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Scream : Un conflit juridique éclate autour du masque Ghostface avant la sortie du septième film

Paramount et Spyglass lancent une action contre Alterian au sujet des droits du masque Ghostface, un conflit qui surgit avant la sortie de Scream 7.

Un recours en justice à quelques semaines de la sortie

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Paramount Pictures et Spyglass Media Group ont engagé une action devant un tribunal fédéral en Californie afin de sécuriser l’exploitation de Scream 7. Les deux sociétés cherchent une décision qui empêcherait le studio d’effets spéciaux Alterian Ghost Factory de déposer une plainte liée au masque Ghostface.

Dans leur requête, les plaignants soutiennent qu’Alterian « a volontairement laissé dormir ses prétendus droits sur le masque ‘Ghostface’ utilisé dans la franchise Scream pendant trente ans ». Ils estiment aussi que la menace actuelle vise surtout à obtenir une compensation financière élevée. L’avocat Brian Wheeler, qui représente Alterian, a confirmé l’intention de son client : « Nous déposerons notre plainte plus tard dans la journée, ce qui se suffit à lui-même. »

De leur côté, les juristes de Paramount et Spyglass rejettent toute violation et demandent au juge de reconnaître la légalité de leur position avant la sortie du long métrage. Leur démarche traduit une volonté claire : éviter toute perturbation commerciale au moment où la promotion du film atteint sa phase finale.

Une stratégie jugée coercitive par les studios

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Les plaignants affirment qu’Alterian a renforcé ses exigences au fil des échanges. Selon la plainte, la société aurait menacé d’agir en justice sauf si elle recevait plusieurs millions de dollars. L’équipe juridique écrit qu’Alterian « n’a jamais établi légalement qu’elle détenait les droits sur le masque Ghostface, et elle ne pourra pas le prouver dans ce litige ». Le texte ajoute qu’une tentative de blocage « quelques semaines avant la sortie – le septième volet d’une franchise qu’Alterian a regardée se développer en silence durant trois décennies – constitue une tentative scandaleuse de faire pression » sur les studios.

Paramount considère en outre que le désaccord réel oppose Alterian à Fun World, fabricant de costumes qui commercialise le masque depuis le début des années 1990. Pour le groupe, Alterian aurait perdu toute base solide pour revendiquer la propriété après une si longue période sans action.

Une revendication tardive

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Le dossier indique qu’Alterian a revendiqué des droits en juillet 2024 via des lettres accusant Fun World d’avoir enfreint un droit d’auteur lié à ses créations. Fun World a répondu qu’elle avait confié la conception de sa gamme de masques à un sculpteur basé à Hong Kong dans le cadre d’un contrat dit « work made for hire », ce qui lui attribue la propriété.

Les studios affirment aussi avoir rappelé à Alterian que toute demande se heurte au délai légal de prescription. Une décision fédérale rendue en 2020 avait déjà conclu que Tony Gardner ne pouvait plus agir, car il connaissait les accords de licence au plus tôt en 1996 et au plus tard en 2003.

Gardner a lui-même déclaré sous serment : « Je n’ai jamais intenté d’action contre [Fun World]. Au moment où j’ai entendu parler d’eux, j’étais trop occupé par des films originaux pour me préoccuper d’un secteur que j’avais quitté. »

Pour Paramount et Spyglass, cette déclaration renforce l’idée qu’Alterian a attendu trop longtemps pour faire valoir une éventuelle propriété.

Un enjeu financier

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La plainte décrit Scream comme « l’un des films d’horreur les plus rentables jamais réalisés ». Depuis 1996, la saga a généré près d’un milliard de dollars au box-office mondial et a donné naissance à plusieurs suites ainsi qu’à une adaptation télévisée.

Les entreprises soulignent aussi que le public reconnaît aisément le masque, même sans lien direct avec la série. Cette notoriété explique pourquoi toute contestation juridique peut avoir un effet direct sur la sortie d’un nouvel épisode.

Le septième film doit arriver en salle fin février 2026 après un investissement supérieur à 100 millions de dollars pour la production et la promotion. Dans ce contexte, une incertitude sur les droits pourrait entraîner des conséquences financières lourdes.

Aux origines de Ghostface

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L’apparition de Ghostface dans Scream découle d’une découverte imprévue. Lors d’un repérage dans une maison du nord de la Californie, un membre de la production a trouvé un masque rangé dans un garage. L’objet a aussitôt retenu l’attention de Wes Craven, qui a reconnu un lien visuel avec le tableau Le Cri d’Edvard Munch.

À cette époque, le masque existait déjà sous une autre identité. Fun World le vendait au grand public sous le nom de « Peanut-Eyed Ghost ». Il s’agissait d’un accessoire produit en série pour Halloween, sans lien initial avec le cinéma. Wes Craven a voulu l’utiliser, mais la question des droits a vite posé problème. Fun World réclamait une somme que le studio Dimension ne souhaitait pas payer. Le réalisateur a alors cherché une solution alternative.

Privé du masque d’origine, Le réalisateur a chargé l’équipe KNB EFX de créer un modèle inspiré de celui qu’il convoitait. Plusieurs propositions ont vu le jour. Certaines restaient proches du design connu, mais d’autres adoptaient des formes très éloignées qui auraient modifié l’identité visuelle du tueur.

Découvrez les masques créés par le studio KNB lorsque la production de Scream n'avait pas encore les droits du modèle de chez Fun World ! 😱

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— Eklecty-City (@eklecty-city.fr) 6 février 2026 à 23:40

Lors du 25ème anniversaire de la saga, le scénariste Kevin Williamson (et réalisateur du septième film) expliquait : « Personne n’arrivait à se mettre d’accord sur un masque… Je me souviens que nous étions en repérage et que nous avons trouvé Ghostface… dans une boîte dans un garage. Nous avons demandé au propriétaire si nous pouvions l’emporter, car Wes l’a regardé et a dit : ‘C’est comme le célèbre tableau Le Cri.’ Nous avons apporté cela à la production et nous avons dit : ‘Pouvez-vous créer quelque chose… inspiré de cela et voir si vous pouvez faire quelque chose de similaire ? Ils ont dû réaliser une vingtaine de designs, et chacun a été rejeté par le studio.’ »

Face à cette impasse, l’équipe a revu sa position : « Finalement, nous nous sommes dit : ‘Pourquoi ne pas obtenir les droits de ce masque ?’ Le script indiquait qu’il s’agissait d’un masque d’Halloween vendu à bas prix… donc c’est exactement ce que nous avons trouvé. »

Fun World et Dimension ont fini par conclure un accord. Le « Peanut-Eyed Ghost » est alors devenu Ghostface, aussi appelé « Father Death » pour le costume utilisé à l’écran.

Un masque devenu une référence

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Le parcours de Ghostface rappelle celui de Michael Myers. Pour Halloween, John Carpenter et son équipe avaient transformé un masque du capitaine Kirk incarné par William Shatner dans Star Trek afin de créer un visage vide et troublant. Dans les deux cas, un objet déjà disponible a acquis une portée culturelle après son passage au cinéma.

Après l’accord initial, chaque épisode de Scream a utilisé le masque sous licence. Fun World a poursuivi sa commercialisation, et l’accessoire est devenu un produit très demandé lors des fêtes d’Halloween.

Le tribunal devra désormais déterminer si Alterian peut encore revendiquer des droits et si ses menaces reposent sur une base recevable. Une clarification rapide rassurerait les distributeurs alors que la sortie de Scream 7 approche (le 25 février dans nos salles).

Pour Paramount et Spyglass, il s’agit maintenant de garantir la sortie du film sans obstacle juridique et préserver la continuité d’une franchise très lucrative.

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La Rédaction
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