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Eklecty-City.fr consacre ce nouveau numéro de Dailymotion Le Talent au Quotidien à Thomas Lesourd un jeune réalisateur passionné par le fantastique mythologique, auteur de nombreux courts-métrages primés, nous lui devons également la web-série déjantée Double Rainbow Origins. Rencontre avec un vrai passionné qui nous annonce une belle exclusivité…

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Bonjour Thomas, dans le cas où il y aurait des internautes ignorant ton actualité présente toi en quelques mots et rappelle-nous ton parcours?

Thomas : J’ai eu un début de vie un peu étrange, parce que mes parents, suite a d’énormes problèmes financiers, se sont retrouvés à arpenter les routes pour vendre des livres de collection. Ça a les a amené très vite à me donner des cours par correspondance. Dès la fin du CP, en fait.

Fils unique, j’ai passé pas mal d’heures sur la banquette arrière d’une voiture, à me raconter des histoires en regardant par la fenêtres. J’imagine que je n’ai jamais vraiment arrêté.

J’ai commencé à voler le caméscope 8 de ma tante pour fabriquer des mini-films dès 11/12 ans. Sachant que ma passion première est pour les récits mythologiques, les contes de fées, la science fiction. Le cinéma est venu à moi comme le moyen le plus intéressant pour moi de raconter ces histoires. Mais il faut donc comprendre qu’entre réaliser un film réaliste et écrire une bande dessinée de fantasy, je choisirais forcément la deuxième option.

Je ne me sentais pas spécialement attaché au cinéma, donc, et j’ai fait mes études aux beaux-arts, que je trouve être une formation plus riche pour un réalisateur. Ça ouvre le champ des influences et permet de placer son travail en perspective avec l’histoire de tous les courants de création.

Culturellement parlant, ça a amené des influences beaucoup plus folles, puisque pendant que mes camarades cinéphiles étudiaient des séquences de Lawrence d’Arabie ou des 400 coups – un travail que n’importe quel cinéphile devrait faire AVANT d’arriver dans une école de cinoche – les profs nous faisaient découvrir « Santa Sangre » de Jodorowski, des pornos conceptuels, des films hardcores de cyberpunk Japonais underground …

Ça m’a aussi permis de pratiquer autant la sculpture que le dessin, la photo, les performances, les installations … Quand je pense un cadre, par exemple, je pense beaucoup plus aux conseils de construction de l’image de ma prof de dessin qu’à des influences d’autres cinéastes, par exemple.

Et l’école disposant d’un très bon matos vidéo pour l’époque et que j’étais un des seuls vidéastes de ma promo, j’ai eu la possibilité de travailler sur des films quasiment 7 jours sur 7 alors que c’était encore difficile à l’époque de sortir une caméra pour deux jours d’une école comme l’Esra, par exemple. Je cite l’Esra parce qu’à l’époque, deux amis l’avaient quittée pour me rejoindre aux beaux-arts en me disant « Parce que vous, au moins, vous pouvez faire des films ».

Qu’est ce qui t’a donné ta vocation ?

Thomas : Des films comme Dark Crystal, Star Wars, Indiana Jones, Le choc des titans … Tous découverts chez un ami de mes parents qui possédait cet objet magique appelé « Magnétoscope ».

J’étais vraiment tombé amoureux des livres qui racontaient les mythologies Grecques et Viking qui trainaient dans les collections de mon père. Et ces films m’ont montré ces figures mythologiques en chair et en os. Ça m’a complètement fasciné, et quand j’ai appris qu’un des créateurs de Dark Crystal était le même qui faisait le Muppet Show, et que l’autre « interprétait » Yoda, j’ai tout de suite pensé que c’est ça que je voulais faire plus tard.

Dès l’âge de 9, 10 ans, donc …

Je voulais faire avant tout des « effets spéciaux », comme on les entendait à l’époque. faire partie de ces gens qui passaient des heures dans des hangars à construire des X-Wings, bouger des Cyclopes en image par image, mouler des Aliens en latex.
Puis ça a évolué jusqu’à 15/16 ans, où je me suis retrouvé éberlué devant un plan séquence de Sam Raimi dans Mort ou Vif. C’est la première fois que je remarquais l’impact d’un mouvement de caméra sur l’intensité d’une scène. J’ai trouvé ça génial et ça m’a obsédé encore plus que les monstres en latex.

Je me suis dit que donc, réalisateur avec des films de monstres c’était le plus beau métier du monde …

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Thomas : J’ai eu l’énorme chance d’avoir des parents ainsi que des oncles et tantes très très ouverts à la culture et qui m’ont toujours soutenu, et, le mot est faire, se battre pour m’aider.

Quelle sont tes sources d’inspiration ?

Thomas : C’est difficile, dans un monde où les sources d’inspirations sont de plus en plus nombreuses … Littérature, Cinéma, Bande dessinée, jeu vidéo …

Comme je le disais plus haut, j’aime avant tout le fantastique mythologique, ansi que la sensation que, peu importe le médium utilisé, on soit créatif avec.

Mes films de chevet sont donc à la fois issus d’Hollywood, avec Dark Crystal, Star Wars, à peu près tous les Spielberg et Cameron. Et du côté « Indé », beaucoup de films d’horreurs, évidemment. Comme les premiers Peter Jackson ou Sam Raimi.

Malheureusement, je trouve le cinéma de genre de ces dernières années beaucoup moins créatif. Les films d’horreurs tournent en boucle avec des succédanés de Blair Witch et des « films de couloirs » tous calqués sur Insidious

J’avoue que les dernières œuvres qui m’ont emballé se trouvent plutôt du côté du jeu vidéo. Un medium en plein âge d’or qui a accouché de véritables chefs d’œuvres dernièrement avec des Bioshock Infinite, Last of Us, Limbo, Journey

Quelle est ta première expérience de tournage ? Comment cela s’est passé ?

Thomas : A 11/12 ans avec mes petits cousins dans la maison de ma grand-mère … Ça ressemble à une blague mais je n’ai pas arrêté de faire des films depuis et même dans de « vraies » conditions de prod, le jeu reste le même : Raconter son histoire avec les moyens mis à dispositions.

Quel a été ton meilleur moment de réalisation ? Le pire ?

Thomas : L’année dernière j’ai enfin pu réaliser un court-métrage réellement produit pour la première fois « Le Point Godwin« . C’est dans le cadre d’un échange de réalisateurs entre la France et le Québec organisé par le festival Off-Courts que j’ai pu le faire et c’est la première fois que je me trouvais délesté du stress de l’organisation, de la technique et de la production. C’est un confort auquel on s’habituerait vite…

Le pire ? Je ne sais vraiment pas. Mes tournages sont parfaits, je n’ai jamais de problèmes. na !

Quelles sont, dans tes vidéos, celles qui te semblent les plus intéressantes, qui te tiennent le plus à cœur, et pourquoi ?

Thomas : Chacun des épisodes de « Double Rainbow Origins« . Sans aucun doute. C’est la chose que j’ai faite qui a été la plus diffusé, la plus aimée. Grâce à qui je reçoit encore des images d’arcs en ciel et de licornes tous les jours sur Facebook…

Un mot sur ton actualité ? Tes projets en cours ?

Thomas : Justement. En dehors des inévitables « projets en écriture pour des boîtes de prods » qui n’aboutissent jamais, je me suis replongé dans l’univers de Double Rainbow et je suis en plein tournage de « Double Rainbow Infinite« , qui fait suite à la précédente série tout en restant visible de façon indépendante.

J’essaye de pousser le bouchon vraiment trop loin avec celle-ci. D’explorer à nouveau la veine « cartoon live » et ce grand mélange geek/pop en tirant l’univers du côté de l’heroïc fantasy et du récit mythologique …
Il y aura encore des licornes, des arcs en ciels, des dragons, des dinosaures, des voyages dans le temps et des batailles spéciales. Ça sera politiquement incorrect, très gore et très sexuel.

Je réalise ça dans les locaux du Studio-Off, à Trouville. On a vraiment aucun budget, mais on joue avec l’outil de création mis en place par le festival Off-Courts, qui me permet de loger toute l’équipe et de travailler avec une totale liberté. Ainsi qu’avec les plus luxueux des avantages : le temps et la confiance.

Je regroupe toute la petite famille de la première série et on essaye de réaliser un gigantesque feu d’artifice de tout ce qui nous manque dans le cinéma contemporain.Tout en se faisant plaisir.

Quelles vidéos affectionnes-tu sur Dailymotion ? A quel autre Motionmaker souhaiterais-tu voir poser ces questions ?

Thomas : Guillaume Pierret. Un des rares types à faire du vrai film d’action en france sans que ça ressemble à du fan-film débile ou de la beauferie organisée à la Besson. Un talent rare et précieux en France.

Et ça change des web-series faussement parodiques sur des chômeurs ou des blogueurs vidéos à la con avec leurs mauvais sketch face caméra.

Que voudrais-tu dire à tous tes fans et aux prochains ?

Thomas : Amour, paix et fellations.

Pour terminer, quelle question aurais-tu souhaité que l’on te pose et qu’aurais-tu répondu ?

Thomas : Aucune, je déteste les questions.

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Propos recueillis par Thomas O. pour Eklecty-City.fr qui remercient Thomas Lesourd de s’être prêté au jeu d’une interview.

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