatique. Petit à petit, le scénario va montrer la recherche de Kelly, l’incompréhension des parents et l’incapacité à agir (et comprendre) des pouvoirs publics. Le tout en utilisant comme toile de fond les événements médiatiques marquants de la montée de l’islamisme (des flash info sur les différents attentats).

L’ambition est d’explorer les racines du mal, de comprendre l’émergence du sujet, et d’en explorer les conséquence sur notre société sans jamais oublier de replacer le contexte politique. Pour faire passer la pilule de ce matériau excessivement riche et délicat, le réalisateur de Les Cowboys se targue d’avoir utilisé la métaphore du cow-boys et des indiens. Il revendique même avoir fait un film de genre ; un western donc.
Malheureusement, à trop tenter d’intellectualiser son sujet, à trop vouloir rester poli, l’histoire s’étire en longueur jusqu’à en être insipide. Les personnages sont esquissés par des phrases expéditives, la métaphore est illisible et les codes du cinéma de genre sont brumeux (l’utilisation du cinémascope ne suffit pas à faire un western). Alors que le film se déroule, on sent l’auteur-réalisateur dépassé par son sujet alors que l’objet cinématographique est un peu laissé à l’abandon. Si l’histoire à un intérêt documentaire, ses personnages et sa mise en image sont complètement écrasés par le manque de prise de position. Rien n’élève le débat et le film stagne entre deux eaux, entre des enjeux sociétaux forts portés par un sujet délicat et des protagonistes prolétaires qui semblent bien timides dans leurs opinions.

C’est fort dommage, car après avoir entendu parler le réalisateur, il est clair qu’il est passionné par son sujet et qu’il avait beaucoup de choses à dire sur la question. Seulement voilà, un film qui nécessite une explication de son créateur pour être apprécié est un aveu d’échec.

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Colin
Colin
Chroniqueur graphique névrosé, passionné de cinéma de bourrinage vidéo-ludique et de Russ Meyer.

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