Le chatbot d’OpenAI déploie un système de contrôle d’identité par selfie, fragilisant sa position face à Gemini et Claude 4.6.
Après l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs en France et les restrictions massives au Royaume-Uni, une nouvelle barrière s’installe. OpenAI déploie désormais un dispositif mondial de prédiction d’âge, incluant la France dans les prochaines semaines. Cette décision intervient alors que Sam Altman traverse une tempête sans précédent.
Sam Altman face au mur de la concurrence
Le timing de cette annonce interroge. OpenAI perd sa couronne de leader technique depuis le début de l’année 2026. Le récent Gemini 3 Deep Think de Google écrase désormais ChatGPT sur le terrain du raisonnement mathématique et du code, atteignant un score de 84,6 % sur le benchmark ARC-AGI-2 contre une stagnation relative de GPT-5.2. Parallèlement, Claude 4.6 d’Anthropic séduit les professionnels par sa plume plus organique et son efficacité supérieure.
En imposant des contraintes d’identification, OpenAI risque d’accélérer l’exode de ses utilisateurs vers ces alternatives plus performantes. Le groupe subit déjà une chute de sa part de marché mondiale, passée de 87 % à 68 % en un an. Cette nouvelle barrière administrative arrive au moment précis où le chatbot de Sam Altman ne possède plus l’avantage technologique suffisant pour s’imposer comme un outil incontournable.
Un algorithme juge de votre maturité
Le système de vérification repose sur un mécanisme intrusif. ChatGPT analyse vos thèmes de discussion, l’heure de vos connexions et la durée de vos sessions pour prédire votre âge. Si l’intelligence artificielle vous catalogue comme mineur, elle bride immédiatement votre expérience. Les filtres s’activent sur la violence, les contenus dits « sensibles » ou certains jeux de rôle.
Cette méthode pose un problème de fiabilité. En cas d’erreur de l’algorithme, l’utilisateur subit une double peine. Pour retrouver un accès complet, OpenAI exige une authentification forte : un selfie en direct ou le scan d’une pièce d’identité officielle. Cette procédure brise l’anonymat de la plateforme et transforme une simple discussion en un acte administratif lourd. Les internautes refusant de confier leur visage à une IA risquent de rester bloqués dans une version censurée du service.
Le spectre de Persona
Le choix du partenaire technique suscite une vive méfiance. OpenAI délègue cette vérification à la société tierce Persona. Ce nom résonne déjà négativement chez les utilisateurs de Discord, contraints d’utiliser le même service pour accéder à certains serveurs. Plus inquiétant encore, Persona bénéficie du financement de Peter Thiel, une personnalité controversée de la Silicon Valley et cofondateur de Palantir, entreprise spécialisée dans la surveillance et l’analyse de données pour les gouvernements.
Bien qu’OpenAI affirme ne jamais recevoir les documents d’identité, la concentration de données biométriques chez un prestataire privé financé par des acteurs de la surveillance mondiale inquiète les défenseurs de la vie privée. Cette infrastructure de contrôle rappelle les dérives observées en Australie. Elle prépare le terrain à un Internet où chaque interaction nécessite une validation par une entité tierce, rendant la navigation anonyme totalement impossible.
L’Italie comme laboratoire répressif
L’application de ce contrôle prend une tournure coercitive chez nos voisins italiens. Les utilisateurs disposent de seulement 60 jours pour se soumettre à la vérification sous peine de voir leur compte désactivé. Cette approche préfigure probablement le déploiement futur dans l’Union européenne. OpenAI ne se contente plus de suggérer une protection, l’entreprise installe une barrière d’entrée rigide qui fragilise sa relation de confiance avec sa communauté.
Cette stratégie de « contrôle total » semble être une réponse directe aux futures obligations du DSA (Digital Services Act). Bruxelles s’apprête à désigner ChatGPT comme une « très grande plateforme en ligne » (VLOP) ou un « très grand moteur de recherche » (VLOSE). Ce statut oblige la firme à une transparence accrue et à une protection stricte des mineurs sous peine d’amendes colossales atteignant 6 % du chiffre d’affaires mondial.
Un contrôle renforcé par Bruxelles
La Commission européenne surveille de près les 120 millions d’utilisateurs mensuels de ChatGPT. En entrant dans les catégories les plus strictes du règlement européen, OpenAI devra ouvrir son code et fournir des rapports de risques systémiques. Les équipes de Sam Altman, habituées à naviguer sans contraintes réelles, font face à un audit annuel externe obligatoire. Cette pression législative explique l’empressement du groupe à déployer Persona, quitte à dégrader l’expérience utilisateur.
Ce basculement marque une rupture historique pour le site. Autrefois symbole de liberté technologique, ChatGPT devient le premier chatbot IA soumis aux obligations pesant sur les géants comme Facebook ou Google. Cette normalisation forcée, couplée à une baisse de performance face à Gemini et Claude, place OpenAI dans une position de vulnérabilité inédite.
Une normalisation qui profite à la concurrence
Cette stratégie de contrôle total marque une rupture avec l’ADN originel d’OpenAI. En banalisant l’identification obligatoire et le profilage comportemental, l’entreprise s’aligne sur les méthodes des réseaux sociaux traditionnels. Pendant que Sam Altman s’enferme dans cette logique administrative pour satisfaire Bruxelles, Google et Anthropic maintiennent une pression technologique constante.
L’avenir de ChatGPT dépendra désormais de sa faculté à regagner la confiance d’une communauté qui refuse de troquer son anonymat contre un accès bridé à l’intelligence artificielle.





