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Le Prophète animé de poésie et de philosophie

Le Prophète est un film de Roger « le roi lion » Allers d’après l’œuvre homonyme du poète Libanais Khalil Gibran.

Publié en 1923, le Prophète est un recueil de 26 essais philosophique. Autant dire qu’adapter un tel travail était chose ambitieuse. Ainsi pour illustrer huit des poèmes originaux, la production a fait appel à neuf grands noms de l’animation mondiale pour accompagner Roger Allers.

Le prophète dépeint l’histoire d’Almitra, petite fille de huit ans muette depuis la mort de son père. Elle vit sur l’île d’Orphalese avec sa mère qui est employée à prendre soin de Mustafa, un poète dissident, prisonnier politique assigné à résidence par un régime que l’on devinera militaire et peu porté sur les libertés individuelles. Almitra va faire la rencontre de Mustafa et malgré son mutisme, l’amitié lie immédiatement le poète à la petite. Ce même jour, les gardes annonce à Mustafa qu’il est libre et l’accompagne au port où l’attend le bateau qui le ramènera chez lui. En chemin, ils rencontrent des villageois auxquels Mustafa va dispenser des enseignements philosophiques.

A chaque enseignement correspond un essai du livre original ; à chaque essai un animateur.
Sur l’Amour : Tomme Moore ; sur la Liberté : Michal Socha ; sur le Travail : Joan Gratz ; sur les Enfants : Nina Paley ; sur le Mariage : Joann Sfar ; sur le Manger et le Boire : Bill Plympton ; sur le Bien et le Mal : Mohammed Harib ; sur la Mort : Paul et Gaëtan Brizzi.

Malgré le côté anthologie de l’animation mondiale, je dois l’avouer, je suis ressorti de la séance de projection plus que dubitatif. Pourquoi ?
Tout d’abord parce que comme beaucoup d’entre vous, ma concentration n’est pas à son meilleur depuis les attentats du 13 novembre. Or, l’aspect didactique et chapitrés du film demande une certaine volonté d’adhésion de la part du spectateur – surtout quand certains des segments sont des clips musicaux hallucinés (dont l’un mis en musique par Damien Rice). On a tôt fait de se laisser bercer et de divaguer.
Mais aussi parce que le Prophète, comme son titre l’indique, plonge ses racines dans des préceptes religieux et faits maintes fois référence à Dieu et à la vie éternelle. Si aucune de ces références ne cible une religion en particulier, ni ne sombre dans le prosélytisme, elles ont malgré tout fait tiquer mon âme d’athée.

Pour ces raisons, mon avis était, au sortir de la salle, fort subjectif (forcément) et tributaire de nombreux éléments qui s’exprimeront différemment chez chacun des spectateurs. L’ami qui m’accompagnait, et dont je respecte tout particulièrement l’avis, a lui été enchanté par la beauté du Prophète. Lorsque nous nous sommes quittés, il m’a dit quelque chose comme : « déconne pas, ce film mérite d’être vu ».

Et de fait, il le mérite. Son discours n’est jamais prosélyte mais toujours ancré dans les valeurs fondatrices de la société ; il offre philosophie et poésie d’une façon toujours accessible à tous. Ainsi il s’adresse aux enfants comme aux adultes.
C’est beau, c’est doux et c’est bon pour la culture. Je ne peux donc que vous recommander d’aller voir cette belle leçon de vie et de philanthropie de 90 minutes. Amenez-y vos enfants.

Je me permettrai de clore sur un petit bémol : le fil conducteur utilise une méthode d’animation particulièrement inégale (de la 3D « aplatie ») qui contraste avec la beauté unique de chacun des chapitres.

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Colin
Colin
Chroniqueur graphique névrosé, passionné de cinéma de bourrinage vidéo-ludique et de Russ Meyer.

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