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Keir Starmer s’attaque aux VPN : Vers une surveillance d’État totale au Royaume-Uni ?

Le Premier ministre britannique Keir Starmer annonce vouloir interdire l’usage des VPN aux mineurs pour durcir le contrôle du Web.

L’Europe bascule dans une ère de suspicion généralisée sous couvert de protection de l’enfance. De son côté, la France a récemment validé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans tout en lorgnant sur le modèle répressif de ses voisins.

Ce climat de censure gagne désormais le 10 Downing Street. Keir Starmer accélère brutalement la mise en place d’un Internet sous haute surveillance. Le Premier ministre britannique confirme sa volonté de restreindre l’accès aux réseaux privés virtuels (VPN) pour les jeunes de moins de 18 ans. Cette annonce fait suite à l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act qui force déjà de nombreux sites à exiger des pièces d’identité.

L’identification obligatoire

Le dirigeant travailliste prétend « combler les lacunes » d’un système poreux. En réalité, cette mesure sonne le glas de la confidentialité pour l’ensemble des citoyens. Pour bloquer efficacement un mineur, chaque fournisseur de VPN devra désormais soumettre l’intégralité de ses utilisateurs à un contrôle d’identité rigoureux. Un selfie vidéo ou le scan d’un passeport deviendront les conditions sine qua non pour chiffrer sa connexion.

Cette exigence détruit le principe même du VPN, conçu pour garantir l’anonymat. En forçant les usagers à laisser une trace indélébile de leur identité, le gouvernement transforme un outil de sécurité en un mouchard d’État. Les experts s’inquiètent : cette base de données centralisée attire déjà les cybercriminels du monde entier. La centralisation des informations régaliennes multiplie les risques d’usurpation d’identité à une échelle industrielle.

La protection de l’enfance comme bouclier politique

Keir Starmer utilise une rhétorique émotionnelle puissante. Il évoque ses propres adolescents pour justifier une intrusion inédite dans la vie privée des familles. Cependant, cette stratégie occulte une dérive autoritaire manifeste. Derrière les discours sur le bien-être des plus jeunes, l’État s’octroie un droit de regard permanent sur les activités numériques de la population. Les outils de navigation anonyme deviennent suspects par nature.

Le Royaume-Uni suit ainsi une trajectoire radicale. Le gouvernement envisage même de contraindre les boutiques d’applications comme l’App Store ou le Play Store à supprimer ces logiciels pour le marché local. Cette méthode rappelle les régimes pratiquant une censure active.

Un écho inquiétant pour la France

Le précédent britannique galvanise les partisans d’un Web verrouillé dans l’Hexagone. Des parlementaires français ont déjà déposé des amendements similaires lors de l’examen de la loi SREN en janvier dernier. L’amendement n°AC56 proposait d’interdire la fourniture de VPN aux mineurs sans une autorisation parentale vérifiable, sous peine d’une amende colossale. Bien que retiré, ce texte prouve que l’idée d’un Internet segmenté gagne du terrain à Paris.

La ministre Anne Le Hénanff désignait récemment les VPN comme la prochaine priorité de régulation. Le gouvernement français observe avec attention les résultats de la consultation lancée par Londres. Si le Royaume-Uni réussit à imposer ces barrières, la France pourrait rapidement lui emboîter le pas. Le basculement vers une identité numérique régalienne obligatoire pour scroller sur un fil d’actualité n’est plus une fiction.

Résistance et marché noir de l’identité

Cette politique répressive engendre déjà des effets pervers. Les souscriptions aux services de protection de la vie privée explosent outre-Manche, dépassant les 1 000 % de hausse en quelques jours. Parallèlement, un marché noir de l’identité émerge. Des réseaux clandestins vendent des comptes déjà certifiés et des accès VPN pré-activés pour quelques dizaines d’euros. En cherchant à tout interdire, le législateur expose les citoyens à des dangers bien plus concrets que les risques qu’il prétend combattre.

L’Europe semble oublier que la liberté numérique constitue un pilier de la démocratie. En déléguant l’éducation aux algorithmes de vérification et aux autorités administratives, les dirigeants démissionnent face aux enjeux réels. La surveillance de masse remplace le dialogue parental et la régulation saine des plateformes.

Quand la sécurité engendre l’insécurité

Cette volonté politique se heurte à une réalité informatique implacable. Pour satisfaire les exigences de Keir Starmer, les services de VPN doivent désormais collecter et stocker des informations nominatives. Cette pratique crée mécaniquement des « pots de miel » numériques. Ces bases de données, regroupant l’état civil et les habitudes de connexion de millions de citoyens, deviennent des cibles prioritaires pour les cybercriminels. Une seule faille chez un prestataire transformerait une mesure de protection en un désastre national de cybersécurité.

De plus, l’obligation de vérification brise la chaîne de confiance du chiffrement. Un utilisateur qui décline son identité pour activer un tunnel sécurisé perd tout le bénéfice de la confidentialité initiale. L’État transforme un outil de défense contre l’espionnage industriel et le vol de données en un instrument de traçabilité. Les internautes les plus avertis alertent sur ce paradoxe : au nom de la sécurité des mineurs, le gouvernement désarme la protection numérique de l’ensemble de la population, exposant chacun à une surveillance constante ou à des piratages massifs.

L’IA et les chatbots dans le viseur de Londres

Le plan de Keir Starmer ne s’arrête pas aux tunnels chiffrés. Le Premier ministre cible explicitement les agents conversationnels et l’intelligence artificielle générative. En utilisant le conflit médiatique avec Elon Musk et son IA Grok comme prétexte, Downing Street prépare un encadrement strict des interactions entre les mineurs et les bots. Cette régulation menace de brider l’innovation technologique au Royaume-Uni. Alors que le reste du monde accélère sur l’IA, le gouvernement britannique choisit la voie du filtrage administratif.

Cette approche segmente l’accès au savoir. En restreignant l’usage des chatbots sous couvert de « bien-être », le législateur instaure une forme de tutorat étatique sur l’information. Cette dérive inquiète les acteurs économiques qui voient dans ces mesures un frein à la compétitivité numérique. Le Royaume-Uni, autrefois pionnier du Web, s’enferme dans une logique de forteresse numérique où chaque innovation doit passer par le prisme de la censure préventive.

Vers un Internet à deux vitesses

Cette accumulation de contraintes dessine les contours d’un réseau mondial fragmenté. D’un côté, un Web libre et ouvert pour ceux qui disposent des connaissances techniques pour contourner les obstacles via des protocoles décentralisés. De l’autre, un Internet sous tutelle pour la majorité des citoyens, où chaque clic nécessite l’aval d’un algorithme de vérification d’âge. Cette fracture numérique isole les populations et renforce le pouvoir des grandes plateformes, seules capables de déployer des infrastructures de contrôle aussi coûteuses.

La stratégie de Keir Starmer pourrait bien inspirer d’autres dirigeants européens avides de contrôle. En banalisant l’identification obligatoire pour des services de base, ces gouvernements préparent l’opinion à une disparition totale de l’anonymat. L’équilibre entre sécurité et liberté penche dangereusement vers une surveillance de masse que même les régimes les plus autoritaires envieraient. La résistance s’organise désormais autour de technologies alternatives, mais le combat pour un Internet neutre semble entrer dans sa phase la plus critique.

L’avenir du Web britannique dépend désormais de l’arbitrage entre cette volonté de contrôle étatique et la résilience des protocoles décentralisés.

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La Rédaction
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