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Interview avec IOTA : Le groupe de Bristol entre shoegaze, grunge et intensité brute

Découvrez notre interview du groupe IOTA, une immersion sonore entre grunge et shoegaze née au cœur de la scène rock de Bristol.

La formation originaire de Bristol revient sur sa trajectoire entamée au sein de la scène locale. Ces musiciens partagent les coulisses de leur processus créatif collectif né lors de leurs études communes. Ce moment d’échange permet de comprendre comment Jodie Robinson et ses acolytes façonnent une identité sonore aux contrastes marqués. Ils évoquent sans détour leur rapport à l’industrie actuelle ainsi que leur besoin viscéral de transformer des émotions personnelles en décharges électriques.

Cette rencontre avec les membres de IOTA explore les racines de leur univers où la vulnérabilité percute des guitares saturées.

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Pour ceux qui vous découvrent sur Eklecty-City grâce à « Kaibo », comment le groupe s’est-il formé au sein de la scène DIY de Bristol, et qu’est-ce qui vous a réunis au début ?

IOTA : Nous étions tous étudiants au BIMM de Bristol, dans différentes filières musicales, et nous cherchions tous un exutoire pour la musique que nous aimions.

Votre son mélange shoegaze, grunge et rock alternatif des années 90/2000. Comment avez-vous façonné cette identité sonore, et comment évolue-t-elle aujourd’hui ?

IOTA : Quand nous avons commencé à jammer et à travailler sur nos premiers morceaux, chacun apportait ses propres influences et son parcours musical. De ce fait, nous nous sommes retrouvés avec des parties qui n’étaient pas forcément conventionnelles, nous nous sommes efforcés de marier des éléments qui ne s’emboîteraient pas normalement. Au fil du temps, nous avons commencé à évoluer vers un son plus lourd, tout en veillant généralement à conserver cette « vibe » propre à IOTA.

Le nom « IOTA » suggère la plus petite partie d’un tout. Cette idée influence-t-elle votre écriture, où des émotions intimes se transforment en quelque chose de beaucoup plus vaste sur le plan sonore ?

IOTA : Le nom IOTA vient de quelque chose que nous voyions tous les jours sur le chemin de l’université. Avec le temps, nous nous sommes approprié ce nom de différentes manières. Ce n’était pas intentionnel au départ de jouer sur sa définition, mais le fait que notre son ait évolué dans cette direction est un heureux hasard.

Votre processus d’écriture est très collaboratif. Comment un morceau prend-il vie habituellement, de l’idée initiale à la version finale en studio ?

IOTA : Généralement, l’idée de base d’un morceau (un riff, une progression d’accords ou parfois une structure simple) est apportée au groupe par l’un d’entre nous. Ensuite, nous décortiquons généralement cette idée et écrivons nos parties individuelles, ensemble ou séparément. On se réunit ensuite pour caler la structure, retravailler les parties des uns et des autres et enregistrer des démos ; ce processus se poursuit généralement jusqu’à l’enregistrement en studio.

Après des titres comme « Medicine » et « Sober », « Kaibo » semble plus introspectif. Qu’est-ce qui a provoqué ce changement dans votre approche ?

IOTA : Nos deux précédentes sorties, « Pony » et « Heaven« , ont ouvert la voie à un morceau comme « Kaibo« , en abordant un son plus lourd avec davantage de « tripes » émotionnelles.

« Kaibo » introduit l’idée d’un sanctuaire mental en réponse aux illusions modernes de succès. Comment ce concept a-t-il émergé, et que représente-t-il pour vous aujourd’hui ?

IOTA : Nous nous sentions assez peu enthousiastes face au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Notre échappatoire est de faire de la musique, mais pour beaucoup, il est difficile de trouver quelque chose qui vous transporte ailleurs. Nous voulions que « Kaibo » soit une chanson que l’on puisse écouter pour s’évader dans un monde que nous avons créé.

Les paroles reflètent un sentiment de désorientation face aux attentes sociales. Est-ce quelque chose que vous avez ressenti en tant qu’artistes et en tant qu’individus ?

IOTA : Pendant longtemps, nous nous sommes presque sentis non acceptés dans l’industrie musicale ; il y a tellement de barrières vers le succès. Même si nous aimons créer notre musique, nous sentons que le monde actuel exige bien plus que de simples bons morceaux. Entre les attentes liées aux réseaux sociaux et les statistiques de streaming, il peut être difficile de rivaliser avec des artistes qui ont des équipes plus importantes derrière eux.

Le morceau alterne entre fragilité et moments explosifs. Comment avez-vous travaillé ces dynamiques avec le producteur Sam Bloor pour servir l’émotion de la chanson ?

IOTA : Sam est un producteur incroyable et il est essentiel lors de l’étape de pré-production. Bien que nous écrivions entièrement une chanson en dehors du studio, nous ne la considérons jamais comme finie tant que Sam n’a pas fait ses suggestions. « Kaibo » n’a pas fait exception : quand il y avait des parties qui ne nous semblaient pas totalement abouties ou qui ne fonctionnaient pas dynamiquement, nous avons résolu ces problèmes ensemble.

Votre musique dégage une forte intensité sur scène. Comment transposez-vous un titre plus introspectif comme « Kaibo » en live ?

IOTA : Nous aimons garder un set dynamique et surprendre le public. Notre spectacle live est brut et émotionnel, mais nous cherchons toujours à ce qu’il reste énergique et amusant.

Chez Eklecty-City, nous aimons créer des ponts entre les domaines artistiques. Si « Kaibo » appartenait à un univers visuel, un film ou un monde fictif, lequel serait-ce ?

IOTA : Nous avions une image initiale de « Kaibo » comme faisant partie de son propre espace isolé, peut-être une plage ou un désert ? En partant sur le décor du désert, peut-être Une nuit en enfer (From Dusk till Dawn) de Tarantino ?

Propos recueillis par Thomas O. pour Eklecty-City.fr, qui remercie IOTA de s’être prêté au jeu d’une interview.

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Thomas
Thomas
Rédacteur en chef et chroniqueur anti-protocolaire. Enfant des années 80's / 90’s biberonné à la Pop Culture. Ancien administrateur et rédacteur des sites et forums francophones dédiés à l'univers de Metal Gear.

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