Un an après notre interview « De Katsuni à Celyna« , nous retrouvons la comédienne Céline Tran à l’occasion de la sortie de Jailbreak. Jailbreak est une comédie d’action dans laquelle Céline Tran interprète « Madame », une chef de gang très irritable qui a tendance à jouer du Katana… Notre rencontre avec une femme ninja.

Bonjour Céline, nous nous retrouvons un an jour pour jour après notre première rencontre pour parler de ton actualité. 2016 a été une année très riche pour toi en nouveauté. Comment vas-tu ?

Céline : Un an déjà ! Oui ça va bien, très bien même.

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Je t’ai proposé cette interview pour parler de Jailbreak, un premier long-métrage dans lequel tu joues une « Madame » très très irritable (rires). Avant d’en dévoiler davantage à nos lecteurs, peux-tu nous présenter le film ?

Céline : Jailbreak (FB : @jailbreakthemovie) est une comédie d’action 100% cambodgienne et donc tournée au Cambodge avec un casting essentiellement cambodgien et pensé pour le marché asiatique avec l’ambition d’être exporté à l’étranger. C’est pourquoi il a été shooté en Français, Anglais et Khmer. C’est le premier blockbuster au Cambodge (Si c’est un budget très humble pour la France le projet reste ambitieux par rapport à son contexte) et LE film qui à mon avis fera parler du Bokator, l’art martial national au Cambodge.

Concernant le pitch : « Un groupe d’officiers des Forces Spéciales est envoyé à la prison de Prei Kla où sont détenus les principaux criminels du pays. Ce qui commence comme une simple mission d’escorte va bientôt se transformer en chaos alors que les prisonniers organisent une émeute. Pris dans le bâtiment, nos quatre policiers super entraînés vont devoir se battre pour survivre… » Comme vous le voyez c’est plutôt simple : ça annonce un fil conducteur efficace et de bonnes bastons.« 

Jailbreak est produit par Kongchak Pictures une nouvelle start-up fondée par deux des plus importants distributeurs de films au Royaume du Cambodge. Peux-tu nous donner plus de détails sur Kongchak Pictures ?

Céline : Kongchak Pictures est une maison de production locale fondée en En 2015 par le franco-cambdgien Loy Te avec la collaboration de Westec Media. Avec cette société Loy vise à prendre un rôle actif dans le cadre de la nouvelle génération de cinéastes au Cambodge qui visent à façonner le nouvel âge d’or de l’industrie en offrant des contenus de meilleure qualité qui peuvent atteindre un public international. Avec plusieurs long-métrages (essentiellement des films d’horreur) Kongchak Pictures se lance donc cette année avec Jailbreak, un projet plus ambitieux.

Ce qui est surprenant, c’est que pour un premier film Kongchak Pictures semble jouer dans la cours des grands. J’entends par là que nous sommes habitués aux blockbusters américains avec une certaine mise en scène, des chorégraphies soignées etc. Si on pouvait penser au départ que le film pouvait être kitch, la bande-annonce surprend et rassure.

Céline : D’abord il est vrai que les codes asiatiques et ici plus précisément cambodgiens sont différents des codes occidentaux. Par exemple ils n’ont pas de problèmes à alterner des séquences ultra-violentes avec des scènes comiques burlesques. Ils vont aimer des clichés « fleur bleues » avec beaucoup de ralentis, une esthétique qui se rapproche des clips. Du coup cela va nous paraître kitch mais c’est vraiment une question de culture. Pour eux ça sera branché (quoiqu’un film comme Fast and Furious regorge de gros clichés et ça passe très bien puisqu’on comprend qu’on est dans du second degré). Moi-même je n’ai aucune idée du « produit final » car je n’ai pas encore vu le film donc impossible de savoir si ces clichés seront nombreux mais je peux affirmer que les séquences d’action seront percutantes et efficaces tout comme le présage la bande-annonce. En tout cas avec un si petit budget Kongchak Pictures n’a effectivement pas à rougir devant les blockbusters américains.

Justement comment es-tu arrivée sur le projet ?

Céline : J’étais allée au marché du film Filmart à Hong Kong en mars dernier pour étendre mon réseau. Un de mes contacts, Mike Leeder, qui est producteur et directeur de casting m’a spontanément présentée à l’équipe de Kongchak Pictures qui était aussi sur place. Un heureux hasard ! Ils m’ont parlé du projet, je leur ai montré mes bandes démo et parlé de mes souhaits de rôles et de carrière et ils m’ont envoyé quelques jours plus tard un script avec un personnage taillé sur mesure. Quelques mois plus tard j’étais à Phnom Penh !

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J’imagine qu’il y a eu de longues séances d’entrainements ? Pas de blessures durant le tournage ?

Céline : Pour ma part ça faisait presque ans que je m’entraînais en combat scénique et arts martiaux donc j’avais déjà une base et c’est aussi l’une des raisons pour laquelle j’ai été prise, j’étais prête. Pour le film en question, pas tant que ça car nous disposions de peu de temps. Nous avons eu une dizaine de jours pour bosser plusieurs chorégraphies mais à l’arrivée, le jour du tournage beaucoup de choses ont été retirées pour diverses raisons. C’est le jeu : « qui peut le plus peut le moins » ! Le réal reste le chef d’orchestre et doit faire des choix. Or je me suis fait une bonne entorse à la cheville quelques jours seulement avant mes scènes de combat. Ça a forcément influé sur ce qui était prévu.

Évidemment c’est frustrant car le chorégraphe et coordinateur Jean-Paul Ly (qui est aussi l’un des acteurs principaux du film) nous avait concocté des combats très complexes mais j’ai tourné malgré tout après quelques jours de repos et beaucoup de glaçons ! et nous avons gardé quelque chose qui devrait plaire aux spectateurs. En tout cas, pas de doublures sur ce tournage ! on assume jusqu’au bout les risques et les erreurs, mais du coup on peut aussi pleinement apprécier les efforts de chacun.

Tu incarnes « Madame » une chef de gang vnr (rires) qui joue du Katana. Dis-nous-en davantage sur le personnage ainsi que sur la préparation.

Céline : Oui je suis la méchante ! et ça , ça me plaît forcément. Je suis leader du chef de gang des Butterflies, un gang uniquement composé de femmes, et je n’ai pas vraiment de tolérance avec la trahison donc gare à mon katana. Madame parle français, anglais…Et khmer et…. non , je ne parle absolument pas khmer. Si les scènes d’action c’est pas votre truc vous devriez au moins regarder Jailbreak pour mes dialogues, ça c’est une vraie exclu ! Je me suis beaucoup amusée à apprendre mes textes. C’est une langue complètement différente, très musicale à la fois « ronde » et gutturale.

J’ai tout appris en phonétique et de manière plutôt « express ». Il y avait pas mal de séquences où j’étais énervée alors pour tester l’efficacité de mes phrases je me mettais parfois à les balancer à quelqu’un de l’équipe. S’il se décomposait c’est que j’étais juste, s’il faisait la grimace c’est que je devais encore bosser mon accent (rires). Physiquement ça a été assez éprouvant car je n’ai pas l’habitude d’une telle chaleur et encore moins pour faire du sport. Imaginez que vous devez courir dans un hammam toute la journée ? Tout le monde était pépère et moi j’étais en nage, la tête qui tournait, à boire toutes les deux minutes. Une vraie petite parisienne quoi (rires). Mais j’ai réussi à suivre les entraînements qui d’ailleurs ont été instructifs.

Sur ton site tu nous présentes les personnages contre qui tu vas te battre. Je te propose ici de nous présenter les filles que l’on aperçoit dans la bande-annonce et qui se battent à tes côtés.

Céline : Ah les Butterflies ! Elles aussi elles font tourner les têtes ! J’avoue que j’étais très bien entourée. « Mes filles » dirigent le marché souterrain de la ville pour le trafic de drogue, les armes et la traite des êtres humains. Oui, elles sont peut-être jolies mais pas si mignonnes.. Elles vont m’accompagner dans ma quête pour récupérer Playboy, mon bras droit qui m’a trahi et est aux mains des flics dans la fameuse prison où se déroule l’essentiel du film. Les actrices qui jouent les Butterflies sont des actrices locales.

La fille que vous voyez sur la photo, derrière moi à droite, avec la taille de guêpe, était là pour sa première apparition à l’écran car elle est initialement mannequin. C’est elle qui a gagné le dernier concours de Cambodia Next Top Model.

Nous retrouvons au casting Jean Paul Ly, un acteur et cascadeur qui a officié sur la série 24, Insaisissables 2 et plus récemment sur Doctor Strange. J’imagine que travailler à ses côtés a été formateur ?

Céline : Oui bien sûr c’est toujours instructif de bosser avec de nouvelles personnes. J’avais déjà eu la chance de m’entraîner avec des cascadeurs et chorégraphes pro (Kefi Abrikh, Mathieu Lardot, Gary Cothenet, Manu Lanzi, Olivier Schneider…) et chacun a son style et sa méthode.

Jean-Paul a eu à gérer beaucoup de choses sur ce tournage, ce n’est pas facile d’être à la fois cascadeur, chorégraphe, coordinateur, acteur ! Je regrette que nous n’ayons pu porter à l’écran tout ce qui était prévu, il s’est montré très créatif. Dans tous les cas l’expérience fut enrichissante tant en séances d’entraînement que sur le plateau. Et j’ai beaucoup apprécié de pouvoir m’entraîner avec Tharoth, une réelle guerrière !

Jailbreak est actuellement à la recherche d’un distributeur en France. A cette heure cela en est où ?

Céline : Pour l’instant le film sortira au Cambodge mais aussi au Laos, Thaïlande et Malaisie. Pour la France, dès que j’aurai des infos je les communiquerai. Une sortie en salles c’est très compliqué , donc affaire à suivre !

Lors de notre première rencontre, tu me confiais que tes prochains défis seraient de devenir une référence en tant qu’actrice tous genres confondus, sortir ton premier livre, atteindre le niveau d’une contorsionniste pro, passer ta ceinture noire de taekwondo, ton permis moto, voir les aurores boréales et parler le mandarin. Tu en es où un an après ? (Rires)

Céline : (Rires). Voilà qui me fait réaliser que le temps passe trop vite ! J’ai mis le mandarin en suspens pour bosser en priorité mon accent anglais. Je comptais voir les aurores boréales ces jours-ci mais j’ai trop de travail, les vacances ça sera pour plus tard ! J’ai passé en priorité mon permis de conduire (voiture), la prochaine étape sera donc la moto. Quant au taekwondo j’ai obtenu ma ceinture rouge et aurai le droit de me présenter à l’examen ceinture noire en Janvier 2018. Je compte bien l’obtenir mais je dois déjà finir la rééducation de mon pied toujours blessé depuis le tournage. Encore beaucoup de chemin pour la contorsion mais je ne lâche pas !

Enfin le livre est bel et bien en cours d’écriture, ce genre de projet ne doit pas se faire dans la précipitation, je l’écris moi-même et je veux faire les choses bien, donc un peu de patience ! En revanche d’autres projets ont avancé parallèlement et j’ai commencé à mixer. Une tournée est prévue cette année.

De Katsuni à Celyna, notre interview avec Céline Tran

D’ailleurs, tu as lancé ton blog maviedeninja.com. Je te l’ai déjà dit, le nom de domaine est top et résume parfaitement la femme que tu es aujourd’hui et le contenu que l’on y trouve. Je te propose de le présenter à nos lecteurs.

Céline : Merci ! On m’appelle souvent Ninja du fait que lorsque je me ballade dans la rue je suis toujours planquée et évidemment aussi pour mon intérêt pour la bagarre et les objets tranchants… J’ai tout simplement voulu donner un cadre à mes activités et tout rassembler pour que ce soit plus clair et pouvoir partager plus et mieux. Cinéma, BD, sorties, sport, sexualité, voyages etc… C’est un blog personnel et généraliste où je parle de tout ce qui me touche. Et puis c’est l’occasion de me faire plaisir en écrivant des articles un peu plus élaborés que ce que je vais simplement poster sur les réseaux sociaux.

Je propose aussi un courrier des lecteurs afin que les personnes qui le souhaitent me posent des questions sur leur vie intime et sexuelle. Je ne suis ni psy ni sexologue mais mon expérience me permet de donner quelques conseils et je l’espère, d’aider un peu.

Nous retrouvons également une rubrique #MaSeancePopCorn dans laquelle tu parles de tes coups de cœur au cinéma. Que retiens-tu du cru 2016 et tes attentes pour 2017 ?

Céline : Oui et je l’ai débutée avec un super film d’horreur qui s’appelle Prevenge ! J’ai une longue liste de film à présenter. En 2016 j’ai fait de très belles découvertes lors des festivals PIFFF (avec Prevenge, The Autopsy of Jane Doe) et Sitges (Safe Neighbourhood) et un vrai coup de cœur pour le festival du cinéma coréen avec Asura : The City of Madness, The Strangers. En film français j’ai adoré la comédie La Loi de La Jungle et le thriller Sam was Here, dommage qu’on n’en ait pas plus parlé ; ces films méritent vraiment leur succès.

Que peux-tu nous dire sur tes projets en cours ? De prochain longs-métrages à venir ?

Céline : Oui plusieurs projets de long-métrages mais honnêtement tant que ce n’est pas tourné, monté et presque prêt à être diffusé, inutile d’en parler. Je peux confirmer qu’il y aura une suite à la BD Heartbreaker, Doggybags (Label 619, Ankama) avant cet été.

Je viens d’entamer une collaboration avec une nouvelle chaîne Youtube intitulée « Ca Zap ! Sexy Séduction » axée sur des conseils, tutos, interviews… autour de la sexualité et de la séduction.

Une tournée est prévue aussi en mix. Je vous invite à suivre mon site www.iamcelinetran.com et mes comptes Twitter @iamcelinetran FB : @celinetranofficial pour être tenu au courant des dates.

Je le rappelle « Seuls les fous survivent… une seule peut régner » (Rires).

Céline : Absolument. Et j’ai un sacré atout en poche… il s’appelle DODO. (instagram : @dodosuperstar)

Nous sommes arrivés à la fin de l’interview, une nouvelle fois merci pour tout Céline. Je te souhaite une année 2017 aussi riche si ce n’est plus que 2016. Ouss !! (Rires)

Céline : Ousssss

Propos recueillis par Thomas O. pour Eklecty-City.fr, qui remercie Céline Tran pour s’être prêtée au jeu d’une interview.

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