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Highlander Endgame : Pourquoi le crossover entre cinéma et série a foudroyé la saga

Collision fatale entre deux mondes, Highlander Endgame achève Connor MacLeod. Retour sur un crash industriel entre TV et cinéma.

À l’aube de l’an 2000, le paysage cinématographique impose une mutation radicale aux licences installées. Highlander survit alors dans un paradoxe : si le grand écran stagne après le rejet massif du deuxième volet et un troisième acte perçu comme une simple redite du choc de 1986, la franchise prospère ailleurs.

Le salut vient du petit écran. Grâce à une déclinaison télévisuelle portée par Adrian Paul, Duncan MacLeod est devenu le nouveau visage d’une mythologie étendue sur six saisons. C’est dans ce contexte de déséquilibre entre un cinéma essoufflé et une télévision conquérante que naît le projet d’une unification risquée.

Un pont entre deux ères

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L’idée d’unifier ces deux branches germe dans l’esprit des détenteurs des droits. Il s’agit de créer un pont définitif. Rassembler Connor et Duncan MacLeod au sein d’une même pellicule doit valider la légitimité du héros de la télévision tout en offrant une sortie de piste royale à l’icône incarnée par Christopher Lambert.

L’histoire s’échafaude sur une traque millénaire. Jacob Kell, prêtre écossais devenu immortel après avoir vu sa famille périr par la lame de Connor en 1555, orchestre une vengeance systématique. Il ne cherche plus le Prix. Son unique moteur réside dans la destruction systématique de l’entourage des MacLeod. Il recrute une faction d’immortels pour traquer ses cibles, brisant l’éthique des duels singuliers.

Le scénario initial de Gregory Widen subit des révisions permanentes. Les premières versions prévoyaient des séquences à Shanghai. Le décor final bascule en Roumanie. La production s’embourbe dans des arbitrages budgétaires serrés. Dimension Films exige un rythme effréné. Le studio redoute la densité de la mythologie accumulée durant les années 90.

Une production hors de contrôle

La Roumanie devient le tombeau des ambitions artistiques du réalisateur Doug Aarniokoski. Le tournage s’étire d’octobre 1999 à mars 2000 dans un climat de tension permanente entre la production et les financiers. Dimension Films impose des coupes sombres pour dynamiser artificiellement un montage jugé trop dense. Le résultat en salles frôle l’amateurisme : des pans entiers de l’intrigue disparaissent, laissant les spectateurs néophytes face à un vide narratif total.

Le matériel promotionnel confine à l’escroquerie pure. Les bandes-annonces inondent les écrans d’images de synthèse spectaculaires où Jacob Kell manipule des champs de force et multiplie les clones. Ces séquences n’existent pas. Aarniokoski avouera plus tard avoir filmé ces effets uniquement pour la promotion, sans jamais avoir eu l’intention de les intégrer au montage final. Cette distorsion entre la promesse d’une fantasy épique et la réalité d’un thriller sombre et fauché braque définitivement le public.

L’échec se propage par un effet domino dévastateur. Le film devait servir de rampe de lancement pour stabiliser la série dérivée Highlander: The Raven. Les retards de production et l’annulation précoce du show télévisé privent le film de son socle marketing. Le crossover se retrouve orphelin de son propre univers étendu au moment précis où il doit en devenir le point culminant.

L’industrie tente une opération de sauvetage tardive via le marché vidéo. Le « Producer’s Cut » réintègre douze minutes de scènes capitales, corrige les effets visuels et modifie la conclusion concernant le personnage de Kate. Cette version longue clarifie les motivations des Observateurs et rend au film une certaine dignité. Trop tard. Le mal est fait. La critique mondiale assassine cette quatrième itération, pointant du doigt une réalisation indigne d’une sortie en salles et des dialogues frôlant le ridicule.

Le sacrifice de Connor

L’épilogue de Connor MacLeod scelle la fin d’une époque. Christopher Lambert livre ici son ultime performance sous les traits de l’immortel original, mais le passage de témoin s’opère dans la douleur. La mort du héros de 1986, décapité volontairement par Duncan pour fusionner leurs puissances, reste une cicatrice ouverte. Ce choix radical vise à élever le personnage de la télévision au rang de force suprême, mais il prive la licence de son pilier historique de manière irrévocable.

Le naufrage critique ne laisse aucun répit à cette tentative de transmission. Les séquences de combat, pourtant chorégraphiées par Donnie Yen, ne suffisent pas à masquer l’indigence des dialogues. Le divorce entre le public et la vision de Dimension Films est consommé.

Cette collision industrielle fige la licence pendant sept longues années avant la tentative désespérée de The Source ne vienne porter le coup de grâce définitif en 2007. Adrian Paul y reprend son rôle dans un environnement dévasté par un budget indigent et une absence totale de vision cohérente. Ce dernier volet, souvent perçu comme un prolongement de la déroute entamée par ‘Endgame‘, enterre définitivement les espoirs de voir la saga retrouver sa splendeur passée.

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La Rédaction
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