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Birdman, c’est le film évènement, celui qui veut tellement désespérément faire parler de lui qu’il se prend les pieds dans le tapis rouge et s’encastre les chicots directement dans les marches en marbre d’un quelconque palais des festivals.

Avant tout, Birdman c’est l’esbroufe d’une prouesse technique : un plan séquence de presque deux heures.
– Wow ! Et sinon ça parle de quoi ?
– D’un plan séquence de presque deux heures.

Le film d’Alejandro González Iñárritu est rendu insipide par son envie d’impressionner : son plan séquence de presque deux heures, ses acteurs fantastiques, son huis clos suffocant, sa bande son lobotomisante (qui contient plus de batterie que celle de Whiplash !). Tout est tellement irréprochable, que le liant – le film en lui même – s’effondre aussi sec, la faute à un propos autocentré. Imaginez de délicieux croutons gratinés au fromage, flottants dans une bouillie insipide qui n’a de soupe à l’oignon que le nom (pour nos amis du sud, ça marche aussi avec la soupe de poisson).

Birdman traite de la crise existentielle d’un acteur à succès vieillissant, qui crève d’être reconnu pour ses qualités d’artistes. Un sujet incestueux donc, qui s’adresse à son petit milieu de pauvres acteurs bourrés de fric qui cherchent encore un sens à la vie.

Si vous avez l’œil d’un technicien, vous saurez apprécier les prouesses et le savoir faire mis en œuvre tout en occultant l’absence d’intérêt de l’exercice. Sinon : soupe aux croutons ! Ce n’est pas désagréable, ça n’a juste aucun goût.

Colin-Birdman-le-pigeon-cest-le-spectateur

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