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Surveillance numérique : entre recul sur les VPN et nouvelles pressions sur le chiffrement

Le gouvernement ajuste son discours sur les VPN, mais les rumeurs sur le modèle australien et les messageries chiffrées inquiètent.

Un engrenage sécuritaire en mouvement

L’Assemblée nationale a validé l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de quinze ans le 26 janvier 2026. Cette décision marque le point de départ d’une mutation profonde de l’espace numérique national. Le pouvoir justifie ces mesures par la nécessité de protéger la jeunesse contre le harcèlement et les addictions algorithmiques. Cependant, cette ambition initiale s’accompagne désormais de réflexions sur un encadrement plus strict des outils de confidentialité.

L’application réelle de cette loi impose un basculement vers une identification systématique de chaque citoyen. Pour filtrer les mineurs, les plateformes devront exiger des preuves d’identité ou des données biométriques à l’ensemble des utilisateurs. La fin de l’anonymat expose ainsi la population à des fuites de données régaliennes irréversibles.

Les autorités cherchent à limiter les outils de contournement pour garantir l’efficacité de la majorité numérique. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a désigné les réseaux privés virtuels (VPN) comme une priorité de régulation. Cette stratégie provoque une vive inquiétude chez les défenseurs des libertés individuelles. Ils redoutent la mise en place d’une infrastructure de surveillance qui fragilise l’anonymat de chaque utilisateur.

Le rétropédalage tactique sur les VPN

La sortie médiatique de la ministre sur France Info a déclenché une vague de protestations au sein de la communauté technologique. Face à cette réaction, le gouvernement opère un ajustement de sa communication. Des services de l’exécutif indiquent désormais à BFMTV que l’État ne prévoit aucune interdiction des VPN. Les services officiels admettent l’utilité de ces dispositifs pour des usages professionnels ou sécuritaires légitimes.

Ce revirement semble toutefois masquer une intention persistante de contrôle ciblé. Le pouvoir souhaite entraver l’accès à ces logiciels pour les seuls mineurs afin d’empêcher l’évasion numérique. Cette distinction technique s’avère complexe à mettre en œuvre sans impacter les adultes. La méfiance demeure, car les autorités maintiennent leur volonté de réguler les points d’entrée du réseau mondial.

La menace de l’accès privilégié aux messages privés

Au-delà des VPN, une nouvelle zone de turbulence apparaît autour des messageries chiffrées. Le journal Le Canard enchaîné révèle que le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, souhaite obtenir un accès spécifique aux plateformes de communication sécurisées. Cette volonté vise à permettre aux services de renseignement de lire les échanges protégés par le chiffrement de bout en bout. Matignon semble privilégier cette option pour renforcer la sécurité nationale, malgré les risques majeurs pour la confidentialité des citoyens.

Cette orientation française s’oppose frontalement aux principes défendus par l’Union européenne. Les experts en cybersécurité alertent sur la dangerosité d’un tel dispositif. En créant une porte d’entrée pour les autorités, l’État affaiblit la structure même de la sécurité en ligne. Une faille volontairement intégrée pour la police pourrait être exploitée par des acteurs malveillants ou des puissances étrangères. Cette ambition transforme une protection technologique en une vulnérabilité critique pour tous les internautes français.

L’ombre du modèle australien sur la recherche web

Dans les cercles technologiques, un bruit de couloir persistant suggère que le gouvernement observe avec attention les expérimentations étrangères. L’Australie suscite un intérêt particulier avec la mise en place de codes de conduite radicaux sous l’impulsion de sa commissaire à la sécurité en ligne. Le journal The Guardian rapporte que ce pays impose désormais des mesures de vérification d’âge pour les comptes connectés sur les moteurs de recherche. Josh Taylor, journaliste spécialisé, souligne que : « En Australie, il se pourrait bientôt que tout, des moteurs de recherche aux sites de réseaux sociaux, en passant par les boutiques d’applications et les chatbots d’IA, doive connaître votre âge. »

Cette approche restreint l’accès aux résultats de recherche sans filtre pour les utilisateurs non identifiés. Pour obtenir une information totale, le système exige une preuve de majorité, souvent via une pièce d’identité ou une estimation faciale. Cette dérive inquiète les spécialistes de la vie privée. Justin Warren, fondateur de la société d’analyse PivotNine, exprime son scepticisme dans les colonnes du quotidien britannique : « Cela ressemble à une réaction excessive massive après des années d’inaction politique pour limiter le pouvoir d’une poignée de grandes entreprises technologiques étrangères. »

Il ajoute avec amertume : « Le fait que cela donne encore plus de pouvoir et de contrôle sur la vie en ligne des Australiens à ces mêmes entreprises technologiques étrangères est d’une ironie tragique. »

Si aucune déclaration officielle ne confirme cette intention en France, la surveillance de ce modèle par Paris alimente la crainte d’une identification obligatoire pour s’informer librement sur internet.

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La Rédaction
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