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Public Enemies : Johnny Depp et l’héritage caché de John Dillinger à Metz

Sorti en salles en 2009, le film Public Enemies de Michael Mann a porté à l’écran la cavale sanglante de John Dillinger, braqueur entré dans la légende sous les traits charismatiques de Johnny Depp. Ce que beaucoup de fans de cinéma ignorent, c’est que l’un des criminels les plus redoutables de la période de la Grande Dépression possède des attaches directes en France, et plus précisément à Metz, dans le département de la Moselle.

Une généalogie transfrontalière

Les recherches généalogiques retracent l’arbre généalogique du gangster jusque dans la région historique de l’Alsace-Lorraine. Son grand-père paternel, Matthias Dillinger, a fait de Metz son dernier point d’ancrage en Europe avant de s’installer aux États-Unis en 1851.

Matthias est originaire du village de Gisingen, situé dans la région de la Sarre qui correspond aujourd’hui à l’Allemagne. Les registres cadastraux de l’époque situent précisément la demeure de ses ancêtres dans la rue Unterst Gass. Cette localité germanique frontalière subissait alors la misère noire des artisans locaux ainsi que la menace pesante de la conscription prussienne, c’est-à-dire l’obligation d’intégrer l’armée de la Prusse.

Pour échapper à cet enrôlement militaire et à la pauvreté de sa région natale, Matthias a quitté la Sarre pour se rendre à Metz, ville française située dans le département de la Moselle. C’est en faisant de Metz son point de transit qu’il a pris le départ vers l’Amérique en 1851 afin de traverser l’océan. Sur place, il s’est établi comme fermier dans l’Indiana et a épousé Mary Brown, donnant naissance à dix enfants. Le cadet de cette fratrie, John Wilson Dillinger, est devenu le père du futur braqueur. Ce dernier est né à Indianapolis en 1903, totalement étranger à cet ancrage européen qui relie aujourd’hui le célèbre braqueur américain à l’histoire de Metz et de la Moselle.

Une enfance fracturée

Derrière le costume impeccable et le sourire en coin immortalisé par le cinéma se cache un parcours de vie cabossé dès le plus jeune âge. La mère de John Dillinger disparaît tragiquement en 1907, juste avant son quatrième anniversaire. Son père, épicier à la réputation de tyran domestique, applique une éducation dictée par une sévérité implacable, persuadé qu’il ne faut pas épargner la punition pour façonner un homme.

Cette atmosphère pesante pousse le jeune John vers la délinquance juvénile. Bagarres et petits vols jalonnent son adolescence, le précipitant irrémédiablement dans une spirale criminelle que rien ne parviendra à canaliser.

Le mythe du gentleman cambrioleur

Le long-métrage de Michael Mann saisit toute l’ambivalence de cette trajectoire en l’inscrivant dans le contexte de la Grande Dépression. Alors que l’économie américaine s’effondre au début des années 1930, la population voue une haine viscérale aux banques jugées responsables de la misère générale. Dans ce climat de crise, les braquages de Dillinger procurent une jubilation populaire inattendue. Le gangster devient une sorte de hors-la-loi glamour, exigeant de ses complices qu’ils se tiennent correctement et épargnent les clients ordinaires.

Pour capturer cette énergie brute, le réalisateur de Heat fait le choix d’un tournage en numérique haute définition, délaissant le format traditionnel afin d’amener le spectateur au plus près des fusillades d’époque. Afin de donner corps à cette quête d’authenticité, Michael Mann dirige une distribution prestigieuse. Il s’entoure de Johnny Depp dans le rôle-titre et de Marion Cotillard sous les traits de Billie Frechette, sa compagne fidèle qui a partagé sa violente cavale et subi de plein fouet la répression du FBI, représenté dans le film par Christian Bale (Melvin Purvis) et Billy Crudup (J. Edgar Hoover). Ensemble, ils investissent des décors réels, allant de l’ancienne prison de Crown Point d’où le truand s’est évadé avec une simple fausse arme en bois jusqu’au lodge de Little Bohemia dans le Wisconsin où la bande a échappé de justesse aux autorités lors d’une fusillade violente.

Le long-métrage déploie ainsi la traque acharnée menée par les forces de l’ordre, la romance passionnée, la fuite désespérée à travers les États-Unis et la fatale machination de la Dame en rouge qui conduit le braqueur devant le cinéma Biograph de Chicago en juillet 1934. Cette reconstitution minutieuse s’achève sur la chute de l’icône, refermant le livre d’un destin façonné par les soubresauts du temps, depuis les rives de la Moselle jusqu’aux salles obscures du monde entier.

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Thomas
Thomas
Rédacteur en chef et chroniqueur anti-protocolaire. Enfant des années 80's / 90’s biberonné à la Pop Culture. Ancien administrateur et rédacteur des sites et forums francophones dédiés à l'univers de Metal Gear.

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