Mémoires-dun-Junkie-Dla-Zik

La musique, l’argent, la bêtise, et nous

Rien de nouveau sous le soleil, je vais taper de nouveau sur l’industrie musicale et le public. Parce que si les cons ne risquent pas de mourir, vaut mieux les dénoncer.

« Les jeunes de nos jours ont totalement perdu l’expérience de mettre des écouteurs, mettre le volume à 10, tenir la pochette, fermer leurs yeux et se perdre dans un album, et aussi la beauté de prendre son argent du mois et de prendre une décision basée sur la pochette, pas en connaissant déjà la musique, mais en regardant des images et en imaginant la musique. Mon Dieu, c’était un moment magique. Ca m’énerve de passer pour un vieux, mais c’est le cas. Retenez mes mots, mais dans une génération, les gens se demanderont ce qui s’est passé. Steve Jobs est personnellement responsable d’avoir tué l’industrie de la musique« .

Hem hem… Le pauvre Bon Jovi devient sénile. Ce que j’adore personnellement, c’est le passage où il déplore une époque où on lâchait notre argent de poche dépensé sur un album sans connaitre le contenu. On était vraiment très heureux d’acheter des disques sur une belle pochette et de se rendre compte que 10 morceaux sur 12 étaient de la vraie soupe, de l’alimentaire pour remplir le CD.
Et puis, Steve Jobs, bien au contraire, a essayé malgré tout de lui faire gagner un peu du pognon, avec Itunes.

Et non, ceux qui tuent l’industrie musicale, c’est bien… nous, le public. En n’achetant plus les CDs, et en piochant parmi les titres. Et puis, pourquoi on s’emmerderait à acheter un album ? On ne compte plus les applications pour écouter énormément de musique pour presque rien.
C’est sûr, ce sont les labels qui font la gueule. Bien que ceux-ci aient leurs chiffres d’affaires qui aient plongé, ils continuent à nous inonder, sans sembler comprendre que ce n’est pas le CD que les gens achètent, mais la musique !

On va prendre l’exemple de la gamine qui aime beaucoup les Black Eyed Peas. Deux choix se posent à elle.

1) Elle va prendre le tram/prendre le métro/demander à maman de l’emmener à la prochaine FNAC pour acheter le nouvel album des trois zigotos (ah bon, ils sont quatre ? mais il sert à quoi l’indien ? bref). Elle va débourser du pognon rien que pour aller où est vendu le CD. Une fois celui-ci acheté, elle va rentrer, va extraire la zik, et la mettre dans son MP3/MP4. Le CD ? Il va finir dans un coin prendre la poussière.

2) Elle le télécharge, ou demande à une de ses copines de le lui filer.

Après les labels s’étonnent et font grises mines. Et demandent… Hadopi (qui franchit les limites du droit à la vie privé, et donc pourrait être anti-constitutionnelle… Big Brother vous regarde).

Ancien patron de Sony Music France et du SNEP (les syndicat des majors), Christophe Lameignère est nommé patron du label Polydor, au sein d’Universal Music France, en janvier dernier. Deux ans auparavant, il disait ceci.

« Les gens qui téléchargent illégalement sont des couards planqués derrière leur ordinateur. Ce sont des terroristes… ces gens-là, ils auraient vendu du beurre aux Allemands durant la guerre.« 

Non seulement ce monsieur fait l’amalgame entre nazis et Allemands, mais en plus il nous faisait la moral. Parce que le matraquage publicitaire de certains groupes ou interprètes (Black Eyed Peas en tête), les 20 euros du single du moment (avec les inévitables titres de remplissage de l’album), la culture du top50 plutôt que la culture de l’artistique, ce ne serait pas du foutage de gueule ?

Alors, certains ont des idées pour s’affranchir du support, pour transmettre leur travail à un prix modique au plus grand nombre.
Par exmple, In Rainbows de Radiohead ne donne pas lieu à l’acquittement d’une somme précise par l’internaute, mais est laissé au libre choix de l’acheteur, qui le télécharge. (On atteint néanmoins les limites d’un tel procédé, puisque si le groupe ne définit pas le prix, c’est qu’ils sont incapables de connaître la qualité de leur travail.)

Nine Inch Nails s’est très vite intéressé à la promotion et à une possible économie de marché parallèle et indépendante. Un jeu de piste est organisé sur le Web pour l’album Year Zero (album-concept sur le totalitarisme…), et des clés USB contenant des titres de ce même album sont retrouvés dans les toilettes des salles de concert du groupe. Autant dire que la maison de disques fut en rogne… Après l’avoir quitté, NIN récidiva pour Ghosts I-IV et The Slip, en allant plus loin, car les albums sont gratuits et édités sous la licence « Creative Commons »; le groupe s’est juste fait du pognon sur les différentes éditions limités (qui ont tous été vendus à ce jour).

Oui, l’ère du numérique a détruit ce à quoi vous (les maisons de disques) teniez le plus : le monopole de la fabrication et de la diffusion des supports musicaux. A cette époque, vous vous en êtes donné a coeur joie. Les compiles insipides, les albums avec la vache en image de synthèse, ou la grenouille qui pète,, ou d’une putain de taupe, les clones en pagaille de chanteur de variétés, la télé-réalité, tout ça on ne l’a pas inventé, nous les terroristes. Ce sont bien les producteurs qui ont vendus à gros coup de pub télé tout cette production vide de sens.

Vous vous posez une question : pourquoi tant de haine à l’encontre envers les Black Eyed Peas ? Voilà une raison, la plus récente :

Polydor-France-Promo-Twitter-Black-Eyed-Peas-Nouveau-clip-Just-Cant-Get-Enough

Quel classe, quel tact. Vous vous rappelez de l’auto-censure américaine autour des films qui montrait le World Trade Center ? Ben apparemment çà marche que dans un sens.

Pour finir la semaine, pour allier séisme, menace nucléaire, dictateur fou, et destruction du business de la musique, en voila qui sont en train de réussir à rendre la musique encore plus destroy : Ark Music Factory. Un label qui recrute des ados pour essayer d’en faire des stars (surtout de le leur faire croire, pour bien les pigeonner, et nous avec, je pense), qui sont en train d’inonder Youtube de chansons plus ignobles les uns que les autres, plus cons que René la taupe, mélange d’euro dance emo r’n’b à l’autotune (obligatoire), un must. Les clips sont là, un régal aussi : Rebecca Black (10 millions de vues !), Britt Rutter, Ariana Dvornik… à côté, le dernier-né de Nolwenn Leroy, c’est du Depeche Mode.
Un autre monde (musicale ou pas) reste-t-il possible ?

Car à l’heure dont je vous parle, les révolutions arabes s’essoufflent, et la guerre contre un tyran cinglé se profile… Je vous invite à écouter ce titre et regarder le clip, en hommage.

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