David Ellison avertit le Sénat qu’un rachat de Warner Bros. par Netflix réduirait la concurrence et élude des questions sur Trump.
Deadline nous informe que David Ellison a adressé une lettre à la commission judiciaire du Sénat pour dénoncer l’accord conclu entre Netflix et Warner Bros. Discovery. Le dirigeant de Paramount Global affirme qu’un tel rapprochement constituerait « une menace fondamentale pour une concurrence loyale dans l’industrie du divertissement » et soutient que, s’il aboutit, l’accord « consoliderait un degré inédit de pouvoir de marché entre les mains d’une seule entreprise ».
Dans ce courrier transmis après une sollicitation du sénateur Cory Booker, il ajoute : « Je crois fermement que cette fusion proposée avec Netflix ne favoriserait pas la concurrence, mais l’éteindrait. » Il défend en revanche l’option portée par son groupe, estimant qu’elle « renforcerait la concurrence et apporterait des avantages concrets – plus de choix et des prix compétitifs – aux consommateurs américains ».
Le patron de Paramount critique aussi l’argument avancé par Ted Sarandos devant les sénateurs, selon lequel YouTube représente un rival direct. Il juge cette thèse peu crédible et écrit que les services par abonnement « fonctionnent selon un modèle économique fondamentalement différent des plateformes gratuites fondées sur les contenus des utilisateurs ». Il prévient que si les autorités validaient cette définition large du marché, « cela mettrait fin à toute application sérieuse du droit de la concurrence dans les secteurs des médias et de la technologie ».
David Ellison évoque l’impact possible sur la distribution en salles et sur le pouvoir de négociation avec les diffuseurs. Il estime que « les sorties de Netflix seraient probablement détournées des cinémas vers le service de streaming de Netflix ». De son côté, Ted Sarandos a assuré sous serment qu’il respecterait une fenêtre d’exploitation de 45 jours en salles et il a déclaré avoir confiance dans l’examen du dossier par le United States Department of Justice.
Cory Booker a également interrogé David Ellison sur ses échanges éventuels avec Donald Trump – Trump étant proche du père de David Ellison – et sur de possibles discussions liées à CNN (que Trump souhaite fermer) en cas de rachat. Le dirigeant n’a pas répondu à ces points précis. Il a toutefois défendu le recours à des conseillers issus des deux camps politiques afin d’exercer « notre droit garanti par le Premier Amendement d’adresser des pétitions au gouvernement et d’aider les décideurs à comprendre notre industrie et notre entreprise ». Il n’a pas non plus détaillé ses contributions politiques, directes ou indirectes. Enfin, Paramount compte parmi ses responsables juridiques Makan Delrahim, ancien chef de la division antitrust du ministère de la Justice sous le premier mandat de Donald Trump.





