Arrivé dans nos étales le 19 juin sur Xbox Series X/S et PS5, EA Sports UFC 6 souhaite s’affirmer avec de grandes ambitions. EA Vancouver veut pousser tous les potards au maximum, y compris sur le côté narratif. Même si le résultat est loin d’être parfait, il faut tout de même avouer que cet opus est une vraie évolution dans la série.
Gameplay : Là où tout se joue
C’est ici que tout commence. Tout d’abord, il est bon de noter que les frappes ont été retravaillées. Les coups vont plus vite et les enchaînements sont quant à eux plus naturels. La réactivité a également été revue si l’on compare à UFC 5. Comme à chaque opus, on ressent la brutalité des coups, que ce soit les impacts ou les coupures et hématomes se formant au fur et à mesure du combat.
Mettre des coups c’est bien, mais se protéger c’est mieux. Comme à chaque épisode, il faut savoir faire preuve de parcimonie et de tactique pour savoir quand se protéger et quand frapper son adversaire. Il n’est pas question de partir frontalement contre son adversaire. Si vous ne vous protégez pas, l’arbitre mettra fin au combat si vous vous prenez trop de coups. Le jeu demande une vraie lecture du combat et un sens tactique.
Concernant le grappling, donc le combat au sol, celui-ci est relativement décevant. En effet, les mécaniques sont trait pour trait les mêmes qu’UFC 5. Rien de catastrophique en soi, les mécaniques sont solides, mais EA Vancouver aurait pu revoir l’équilibrage, notamment du ground and pound. Pour celui qui se trouve on top, c’est assez facile de mitrailler de coups et de mettre KO l’adversaire. Bref, comme d’habitude, il ne faut vraiment pas se laisser prendre à un ground and pound.
Plutôt que dans les mécaniques de gameplay, les développeurs ont plutôt revu les contrôles et, faut-il le dire, c’est déroutant. Pour les vétérans de la série, c’est assez compliqué à réapprendre avec un mapping qui mélange boutons et gâchettes. Et la cerise sur le gâteau, c’est qu’il est impossible de mapper les touches. Il y a seulement une option pour simplifier les touches, ce qui vient ajouter des modern controls à la manière des derniers jeux de combat comme Street Fighter ou Tekken, afin de ne pas perdre les néophytes.
Flow State : Un ajout discutable
La particularité d’EA Sports UFC 6 est la mécanique de Flow State. Elle peut se résumer très simplement : une jauge se remplit durant le combat et, une fois chargée, elle déclenche un boost. Oui, vous avez bien lu : un boost durant le combat, qui peut faire basculer l’affrontement dans un sens comme dans l’autre. Selon les perks équipés, vous pourrez l’activer plus rapidement ou non. Par exemple, si vous jouez avec Islam Makhachev, la jauge se remplira plus rapidement si vous effectuez énormément d’attaques au sol qu’en frappant à distance.
Sur le papier, la mécanique est rafraîchissante et peut changer le cours d’un combat ; dans les faits, on sort totalement du réalisme de la série. On se retrouve davantage dans un jeu de combat arcade que dans de la simulation. Les développeurs veulent probablement dynamiser le gameplay, mais en faisant cela ils viennent déséquilibrer le jeu.
Il n’y a qu’à voir les affrontements en ligne : c’est la course au remplissage de cette jauge. Adieu la tactique ou le réalisme, place à celui qui mettra le plus de coups et activera son boost pour finir le combat au plus vite. Chose positive, les développeurs vont lancer une mise à jour en juillet pour désactiver la feature. Un constat d’échec au final. On comprend la volonté d’ajouter de nouvelles mécaniques et de dynamiser les combats, mais en l’état, c’est casser le core gameplay d’UFC et retirer tout réalisme.
Quant aux combattants…
L’une des qualités indéniables d’UFC 6 est sa qualité aussi bien technique que visuelle. C’est beau à regarder et les développeurs d’EA Vancouver ont mis le paquet sur les combattants, comme à leur habitude. Que ce soit dans la ressemblance, mais également dans les animations. Chaque combattant est unique et à ses propres caractéristiques.
Par exemple, avec Khabib, on cherche le clinch et le couloir vers le sol plutôt que de combattre debout, ou encore avec Pereira, on va surtout placer des kicks meurtriers. On sent que les développeurs veulent bien faire. Chaque combattant a donc ses qualités propres et cela ajoute un réalisme plus poussé qu’UFC 5 par exemple.Quand on choisit un combattant, on regarde ses qualités et son style de combat, que ce soit du karaté ou du jiu-jitsu ; on ne le prend pas juste pour son skin, mais vraiment pour son style et ses préférences de jeu. Certains préfèrent le combat debout et d’autres les soumissions.D’ailleurs, parlons des soumissions : la mécanique, elle aussi, n’a pas du tout bougé. Elle reste frustrante pour ceux ne la maîtrisant pas et jouissive pour les experts. Il est juste dommage que là aussi, il n’y ait pas eu de retouches, même minimes.
Il y a comme toujours la possibilité de créer son combattant. Les animations ont d’ailleurs été revues et ça ajoute un petit plus. On notera tout de même que la customisation laisse à désirer, mais c’est quelque chose qui se traîne depuis tous les opus. Autre chose notable, adieu les combattants fantasques comme Bruce Lee, Dana White ou encore Mike Tyson. En bref, on reste dans des combattants réalistes et un roster classique.
Modes de jeu : une offre offline enfin étoffée
UFC 5 avait été critiqué pour sa relative pauvreté en dehors du mode en ligne. EA Vancouver a pris le message au sérieux.
L’une des critiques majeures sur UFC 5 était son manque cruel de modes de jeu en dehors du online, EA Vancouver a écouté la communauté et a étoffé tout cela dans UFC 6.
Le mode « The Legacy » est la grande nouveauté. Ce mode vous met dans la peau de Chris Carter, un lutteur universitaire qui souhaite percer en UFC. Le tout agrémenté d’une rivalité avec un ancien coéquipier. L’histoire se suit à travers des combats pour arriver au sommet, avec des choix de dialogue. Cela n’est pas sans rappeler ce qu’on pouvait retrouver dans Fight Night ou encore dans NBA 2K. C’est un ajout bienvenu qui sert davantage de tutoriel déguisé. C’est une façon de découvrir les nouvelles mécaniques de façon ludique.
Le mode Carrière, lui, est toujours présent et reste classique. Rebaptisé UFC Career Mode, les développeurs ont revu le mode. Le système de points a été abandonné. Désormais, il y a un calendrier de combats et l’ajout d’un système avec de la narration plutôt bien pensé. Les potards ont été poussés à fond. Si l’on s’amuse à ne pas s’entraîner, ou encore à mal parler sur les réseaux sociaux ou à accepter des combats de dernière minute, cela peut avoir de terribles conséquences. En effet, cela conduit à des blessures, des pertes de sponsors ou tout simplement la fin de la carrière.
On peut évoquer également le mode The Gym, où le joueur peut gérer plusieurs combattants au lieu d’un seul. Mais au final, ce mode est anecdotique et n’apporte rien. Il ne sert qu’à débloquer des tenues ou des cosmétiques. Rien de plus.
Roster : Des DLC à venir
Côté roster, celui-ci est convaincant même s’il manque les légendes comme Cain Velasquez, Junior dos Santos, Alistair Overeem, Carlos Condit, ou encore Anthony Pettis. EA a confirmé que des ajouts seraient faits chaque mois, comme c’était le cas pour UFC 5. Malheureusement, les ajouts seront faits au rythme des mises à jour, donc cela risque de prendre pas mal de temps avant d’avoir un roster complet. Les rumeurs à date évoquent des DLC. Il est étonnant d’ailleurs qu’EA n’ait pas fait le choix du battle pass, comme il est de coutume dans les jeux de combat désormais.
Le problème avec ce genre d’approche est le fait de perdre les joueurs sur le long terme. Entre le Flow State et des combattants au compte-gouttes, cela fait beaucoup avant d’avoir un jeu complet et équilibré.
Verdict
EA Sports UFC 6 est globalement un bon jeu dans ses mécaniques, mais le tout est terni par l’ajout du Flow State. On comprend l’idée du combattant qui trouve une énergie et un sang-froid à toute épreuve pour renverser le cours d’un combat, mais dans les faits, la mécanique ne fonctionne pas. Elle casse le cours du jeu et en ligne, n’en parlons même pas. Le premier qui a sa jauge remplie a gagné. Pour le moment, il faut attendre la possibilité de désactiver la mécanique avant de retourner en ligne, sauf si vous jouez avec des amis pour équilibrer un tant soit peu les combats, mais en l’état, n’y mettez pas les pieds. Du moins, à vos risques et périls.
UFC 6 reste solide techniquement. En dehors du Flow State, cela reste agréable manette en mains malgré la revue des contrôles. C’est toujours aussi plaisant de combattre et de donner des coups qui ont un réel impact. On voit les combattants souffrir au gré des coups. Les combats debout sont toujours spectaculaires. Bémol, le grappling dont les mécaniques n’ont pas bougé d’un iota comparé à UFC 5.
Le contenu offline a été étoffé. Le mode carrière est prenant. Il intègre réellement vos choix et vous met vraiment dans la peau d’un combattant, aussi bien dans le ring qu’en dehors avec la gestion des réseaux sociaux ou des sponsors. C’est un vrai plus. Ce que l’on note notamment, c’est l’écoute de la communauté de la part d’EA Vancouver pour étoffer son offre. Il faut aussi dire que ce sont les seuls sur ce segment, donc pour tous les fans, il n’y a pas d’autres alternatives.
Pour un fan de MMA, on peut dire qu’UFC 6 mérite l’achat… probablement d’ici quelques mois. Ce n’est pas le jeu parfait, loin de là, et plusieurs de ses défauts sont suffisamment sérieux pour espérer des correctifs rapides. Mais les développeurs veulent bien faire et ont la volonté d’offrir un titre solide et sérieux. Espérons que le titre sera compétitif d’ici les prochains mois.










