Nicolas Cage dévoile les coulisses de sa métamorphose en Ben Reilly et ses inspirations tirées du cinéma noir des années 1930.
Nicolas Cage a profité d’une interview avec Deadline pour lever le voile sur sa méthode de travail autour de la série Spider-Noir. Pour donner vie à cette version de Ben Reilly dans le New York de la Grande Dépression, l’acteur s’est replongé de manière intensive dans le cinéma hollywoodien des décennies 1930 et 1940. L’artiste rappelle d’ailleurs sa vision de son métier : « Le jeu d’acteur, c’est juste différents styles et différentes manières de raconter une histoire. » Son processus de création a nécessité l’étude du rythme de parole des œuvres de Howard Hawks, mais aussi des postures spécifiques visibles dans le film noir Assurance sur la mort avec Fred MacMurray. Cage a cherché un choc esthétique proche d’une peinture de Roy Lichtenstein en croisant ces références classiques avec la création de Stan Lee.
- A lire aussi : Spider-Noir : Pourquoi Nicolas Cage incarne Ben Reilly et non Peter Parker ? On vous explique les vraies raisons !
Au cours des prises de vues, l’équipe artistique a développé une idée précise pour justifier l’élocution si particulière du détective privé. Le personnage subit la modification de sa propre psyché par un ADN d’araignée et cherche à retrouver une attitude humaine. Pour corriger ses mouvements et reprogrammer son corps, ce héros fatigué se rend ainsi régulièrement dans les salles de cinéma afin de calquer son attitude sur celle des acteurs de l’époque.
« Ce personnage est intéressant pour moi parce que au cours du tournage de la série, nous avons eu l’idée que Ben Reilly luttait avec cet ADN d’araignée qui influençait sa psyché, sa façon de penser, sa façon de bouger, et il essaie de redevenir plus humain. Et ce que nous avons développé, c’est cette idée qu’il irait au cinéma et étudierait les acteurs pour reprogrammer son corps en les copiant. C’est pour cela qu’il parle de cette manière. »
Nicolas Cage décrit un protagoniste brisé par le remords, hanté par l’incapacité de sauver son grand amour, Ruby, lors d’un épisode de détresse lié à l’alcoolisme : « Il s’enivrait pendant qu’elle se trouvait dans une situation difficile et il n’a pas pu la sauver. Il éprouve donc un grand remords, et il ne veut plus porter le nom de super-héros ni être l’Araignée, il en a fini avec ça. Il est déprimé, l’argent est difficile à trouver dans sa profession et tout le monde lutte. » Cette culpabilité pousse Ben Reilly à rejeter totalement son identité dans un contexte de crise économique globale. L’intérêt de la performance reposait pour lui sur ce double défi, à la fois psychologique et corporel.
Parmi les séquences marquantes de la production, une discussion avec l’actrice Karen Rodriguez dans un restaurant a dépassé les attentes initiales de l’interprète, qui redoutait une simple transmission d’informations. L’acteur confie : « J’étais très satisfait de cette scène que je trouvais, sur le papier, plutôt plate et explicative. C’était une scène dans un restaurant où je lui expliquais qu’il y aurait peut-être une plage dans mon avenir et que je me mettais au régime. Je trouvais cette scène vraiment drôle, mais je ne savais pas qu’elle allait être drôle, et je ne savais pas quoi faire avec elle pour la rendre divertissante. Puis, quand Karen et moi nous sommes retrouvés sur le plateau et que nous avons commencé à jouer avec, nous avons trouvé quelque chose. »
Une autre scène clé, partagée avec sa partenaire Li Jun Li, a permis d’expliciter cette régulation des pulsions animales par le visionnage de films. Nicolas Cage a d’ailleurs souligné la présence magnétique de sa collègue à l’écran, qu’il décrit comme « une actrice fascinante à regarder, qui fascine vraiment la caméra. Il y a chez elle une aura énigmatique et une qualité imprévisible où vous vous demandez ce qu’elle pense. » Pour nourrir leurs confrontations, le comédien s’est inspiré de la retenue de Humphrey Bogart face aux manipulations féminines dans Le Grand Sommeil. La conclusion de leur relation se scelle par une réplique sombre, par laquelle le détective rappelle ses souffrances passées suite à une dénonciation auprès d’un médecin fou.
« À la fin, je dirais que Ben sait qu’elle ne l’aime pas vraiment. Et il ne va pas oublier ce qu’elle lui a fait parce que c’était vraiment terrible. Il a subi la torture parce qu’elle l’a dénoncé au docteur fou. Alors, Ben a fait ce geste à la fin du genre : « Eh bien, je suis déjà allé en enfer et je vais te réserver un siège. Je vais le garder au chaud pour toi. » Donc, il ne va pas la lâcher complètement. »





