MI-5 infiltration sort directement en vidéo de notre côté de la manche (l’étendue liquide qui nous sépare de la grande bretagne, donc).

La campagne marketing insiste lourdement sur la présence de Kit Harington au générique (Game of Thrones) ce qui n’est jamais une bonne nouvelle. Serait-ce le seul argument commercial pour nous fourguer un film affligeant ? La réponse après le synopsis.

Le service de renseignement britannique (MI-5) échoue lamentablement à transférer un dangereux terroriste à ses confrères américains. Cet échec intervient dans un contexte politique tendu : le MI-5 est sur la sellette et est en passe de perdre tous ses appuis politiques. L’avenir du service est fortement compromis et le scandale créé par la libération du terroriste ne fait qu’enfoncer les clous du cercueil. Harry Pearce, responsable de l’opération est donc contraint de démissionner. A peine a-t-il quitté le service qu’il disparaît mystérieusement.
Le MI-5 flaire le coup fourré et va donc faire appel à un agent déchu pour retrouver l’ancien responsable qui se rapproche dangereusement de la cellule terroriste responsable de l’évasion.

En série

Tout d’abord, je le confesse (et j’assume), je ne regarde pas Game of Thrones et ne savais donc pas qui était Kit Harington. J’ai donc vu MI-5 sans avoir le regard partial du fanboy médiéviste et dragophile. Sans être l’acteur du siècle, il fait le boulot – et plus si affinité puisqu’il a fait toutes ses cascades comme un grand – et c’est tout ce qu’on lui demande.

Écartons donc Game of Thrones qui est un argument de vente en carton, pour se pencher comme il se doit sur MI-5 Infiltration dont le titre original est en fait « Spooks : the Greater Good » (NdR : « Spooks : le bien du plus grand nombre »). Comme d’habitude, le titre original est autrement plus évocateur et pertinent, mais passons. Le film de Bharat Nalluri (réalisateur sur quelques séries british dont Spooks et Life on Mars) est ancré dans l’univers de la série du même nom, la prolongeant le temps d’un film. Produite par Kudos et diffusée par la BBC, la série Spooks a bénéficié d’un succès retentissant, lui permettant de s’étirer sur 10 saisons, pour un total de 86 épisodes d’une heures, diffusés entre 2002 et 2011.

Les amateurs de la série retrouveront donc nombre de leurs personnages, dont Sir Harry Pearce, responsable du service anti-terroriste qui traverse une mauvaise passe. Du chemin a été parcouru depuis la fin de la série, et le film en tire intelligemment parti : le héro de la série est projeté dans l’ombre et écope d’un partenaire (Kit Harington donc).

Auréolée de nombreuses récompenses britanniques, la série n’a pas eu autant de succès en France à ma connaissance. Cela expliquerait la sortie en DTV et la communication autour de la star étrangère à la série d’origine.
Pour autant, pas besoin d’avoir vu la série pour profiter de MI-5 infiltration. Les personnages et les intrigues prennent racines dans le matériau original sans y faire lourdement référence. N’ayez crainte.

MI-5, MI 5…

Les similitudes entre le film MI-5 infiltration et MI 5 dépassent largement l’acronyme commun. En effet, ils partage un goût pour les rebondissements, l’action musclé et les manipulations politiques.
Malgré sa mise en scène nerveuse et ses tentatives très britanniques de s’éloigner du manichéisme hollywoodien, MI-5 ne tient pas la comparaison, tout au moins d’un point de vue du pur divertissement. Les moyens ne seront pas les mêmes, les courses poursuites se feront donc à pieds plutôt qu’en moto en détruisant une ville entière.
Ceci étant, pour ceux d’entre vous qui ne mangent pas de pop-corn et ne lisent pas leur SMS au cinéma, vous savez que tout n’est pas dans l’outrance visuelle ni dans les stars à l’affiche. Et MI-5 tire parti de ses limites, pour s’ancrer bien solidement dans un quotidien « réaliste » d’agents du renseignement.

Conclusion prématurée

Pour conclure, parce qu’il est l’heure, MI-5 est un divertissement télévisé qui fourmille de qualités (action musclée, complots à tiroirs), mais qui souffrira de la comparaison inévitable avec les divertissements hollywoodiens du même genre. Et c’est bien dommage, car il y a là dedans une complexité intéressante, ni trop échevelée, ni trop expliquée. C’est pas du grand cinéma mais c’est fin, c’est britannique, et c’est parfait dans le canapé avec un petit thé. (Avec un sucre et un nuage de lait pour moi. Merci.)

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