108-Rois-Démons-2014-Movie-Picture-01

Les 108 Rois-Démons est un film d’animation Franco-Luxo-Belge par le réalisateur de Corto Maltese et les producteurs de Bienvenue à Bord, Barbecue et Incognito. Faisons court, la vision du film a été suffisamment laborieuse, inutile de s’infliger une interminable critique.

Visuellement.

Les décors sont de superbes peintures sur lesquels sont incrustés des personnages sans grande personnalité. Les visages crispés et peu expressifs semblent plaqués sur des corps filmés sur fond vert. Globalement, cela ressemble à la direction artistique de Mortal Kombat. Si le plus souvent l’effet produit est peu convaincant, il lui arrive d’être beau (lorsque les corps sont silhouettés) ou plus souvent, carrément de mauvais goût. Les deux enfants qui passent leur temps à sautiller sur place ressemblent à des poupées maléfiques colériques : parfaitement anxiogène.

L’histoire.

Le scénario, librement inspiré d’une légende Chinoise, semble inutilement complexe. Cette impression est exacerbée par le nombre très élevé de fondus au noir pour lier les différentes péripéties. Les 108 Rois-Démons ressemble donc à une série animée condensée à coups de burin sur 100 minutes. Pour ne rien arranger, les personnages beaucoup trop nombreux, semblent tous sortir de nulle part les un après les autres, dans une interminable introduction.

Pour autant, le film ressasse allègrement ses péripéties. Une fois les faits accomplis ou survenus, les protagonistes les rappellent inlassablement au spectateur. Que le film s’adresse à un jeune public est une chose, qu’il le prenne pour un rassemblement d’ahuris amnésiques en est une autre…

Le canon.

Plus haut je parlais de mauvais goût – un concept brumeux difficilement justifiable, certes – mais que dire de cette scène où deux protagonistes discutent d’un canon. Il fait nuit et les personnages se tiennent chacun à un bout du canon, l’un au cul, l’autre à la gueule. L’un d’eux caresse l’arme et lance un étrange « hmm, il est encore chaud ». S’ensuit un échange surréaliste entre les deux hommes, chacun caressant la fonte…

Les dialogues.

Ce qui m’amène aux dialogues. Soit le film s’adresse à un public en cours d’apprentissage de la langue, soit il y a un sérieux problème de cohérence (et pourquoi diable faire un scénario complexe si c’est pour s’adresser au spectateur comme s’il était « un peu lent » ?). Aucun juron, pas un mot plus haut que l’autre, l’usage constant d’expressions désuètes et un humour de grande section, c’est un mode d’expression plutôt improbable pour des bandits et/ou des guerriers. Quant à clôturer le film sur une blague sur le canard laqué…

Conclusion.

Pour autant, dans la salle, certains ont applaudi le film. Vous l’aurez compris, je n’étais pas de ceux-là. Peut-être l’histoire, une fois épurée, aurait-elle pu être intéressante dans un véritable wu xia pian, mais là…

Empire de Chine. XIIème siècle.
Les Rois-Démons terrorisent tout le pays. Pour vaincre ces monstres, il faudrait avoir le courage de cent tigres, la force de mille buffles, la ruse d’autant de serpents… et une chance de pendu. Le jeune prince Duan n’a que ses illusions romanesques et de l’embonpoint. Zhang-le-Parfait n’a que son bâton de moine et tout un tas de proverbes incompréhensibles.
La petite mendiante Pei Pei n’a que son bagoût et son grand appétit.
Mais surtout, le prince Duan, le vieux moine et la petite mendiante ne savaient pas qu’il était impossible de vaincre les Rois-Démons. Alors ils l’ont fait !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.