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La France généralise la surveillance par IA dans les commerces

La France accélère le déploiement des algorithmes de surveillance vidéo dans les rayons des magasins pour lutter contre la démarque.

Depuis le début de l’année 2025, la sécurité des données des citoyens français subit des attaques sans précédent. Les fuites massives touchent quotidiennement des organismes publics et privés, comme des prestataires de santé.

Parallèlement, le gouvernement renforce le cadre législatif pour imposer l’identification numérique sur les réseaux sociaux. Cette stratégie vise à supprimer l’anonymat en ligne sous couvert de protection des mineurs. Cependant, cette centralisation des identités auprès de tiers de confiance multiplie les risques de piratages et d’usurpations d’identité. C’est dans ce climat de vulnérabilité numérique que le pouvoir législatif franchit une nouvelle étape avec la surveillance biométrique comportementale.

L’Assemblée nationale valide l’IA dans les rayons

L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi 16 février 2026, une proposition de loi autorisant l’usage de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) dans les commerces de détail et les grandes surfaces. Ce texte, porté par le député Paul Midy (Renaissance), permet d’expérimenter ces outils jusqu’à la fin de l’année 2027. Bien que l’hémicycle affichait une faible affluence, une large coalition allant de la majorité présidentielle au Rassemblement National a soutenu la mesure.

Le dispositif analyse les images en temps réel pour détecter des gestes suspects, comme l’introduction d’un article dans un sac. Si l’algorithme repère un comportement inhabituel, il alerte immédiatement le commerçant. Paul Midy révèle d’ailleurs que 2 000 à 3 000 établissements exploitent déjà cette technologie de manière illégale depuis plusieurs années. Le texte prévoit certes l’interdiction de la reconnaissance faciale, mais il légalise une pratique qui transforme chaque client en un flux de données analysé en permanence.

Un glissement progressif

Ce vote démontre parfaitement le concept de la fenêtre d’Overton, une théorie décrivant comment une idée radicale devient une norme acceptable par étapes successives.

Entre 2019 et 2022, la CNIL jugeait ces caméras augmentées contraires au droit avant que la loi relative aux Jeux Olympiques de 2024 n’introduise la VSA à titre exceptionnel. Ce prétexte sécuritaire visait alors à prévenir le terrorisme ou les mouvements de foule lors de grands événements.

En février 2026, l’État déplace définitivement le curseur puisque la technologie sert désormais à protéger de simples marchandises. Ce processus habitue la population à une surveillance constante et transforme un outil de crise en un dispositif du quotidien.

Un risque de profilage

L’opposition dénonce une trajectoire similaire au crédit social chinois. L’intelligence artificielle procède à un véritable profilage des corps car elle analyse les silhouettes, les trajectoires et les vêtements. L’affaire du logiciel BriefCam à Moirans apporte une preuve concrète de ces dangers. Le tribunal administratif a banni cet outil en 2025 puisque la police municipale s’en servait pour suivre massivement des individus selon des critères physiques très précis. Cette technologie transformait des heures de vidéo en une base de données consultable par filtres.

Une telle pratique bafouait le droit européen ainsi que la loi Informatique et libertés. Ces systèmes peuvent isoler des usagers selon leur apparence ou leur origine et cela renforce inévitablement les discriminations. La France bascule ainsi dans un système de surveillance algorithmique étendue qui modifie l’équilibre entre la sécurité et le contrôle des citoyens.

Cette évolution engendre des dangers sérieux pour la vie privée car elle impose une analyse constante des faits et gestes de la population. L’automatisation de la vigilance dans les espaces du quotidien réduit l’autonomie individuelle au profit d’une gestion numérique permanente de la société. Un tel dispositif risque de transformer chaque comportement banal en une anomalie potentielle détectée par une machine sans discernement humain.

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La Rédaction
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