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Vers une interdiction des VPN en France : la fin de l’Internet libre ?

La ministre Anne Le Hénanff cible les VPN pour durcir le contrôle du Web. Cette mesure menace la vie privée et la liberté de chaque citoyen.

Un nouveau front contre l’anonymat

L’Assemblée nationale a adopté le texte sur la majorité numérique le 26 janvier 2026, instaurant une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de quinze ans. Pour garantir l’efficacité de cette mesure, le gouvernement s’attaque désormais aux outils qui permettent de contourner ces restrictions territoriales. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, place les réseaux privés virtuels (VPN) au sommet de ses priorités législatives. Lors d’une intervention sur France Info, elle a affirmé avec assurance que ces dispositifs constituent le prochain sujet de sa liste de régulation.

Cette déclaration provoque une vive inquiétude au sein de la communauté technologique et des défenseurs des libertés publiques. Le pouvoir exécutif cherche à transformer la frontière numérique en une barrière infranchissable, craignant que les adolescents ne masquent leur position pour échapper à la loi. En visant les VPN, la ministre ne cible plus seulement la jeunesse, mais engage une action qui impacte l’ensemble de la population française. Cette stratégie déplace le curseur de la protection de l’enfance vers une forme de surveillance étatique généralisée.

Le précédent britannique comme boussole

La France s’inspire directement des mesures radicales prises par le Royaume-Uni pour verrouiller son espace numérique. Le 21 janvier 2026, la Chambre des lords a validé un amendement interdisant l’usage des VPN pour contourner les contrôles d’âge prévus par l’Online Safety Act. Cette décision a provoqué une réaction immédiate des citoyens britanniques, entraînant une explosion des souscriptions à des services de protection de la vie privée. Les entreprises du secteur ont enregistré des hausses de fréquentation dépassant parfois les mille pour cent en quelques heures seulement.

Malgré cette résistance populaire, le gouvernement français semble déterminé à suivre cette voie restrictive. Les autorités observent la capacité de Londres à contraindre les boutiques d’applications mobiles et les prestataires de services. Paris envisage de forcer les distributeurs numériques à retirer les outils de navigation anonyme de leurs catalogues pour les utilisateurs français. Ce rapprochement avec la méthode britannique marque une étape inquiétante dans l’évolution du droit numérique européen, risquant de placer la France aux côtés de nations pratiquant une censure active.

Le bras de fer entre technique et droit européen

L’État possède des leviers réels pour entraver l’usage des services de redirection, mais leur déploiement affronte des verrous juridiques solides. Le ministère peut techniquement exiger des prestataires de paiement le blocage des transactions vers les fournisseurs de VPN. Cette mesure couperait l’accès financier aux services payants, rendant leur acquisition difficile pour les citoyens. Parallèlement, les autorités disposent du pouvoir d’ordonner aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) le blocage des portails officiels distribuant ces logiciels.

Toutefois, la France évolue dans un cadre communautaire qui protège strictement la neutralité du Net et le secret des correspondances. Contrairement au Royaume-Uni, qui s’est libéré des directives européennes après le Brexit, Paris doit respecter la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. Le déploiement de l’analyse profonde des paquets (DPI) pour identifier les signatures des tunnels chiffrés constituerait une violation du droit à la vie privée. Ces méthodes transformeraient les opérateurs en auxiliaires de surveillance, une pratique que les juges européens condamnent fermement en l’absence de menace terroriste immédiate.

Londres utilise sa nouvelle souveraineté pour imposer l’Online Safety Act, une loi qui force les entreprises technologiques à une collaboration active avec le pouvoir. La France ne possède pas encore cette liberté législative et risque des sanctions lourdes si elle adopte des méthodes de contrôle similaires. En s’attaquant aux VPN, la ministre suggère une volonté de contourner ces protections continentales pour imposer une vision nationale de la sécurité. Ce projet nécessite donc une modification profonde des textes européens ou un conflit juridique ouvert avec Bruxelles pour devenir pleinement opérationnel.

Un péril pour la sécurité et l’économie

Cette offensive contre les outils de confidentialité fragilise la protection des données sensibles au sein du tissu économique national. Les entreprises utilisent quotidiennement ces technologies pour sécuriser le télétravail de leurs collaborateurs et protéger leurs secrets industriels contre les tentatives de vol d’informations. En affaiblissant la légitimité et l’accessibilité de ces dispositifs, la ministre expose les structures privées à des risques informatiques accrus. Cette politique finit de désarmer notre cybersécurité défaillante au profit d’une volonté de contrôle social immédiat, alors que l’inaction des dirigeants transforme déjà la France en une passoire numérique pour les données personnelles..

Enfin, l’émergence d’un marché noir de l’identité numérique semble inévitable face à de telles restrictions. Des réseaux clandestins proposent déjà des accès certifiés et des comptes pré-activés pour contourner les futures barrières étatiques. En cherchant à tout interdire, le législateur pousse les usagers vers des solutions plus dangereuses et moins régulées. Cette dérive autoritaire marque une rupture définitive avec l’idéal d’un Web ouvert, transformant l’Internet français en un espace cloisonné où chaque interaction nécessite désormais l’aval de l’administration.

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La Rédaction
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