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Skydance : L’arrivée d’Elon Musk va transformer à jamais l’industrie des médias

L’arrivée d’Elon Musk au capital de Skydance préfigure une refonte globale du paysage audiovisuel sous l’impulsion de la tech.

Selon le Hollywood Reporter, l’arrivée d’Elon Musk au capital de Skydance est susceptible de transformer en profondeur l’industrie des médias. L’homme le plus riche du monde franchit une étape décisive dans le divertissement avec un billet d’entrée initial estimé à un milliard de dollars via SpaceX. Cette opération financière d’envergure, susceptible de monter à terme jusqu’à huit voire dix milliards de dollars selon des prédictions émises par le magnat du câble John Malone, pourrait offrir au propriétaire du réseau social X une participation équivalant à environ 15 % du nouvel ensemble audiovisuel né de la fusion entre Paramount et Warner Bros.

Cette colossale injection de capitaux n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un partenariat économique de longue date avec la famille Ellison. Larry Ellison, le fondateur d’Oracle et père du directeur général de Skydance, avait déjà soutenu l’acquisition de Twitter à hauteur d’un milliard de dollars en 2022. En retour, la famille avait pu compter sur les liquidités générées par les actions Tesla pour soutenir le rachat massif de Warner Bros par Paramount. Un jeu d’échange de capitaux croisés que John Malone synthétisait en ces termes devant le Paley Center : « Qui a aidé Elon à financer Twitter lorsqu’il l’a acheté ? Larry Ellison. Comment Larry Ellison a-t-il trouvé une partie de l’argent pour participer à la création de Skydance ? Avec des actions Tesla. Et je ne douterais pas une seule seconde que vous verriez une annonce très rapidement. »

Pour la direction de Skydance, engluée dans une dette estimée à 79 milliards de dollars à la suite de ses récentes emplettes, cette manne financière agit comme une véritable bouffée d’oxygène. Aux côtés d’autres actionnaires historiques comme Laurene Powell Jobs, cet apport permet d’alléger la pression des créanciers bancaires sans passer uniquement par des coupes budgétaires d’urgence. Sur le plan de la restructuration interne et de l’innovation cinématographique, David Ellison s’est entouré de l’ancien patron de Mattel, Ynon Kreiz, nommé co-PDG. Lors d’un passage sur CNBC, David Ellison a précisé la vision technologique du groupe : « Nous construisons une véritable équipe produit et technologie. Nous croyons fermement que l’intelligence artificielle est un outil pour les artistes, et non l’inverse. »

Pourtant, le véritable enjeu dépasse de loin le sauvetage d’un bilan comptable. En mettant un pied chez Skydance, le patron de SpaceX se dote d’un canal de distribution de contenus haut de gamme d’une richesse inouïe. Des séries phares à succès comme Yellowstone, The Last of Us, Game of Thrones ou la franchise NCIS, sans oublier d’importants droits de retransmission sportive, pourraient à terme venir alimenter une offre payante directement intégrée à la plateforme X. L’accord comblerait ainsi l’échec des tentatives précédentes de production originale menées sur le réseau social avec diverses personnalités politiques ou médiatiques.

L’onde de choc est tout aussi impressionnante sur le terrain des infrastructures de communication. En couplant la distribution de catalogues audiovisuels géants avec le déploiement mondial d’Internet à haut débit par le réseau de satellites Starlink, SpaceX pose les bases d’une intégration verticale inédite. Le groupe d’exploration spatiale a accumulé les rênes de fréquences hertziennes en multipliant les transactions commerciales, notamment un contrat de 19 milliards de dollars signé avec l’opérateur Dish TV. En maîtrisant simultanément les tuyaux de diffusion et les programmes qui y circulent, l’homme d’affaires se hisse dans une position de monopoleur télécom et média jamais égalée.

Cette concentration soulève d’immenses inquiétudes au sein des rédactions et du milieu politique américain. Elon Musk se retrouve désormais actionnaire de chaînes d’information comme CNN ou de réseaux de télévision prestigieux comme HBO, dont les équipes d’investigation ou les éditorialistes figurent parmi ses critiques les plus virulents. Beaucoup redoutent des pressions directes sur la liberté éditoriale, d’autant que le dirigeant s’est imposé comme le plus important contributeur financier des campagnes électorales républicaines. Face à ce rouleau compresseur commercial et idéologique, les régulateurs fédéraux semblent bien impuissants : la Commission fédérale des communications est dirigée par Brendan Carr, un ardent partisan du milliardaire. De leur côté, les marchés financiers continuent de saluer chaque annonce d’expansion, propulsant les valorisations boursières vers de nouveaux sommets et rendant l’homme d’affaires quasiment intouchable.

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La Rédaction
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