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Highlander : Les piliers du lore que le reboot avec Henry Cavill doit impérativement s’approprier

Henry Cavill incarne Connor MacLeod dans le reboot d’Highlander. Découvrez les piliers du lore que le film doit impérativement intégrer pour réussir.

Le monde du cinéma retient son souffle alors que les caméras tournent actuellement sous le ciel de Londres pour le reboot de Highlander. Depuis son apparition fracassante sur les écrans durant la décennie quatre-vingt, le guerrier écossais Connor MacLeod hante l’imaginaire collectif avec ses duels nocturnes et son destin tragique. Pourtant, malgré une base de fidèles immense, la licence a traversé un long désert marqué par des tentatives de suites désastreuses qui ont presque effacé le souvenir du premier choc de 1986.

L’annonce d’une réinvention totale pour l’année 2027, portée par une star de l’envergure de Henry Cavill, impose donc une condition de réussite non négociable : le respect absolu de l’ADN qui a construit cette mythologie.

De John Wick à Connor Macleod

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La franchise entame une nouvelle ère avec le réalisateur Chad Stahelski (John Wick) derrière la caméra. Ce dernier ne cache pas son ambition de réparer les erreurs passées après quarante années de trajectoires chaotiques. Le public garde en mémoire la puissance visuelle originale, mais il se souvient aussi des dérives incohérentes qui ont failli achever le mythe. Heureusement, la télévision a maintenu la flamme durant six saisons grâce aux aventures de Duncan MacLeod en apportant des concepts fondamentaux.

Ce futur long-métrage doit donc impérativement piocher dans le meilleur de ces deux mondes pour reconstruire une base solide. Le cinéaste de John Wick affirme d’ailleurs sa volonté de traiter ce redémarrage comme une grande fresque épique en s’appuyant sur les piliers du lore accumulé depuis des décennies.

Dans son entretien accordé à Collider en 2017, Chad Stahelski expliquait déjà sa vision globale :

« Si vous revoyez le Highlander original, que la qualité tienne ou non, ou que le processus de fabrication tienne ou non, il y a des choses dans ce film au-delà des plans et de l’éclairage, il y a une mythologie là, pour une raison quelconque, elle nous accroche. Nous aimons ce monde. Tout le monde aime le royaume des immortels. Tout le monde aime le code — Il ne peut en rester qu’un. »

Cette déclaration confirme que le réalisateur saisit l’attrait viscéral de cet univers. Il ne veut pas seulement refaire un film d’action, mais il souhaite bâtir un socle narratif capable de s’étendre sur une trilogie complète.

L’essence de Connor MacLeod

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Le personnage de Connor MacLeod représente le cœur battant de cette épopée. Né dans les Highlands au début du XVe siècle, ce forgeron écossais découvre sa nature après une blessure mortelle sur le champ de bataille. Le script original de Gregory Widen, bien plus sombre que la version finale de 1986, soulignait la détresse de cet homme rejeté par les siens. Dans ce premier jet, Connor ne se faisait pas chasser, mais il choisissait l’exil face à l’effroi de ses proches.

Le reboot doit absolument retrouver cette profondeur psychologique. Être immortel ne constitue pas un super-pouvoir, mais une condamnation à voir ses enfants vieillir et mourir. L’idée que les immortels puissent procréer, présente dans les premières versions du scénario avant d’être supprimée, ajoutait une dimension tragique supplémentaire. Connor y voyait sa descendance s’éteindre alors qu’il conservait son visage de jeune homme.

Henry Cavill devra porter ce fardeau sur ses épaules. Le film doit montrer comment ce guerrier traverse les époques en changeant d’identité, comme lorsqu’il devenait Richard Taupin dans le manuscrit initial. La réussite du reboot dépend de cette capacité à dépeindre la solitude d’un homme qui survit aux siècles sans jamais pouvoir s’attacher. Le spectateur a besoin de ressentir cette douleur physique et mentale lors de chaque duel.

Chad Stahelski insiste sur ce point en comparant sa structure à celle de Star Wars. Il désire présenter un premier chapitre satisfaisant, mais qui laisse la porte ouverte à une exploration plus vaste des époques traversées par le Highlander. Cette approche permet de donner du sens à ses origines écossaises tout en préparant le Rassemblement final à New York.

L’intégration des Guetteurs

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Le retour de la licence au cinéma marque un changement historique : l’arrivée officielle des Guetteurs sur grand écran. Ces personnages n’existaient pas dans le premier film. La série télévisée les a introduits dès sa deuxième saison pour enrichir l’univers. Ces mortels appartiennent à une organisation secrète qui surveille les immortels depuis des millénaires. Ils notent chaque combat et chaque décapitation dans des chroniques cachées, sans jamais intervenir dans les duels.

L’ajout de Jeremy Irons pour diriger cette confrérie dans le reboot prouve que la production mise sur cet élément pour structurer le récit. Les Guetteurs transforment une simple traque entre guerriers en une conspiration mondiale qui traverse l’histoire de l’humanité.

Le réalisateur puise ici dans la force du format télévisuel pour densifier son film. Dans l’interview de 2017, il précisait :

« Je pense que la série télévisée a touché à beaucoup de choses géniales qui n’étaient pas dans le film, entre les Guetteurs et tous les différents types d’immortels. Comment faire passer cela dans un mode long-métrage avant de le diffuser dans le monde de la télévision ? Eh bien, restructurons-le par parties, regardons-le comme s’il s’agissait d’une émission de télévision, regardons-le comme s’il s’agissait d’une trilogie haut de gamme. »

Cette méthode assure une cohérence qui manquait cruellement aux suites précédentes. En installant ces gardiens du secret dès le début, le film gagne une épaisseur narrative et permet d’expliquer pourquoi ces combattants éternels parviennent à rester dissimulés aux yeux du monde moderne.

L’héritage de Queen

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Le reboot de 2027 ne peut pas faire l’impasse sur l’identité musicale qui a forgé le succès de 1986. À l’époque, le groupe Queen a transformé une simple commande en un opéra rock démesuré. Brian May a composé la ballade « Who Wants to Live Forever » dans l’urgence, après avoir vu les images de la mort de Heather, la première femme de Connor. Cette musique capture la tristesse infinie de l’immortel condamné à survivre à ses amours.

Freddie Mercury a également marqué les esprits avec « Princes of the Universe« , un morceau percutant qui servait de cri de guerre aux combattants éternels. Chad Stahelski refuse catégoriquement d’imaginer un film sans cette essence sonore. Il avait déjà entamé des discussions avec son compositeur habituel, Tyler Bates, pour transposer cette magie dans le cinéma contemporain.

Le réalisateur exprime son attachement à cette atmosphère unique lors de son entretien avec Collider :

« Vous devez inclure l’essence de Queen. Le ton du premier film a juste frappé à ce bord bizarre de clip vidéo dans les années 80 qui avait Queen et, pour une raison quelconque, Queen correspond parfaitement. Je ne pense pas que vous puissiez faire Highlander et ramener ce genre de ton avec le monde mythologique et le prendre trop au sérieux. Je ne peux pas voir Highlander sans Queen, sans le centre de Queen, sans avoir Freddie Mercury, Prince of the Universe, et tout ce truc. Je ne peux pas imaginer le film dans ma tête sans cela. »

Cette fidélité sonore garantit le respect des fans tout en installant une ambiance épique que seul le rock symphonique peut soutenir durant les duels au sabre.

Bonny Portmore, l’appel des racines écossaises

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Au-delà des hymnes rock de Queen, une autre mélodie hante la mémoire des spectateurs : « Bonny Portmore« . Cette chanson traditionnelle irlandaise ne parle pas de guerre, mais de la destruction de la nature. Elle déplore la chute du grand chêne de Portmore en 1760, un arbre ornemental abattu par une tempête avant d’être débité pour la construction navale. L’artiste canadienne Loreena McKennitt a popularisé ce titre sur son album « The Visit » en 1991, avant que la production de Highlander III ne l’utilise pour illustrer le retour de Connor MacLeod en Écosse. Ce chant mélancolique symbolise le lien indéfectible du héros avec sa terre natale et son passé perdu.

Le reboot doit absolument réintégrer cette dimension celtique pour ancrer le personnage de Connor dans une réalité historique tangible. « Bonny Portmore » a traversé toute la franchise, puisqu’elle revient également dans la série télévisée avec une interprétation de Laura Creamer lors de l’épisode « Retour aux sources » en 1995. On entend de nouveau ces accords lors du final de la sixième saison pour marquer la fin du voyage de Duncan MacLeod.

Utiliser cette musique dans le nouveau film permet de créer un pont émotionnel entre les différentes générations de fans. Elle rappelle que derrière le guerrier se cache un homme qui pleure un monde disparu, un thème central que Chad Stahelski souhaite explorer en profondeur pour donner du relief à son protagoniste.

Le duel et le Quickening

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Le renouveau de la franchise passe également par une réinvention des combats à l’épée. Le réalisateur de John Wick possède une expertise reconnue dans la chorégraphie d’action, et il compte bien appliquer son style au maniement du katana et de l’épée large. Dans le film original, le « Quickening » représentait ce transfert d’énergie spectaculaire après une décapitation, une explosion de lumière et de puissance qui lie le vainqueur à son adversaire. Le reboot doit conserver cet aspect visuel tout en le rendant plus viscéral. Stahelski ne veut pas d’une violence gratuite, mais il cherche une esthétique cool et unique qui sidérera le public moderne, loin des duels statiques du passé.

Chad Stahelski compare son approche des cascades à son travail sur ses précédentes productions :

« Ce que nous avons fait avec Wick, vous ne pouvez pas tuer 80 personnes pour un chiot et vous prendre au sérieux. Nous devons faire savoir au public que nous nous amusons et qu’il y a un monde ici. Ainsi, je pense que l’action est – du moins ce qui est dans ma tête – va tomber sur une ligne, c’est certain. Nous voulons concevoir ce que nous pensons être esthétiquement cool, et jusqu’à présent, je n’ai rencontré aucune résistance, ils disent : ‘Écoutez, quoi que vous ayez fait avec John Wick avec les trucs de flingues, nous voulons que vous essayiez de le faire avec les trucs d’épées.’ »

Cette volonté de transformer l’escrime cinématographique assure que le film de 2027 ne sera pas une simple copie, mais une évolution technique capable de redéfinir le genre de la fantasy urbaine pour les décennies à venir.

Le Kurgan

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La réussite de ce nouveau départ repose sur la stature de l’adversaire. Dave Bautista reprend le rôle du Kurgan, cette force brute qui a marqué les esprits en 1986. À l’origine, le manuscrit de Gregory Widen décrivait ce tueur comme un « Chevalier » froid et méthodique nommé Carl William Smith. C’est l’interprétation de Clancy Brown qui a transformé ce guerrier des steppes en une icône punk sardonique. Le reboot de 2027 semble s’orienter vers une réinvention encore plus vicieuse. Des clichés récents du tournage à l’abbaye de Westminster montrent Bautista vêtu d’une soutane, arborant une barbe fournie et des cheveux longs. Cette version suggère un prédateur dissimulé derrière un statut religieux pour mieux traquer ses proies.

L’utilisation d’un tel camouflage permettrait au Kurgan de jouer avec la règle la plus stricte du monde des immortels : l’interdiction formelle de combattre en Terre Sainte. La tradition veut que tout affrontement dans un sanctuaire provoque des catastrophes naturelles d’une ampleur biblique, à l’image de la destruction de Pompéi. En s’établissant au cœur d’édifices religieux, ce nouveau Kurgan crée une zone de protection où il devient intouchable. Cette stratégie machiavélique forcerait Connor MacLeod à une prudence extrême, car le bris des armes ou des éclairs vengeurs punissent immédiatement ceux qui dégainent l’acier dans un lieu sacré.

Le réalisateur Chad Stahelski souhaite que ces affrontements dépassent le cadre de l’action. Il veut que chaque coup d’épée raconte l’histoire de ces combattants. En intégrant des personnages comme Sunda Kastagir, l’immortel africain et ami de Connor, le film étoffe le réseau de ces êtres éternels avant le choc final. Le public doit comprendre que le Rassemblement ne constitue pas une simple règle, mais un événement inéluctable qui pousse ces guerriers à s’entretuer malgré leurs siècles d’existence.

Cette tension permanente définit l’ADN de la franchise. Son intégration minutieuse garantit une immersion totale pour les spectateurs, qu’ils soient néophytes ou fidèles de la première heure.

Pour l’éternité

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Le défi de Chad Stahelski consiste à réconcilier quarante ans d’une mythologie malmenée par des suites incohérentes. En s’appuyant sur la richesse de la série télévisée et la puissance visuelle du premier long-métrage, ce reboot possède toutes les cartes en main pour devenir la nouvelle référence du genre. Le cinéaste de John Wick ne se contente pas de filmer des duels ; il reconstruit un univers où le temps n’a pas de prise, porté par les accords de Queen et la mélancolie de Bonny Portmore. Si le film respecte cette alchimie entre tristesse historique et action nerveuse, le nom de MacLeod résonnera de nouveau avec force dans les salles obscures.

Au-delà de la technique, la réussite de cette résurrection passe aussi par le respect de ceux qui ont incarné le mythe. Les fidèles espèrent ainsi que la production organisera des apparitions clin d’œil pour Christophe Lambert et Adrian Paul. Voir les anciens visages de Connor et Duncan MacLeod validerait symboliquement le passage de flambeau vers Henry Cavill.

L’interview de 2017 avec Collider laissait déjà entrevoir cette passion dévorante pour ce travail de reconstruction : « Nous ne voulons pas être sanglants pour le plaisir d’être sanglants, et je ne veux pas être propre pour le plaisir d’être propre. Nous ne cherchons pas à toucher les quatre coins, nous voulons faire un grand mythe urbain qui traverse le temps, et nous verrons où cela atterrira. »

Cette quête d’excellence et de respect laisse espérer le meilleur pour le reboot. Car au final, après tant d’errances narratives, le public ne réclame qu’une seule chose : qu’il n’en reste qu’un, et que ce soit le bon.

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Thomas
Thomas
Rédacteur en chef et chroniqueur anti-protocolaire. Enfant des années 80's / 90’s biberonné à la Pop Culture. Ancien administrateur et rédacteur des sites et forums francophones dédiés à l'univers de Metal Gear.

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