Mémoires-dun-Junkie-Dla-Zik

Lady GaGa Depuis deux ans, une créature qu’on pourrait croire tomber d’un roman de SF défraie la chronique.

Lady GaGa, de son vrai nom Stefani Joanne Angelina Germanotta, est une pure New-Yorkaise. Elle était donc amené soit à trimer pour pas un rond, soit se lancer dans une carrière artistique. J’exagère à peine.
Car cette nana n’est pas une énième chanteuse en playback à qui on refile des tubes prémachés.

En regardant une fois le Grand Journal sur Canal + et en écoutant une présentation à chier par Tania Bruna-Rosso (comme d’hab’ quoi) que je me suis dis qu’il fallait quand même mettre les pendules à l’heure. Disons le clairement, Lady Gaga était la seule et unique vraie Popstar de 2009. Et en 2010. Tania la dépeignait comme une sorte de copine de Paris Hilton avec des morceaux d’Eurodance un peu honteux…

Bref, elle parle d’elle du bout des lèvres, comme si l’évocation de son nom allait lui donner de l’herpès, uniquement parce que les Inrockuptibles ont mis Gaga en couverture, et que la sombre conne doit avoir peur d’avoir raté un truc. Tout comme les Inrocks, après être passé à coté de Depeche Mode ou Daft Punk en leur temps, ont sûrement la trouille qu’une icône de la pop leur glisse encore entre les doigts. Eux, habituellement si prompt à décrier la musique quand elle se glisse dans l’entertainment pour adolescent.

Car c’est bien de ça qu’il faut parler avec Lady Gaga, c’est de l’entertainment, c’est le retour de la vraie pop culture, celle qui fabriquait des icônes. La jeune fille n’est pas apparue de nulle part, et c’est toujours ridicule de voir qu’on peut la comparer à Britney Spears ou Christina Aguilera qui, sans producteur (pour Xstina) ou Disney (pour l’autre), n’auraient probablement jamais mis les pieds sur une scène. Lady Gaga traîne dans le milieu de la musique depuis quelques années déjà. Elle a d’abord officié comme songwriter pour les Pussycat Dolls ou Britney, puis Akon remarque sa voix sur une démo enregistré pour un de ses titres et lui propose de rejoindre son label. En parallèle, Lady Gaga écume les clubs de New York avec son acolyte Lady Starlight et se produit au festival Lolapallooza en 2007, dans sa tenue fétiche.

C’est a dire… sans tenue.

Je ne vais pas vous faire sa bio, vous chercherez sur le net. Mais c’est bien là le problème : on est en face d’une vraie bête, qui connaît la scène, qui s’est crée son personnage au fil des ans, qui écrit sa musique, la joue, et, pour l’avoir vu en concert, chante vraiment, et qui est totalement vidée de son art par des journalistes incapable de maîtriser leur sujet et de l’expliquer au public. OK Tania ?
Certains trouveront la démarche commerciale et mercantile, mais en 2007 on trouvait sa démarche théâtrale et sa tenue provocante.

Tout est question de point de vue et de frontière idiote entre underground et mainstream, et aujourd’hui on reste en surface sur la vie d’un artiste, on ne juge que par le clip passé sur MTV. Si Lady Gaga est un produit, c’est elle qui l’a imaginé, et peu d’artistes aujourd’hui le font aussi bien, de la composition à la mise en scène de ses titres, dans des clips complètement maitrisés.

Musicalement, c’est pareil, un style très pop, teinté de sonorités ultra 80s, qui profite d’une production parfaite, donc forcement louche pour la presse « spécialisée », et qui s’inscrit très bien dans son délire « retro-futur ». La même musique enregistrée « lo-fi » par une chanteuse norvégienne, et toute la presse pseudo branché se mettrait à genoux devant elle. Son désir de pousser l’esthétique à son paroxysme n’est pas moins noble que de faire des pochettes en collage et des clips au camescope pour faire « indie ». Le travail de GaGa pour créer le personnage et l’univers est aussi louable que celui d’un Bowie, de Kiss, de Madonna et de ces idoles qui un jour ont dépassé le simple statut de chanteur.

Tout fonctionne, qu’on regarde le clip parfait de Poker Face, celui désormais culte de Bad Romance ou qu’on écoute le titre en acoustique on se rend compte que c’est de l’image mis au profit du songwriting, et çà, çà devient rare. Et as que dans la pop.
Lady Gaga n’essaie pas d’être « hype », elle essaie d’être la meilleure, et c’est ça qui est jouissif. Oui c’est le début, oui, le prochain album en Janvier 2011 sera peut-être renversant, ou pas du tout, on ne sait pas, mais elle aura réveillé la pop musique qui s’était installée depuis quelques années dans une industrialisation et un clonage des chanteuses plutôt rébarbatif…

La prochaine fois, promis, du rock. Vous connaissez l’industriel ?

6 Commentaires

  1. En tant que communicante ^^ je trouve que cette fille a du génie, elle a tout compris du système et sait faire le buzz ! Je ne peux pas prédire si c’est elle la futur Madonna ou si elle perdura dans le temps mais une chose est sûre c’est qu’elle a du génie niveau communication et entertainment !

  2. Vrai, crédible, et pas trop mal, voila ce que j’en pense!
    J’ai hélas un peu de mal avec la musique de ce style, et je trouve qu’elle pourrait faire encore mieux, vu sa maitrise instrumentale du piano…
    Tout est dit, je crois…

  3. Après, ce sont les goûts et les couleurs… mais elle est originale, ce qui est important pour un artiste (je crois, hein).

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